Sur l’eau pour gagner

SAINTE-CÉCILE-DE-LÉVRARD. La vitesse, le son des moteurs et des coques qui frappent l’eau, l’adrénaline de la compétition; Daniel Paquet en est accro. Depuis plus de 20 ans, il s’amuse comme un fou au bord de l’eau, à faire voguer à vive allure des hors-bords télécommandés… et modifiés à sa main!

Ce résident de Sainte-Cécile-de-Lévrard a même créé sa propre écurie de course, Indian Motor, en hommage à ses racines algonquiennes. Elle est commanditée par Sinto.

L’an dernier, il a surclassé ses adversaires en classe mono lors du Championnat du Québec des Modeleurs marins. «Je suis devenu le premier autochtone à remporter cette compétition», rapporte-t-il fièrement, soulignant aussi le talent de ses fils Raphaël et Michaël. «Raphaël a terminé deuxième [lors de la même course]. Michaël, lui, a dominé la classe novice, dans laquelle il a lui aussi été le champion.»

Daniel Paquet et ses deux fils.

Les autres membres de son écurie ont aussi très bien fait: Patrick Huneault a terminé en troisième place de la classe mono, tandis que Michel Bonneville a fait de même dans la classe catamaran. Cette année, tout ce beau monde remet ses bateaux à l’eau avec l’intention de retourner sur le podium… sur la plus haute marche, de préférence!

Passionnés

Chose certaine, les champions défendront leur titre avec le couteau entre les dents. Car les compétitions, c’est du sérieux! Pas seulement pour eux, mais pour tous les participants, qui investissent temps et argent quasiment sans compter lorsqu’il est question de leur passion.

Sur la ligne de départ se trouvent des répliques exactes des bateaux qu’on voit lors des Régates de Valleyfield, par exemple. Ce ne sont pas des jouets. Oubliez tout de suite l’image des modèles réduits vendus chez les détaillants à grande surface. Chaque embarcation, ici, coûte quelques centaines, voire quelques milliers de dollars…

Les compétiteurs y apportent constamment des améliorations et prennent plaisir à les peaufiner. Dans le cas de Daniel Paquet, c’est une affaire de douze mois par année. «L’hiver, on démonte tout en morceaux, puis on remonte tout! On fait des nouveaux moteurs», s’exclame celui qui possède, à lui seul, une vingtaine de bateaux. «Les autres gars de mon écurie en ont chacun 7 à 10. Ils sont tous améliorés et modifiés. C’est moi qui fais la mécanique.»

Puissance et originalité

L’hiver dernier, ce passionné a développé sa troisième génération de moteurs «Indian». «Je me suis épaté moi-même!», commente-t-il, mettant en garde ses adversaires concernant la puissance que déploieront les embarcations de son écurie cet été encore. «C’est très impressionnant. J’ai aussi travaillé sur une nouvelle coque en fibre de verre et en fibre de carbone», poursuit-il, confiant de laisser loin derrière lui tous ses concurrents.

Par ailleurs, ce n’est pas seulement par la puissance de ses moteurs et la qualité de ses bateaux que Daniel Paquet se fera remarquer à son arrivée aux championnats 2020, qui se déroulent les 22 et 23 août. En effet, il fera sans doute tourner bien des têtes avec son corbillard lettré… et <@Ri>pimpé<@$p>!

«J’ai remplacé mon ancien corbillard vert par un autre. C’était ma marque de commerce, si l’on peut dire. Celui-ci [le nouveau] est particulier. Je lui ai ajouté des gyrophares et une sirène de pompier. Je vais me faire remarquer, c’est certain! J’aime bien agacer mes adversaires!», rigole celui qui, le plus sérieusement du monde, considère le corbillard comme le véhicule idéal pour son hobby. «C’est vraiment resté un corbillard à l’intérieur. Je m’en sers comme table de travail [pour des mises au point et des réparations]. C’est un centre funéraire de Granby qui me l’a vendu. Les propriétaires étaient contents de voir que je lui redonnerais une autre vie.»

Conseils de pilote

Avec tous ces atouts entre les mains, Daniel Paquet se dit en confiance pour cette saison écourtée par la COVID-19. Celle-ci a débuté à la mi-juillet plutôt qu’au début mai. Cela n’a pas empêché le compétiteur et ses enfants de peaufiner régulièrement leur pilotage sur la rivière Bécancour depuis la fin du printemps.

«Le secret du succès, c’est la pratique. Il faut finir par faire un avec ton bateau. Quand tu courses, il faut atteindre un niveau de concentration extrême. Faire comme si tu étais dans ton bateau. Il faut être attentif à tous ses comportements et à tous les détails», indique M. Paquet, qui consacre entre 20 et 30 heures par semaine à son hobby. «Je pratique partout où c’est possible. Tu essayes des choses, ça marche ou pas, et à un moment donné, tu trouves la recette. C’est beaucoup de tests. Pour réussir, faut s’acharner.»