Un projet de plus de 40 millions $ pour Keridis  à Bécancour

BÉCANCOUR.  Keridis BioÉnergie veut construire une usine de biométhanisation alimentée par des résidus agricoles à Bécancour, un projet évalué entre 40 et 45 millions$ qui permettrait d’introduire annuellement 4 millions de mètres cubes de gaz naturel renouvelable (GNR) dans le réseau d’Énergir.

“Nous en sommes à concevoir l’ingénierie de détail du projet et à négocier les autorisations nécessaires avec le ministère de l’Environnement, mais nous avons déjà un engagement du ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie (MEIE) pour un montant de 15 millions$”, explique Simon Naylor, président-directeur général de Keridis  BioÉnergie.

Basée à Mont-Saint-Hilaire, l’entreprise a déjà entrepris la construction de sa première usine de biométhanisation à Ange-Gardien, en Montérégie, et projette d’en ajouter neuf autres au Québec dans les prochaines années. “Nous sommes un développeur, un constructeur et un opérateur d’usine de biométhanisation. On est donc impliqué du début jusqu’à la fin. C’est ça notre mission dans la vie”, ajoute le dirigeant qui prévoit une mise en chantier à Bécancour vers la fin 2026 ou début 2027.

L’usine serait située à proximité du parc industriel afin d’avoir un accès facile aux canalisations d’Énergir. “Nous sommes en train de développer des ententes de partenariat à long terme avec quelques agriculteurs de la région pour prendre leur fumier puis on leur retournerait du digestat comme matière fertilisante. Comme il s’agit de fermes de grande envergure, ça nous en prendrait quatre ou cinq producteurs pour le projet de Bécancour”, spécifie Simon Naylor.

L’usine de biométhanisation pourrait traiter environ 80 000 tonnes de résidus agricoles sur une base annuelle en les transformant en GNR, ce qui équivaudrait à retirer 8000 tonnes de CO2 de l’atmosphère. “En même temps qu’on produit de l’énergie verte, on retourne le digestat – le résidu issu de la biométhanisation – aux agriculteurs qui s’en servent comme fertilisant naturel sur leurs terres agricoles.”

Comme il le fait dans tous ses projets, Keridis BioÉnergie offre aux producteurs agricoles de devenir actionnaire. “Ce n’est pas une obligation de leur part, mais dans le cas de Bécancour, certains qu’on a approchés sont intéressés à participer financièrement.”

Les usines de biométhanisation que l’entreprise veut construire sont des répliques de celles que son partenaire Groupe Keon opère déjà en France depuis plusieurs années. “Ce sont des usines de taille moyenne qu’on va faire au Québec. En France, on compte près de 1200 usines de biométhanisation en agriculture. Ça ne fait juste que commencer ici”, mentionne Simon Naylor.  Outre Ange-Gardien et Bécancour, un 3e projet est dans les cartons à Deschambault, dans la région de Portneuf.

Implication du Fonds FTQ

Ces usines sont alimentées par des résidus agricoles comme du fumier bovin ou du lisier de porc, mais peuvent également accepter des déchets agroalimentaires, de graisses et même d’abattoirs. “Mais ce qui a le plus de potentiel pour faire du biométhane, c’est le fumier bovin avec de la paille”, explique le dirigeant qui possède une formation d’agronome.

Dernièrement, Keridis BioÉnergie annonçait l’entrée dans son actionnariat du Fonds Bioénergie, une filiale du Fonds FTQ qui prend des parts dans des entreprises vertes. “Notre plan pour le Québec demandera quand même pas mal de capitaux. On parle d’usine de plus de 40 millions$ chacune. Ça nous prenait donc un partenaire fort financièrement, mais aussi avec une acceptabilité sociale. Je crois que travailler avec un fonds qui investit l’argent des travailleurs, ça cadre bien avec la mission sociale de notre entreprise. Oui, nous faisons de la business, mais c’est de la business verte”, conclut le patron de Keridis BioÉnergie.