Solutions Rivières: sept territoires s’unissent pour mieux s’adapter aux inondations
NICOLET. Sept MRC et municipalités du Québec s’associent à la Fondation Rivières pour déployer Solutions Rivières, une démarche de trois ans visant à réduire les impacts des inondations et de l’érosion par l’adaptation durable des territoires riverains.
La Fondation Rivières amorce le projet Solutions Rivières en collaboration avec sept MRC et municipalités: Victoriaville, Val-David, la MRC de Nicolet-Yamaska, la MRC de Maskinongé, la MRC de Beauce-Centre, la MRC de Bonaventure et la MRC de Matawinie. Cette initiative mise sur la participation citoyenne et la science pour élaborer des solutions pérennes face aux inondations et à l’érosion.
“Face aux changements climatiques, nous n’avons pas le choix d’agir. Nous refusons la passivité, mais nous savons qu’aucune solution ne sera durable si elle n’intègre pas la réalité vécue par les citoyens. C’est pourquoi leur implication est absolument essentielle”, exprime la préfète et mairesse de Nicolet, Mme Geneviève Dubois.
La démarche repose sur l’idée d’apprendre à vivre avec les rivières et leurs fluctuations naturelles afin de mieux habiter le territoire. Les citoyens touchés par les inondations et l’érosion seront invités à participer à des ateliers pour contribuer à l’élaboration de stratégies adaptées aux réalités locales.
“Les municipalités partenaires s’engagent dans cette démarche novatrice en misant sur la participation citoyenne comme moteur du changement. Nous croyons, à la Fondation Rivières, que les premiers affectés doivent faire partie de la solution”, souligne André Bélanger, directeur général de la Fondation Rivières.
Du côté de la Matawinie, Isabelle Perrault, préfet de la MRC, rappelle que “les rives des lacs et des cours d’eau sont des milieux de vie importants” et que “toutes initiatives visant à améliorer la connaissance du territoire, la prévisibilité des aléas et l’adaptation aux changements climatiques doivent être au cœur de nos priorités d’actions”.
À Val-David, le maire Jean-Claude Rocheleau insiste sur l’urgence d’agir, “Il y a urgence d’agir. C’est dans nos grandes priorités d’établir un plan d’action climatique, d’associer Val-David à un conseiller scientifique et de créer un comité citoyen en environnement. Nous pensons que l’implication citoyenne est impérative pour trouver des solutions durables, en phase avec la réalité des citoyens”.
Le projet s’appuie sur le concept des espaces de liberté, issu de l’hydrogéomorphologie. “Cette approche est aussi une opportunité pour créer des espaces naturels, des accès aux berges, des parcs, tout en protégeant les riverains. À ce titre, les Pays-Bas sont une inspiration : ils ont créé le programme Room for the River face à l’insuffisance des digues pour protéger la population et les biens. Ce programme vise à redonner de l’espace aux cours d’eau à travers le pays, en minimisant le réaménagement pour la population, tout en créant de nouveaux espaces récréatifs”, précise Élia Auer, chargée du projet.
Les partenaires soulignent également les retombées positives sur la biodiversité. “Lorsque les personnes qui habitent le territoire partagent leur expérience, quelque chose de singulier ressort : une compréhension fine des milieux et des écosystèmes, de leurs forces et de leurs fragilités. Cette contribution enrichit durablement nos analyses et nos projets”, affirme Mathieu Madison, président du ROBVQ.
Le financement provient du gouvernement du Québec par l’entremise du programme Action-Climat Québec. “Des mesures d’écofiscalité appliquées aux espaces de liberté des rivières ont le potentiel de répondre à ce besoin d’une manière innovante”, souligne Alain Branchaud, directeur général de la SNAP Québec.
Rappelons que les inondations des 13 et 14 juillet derniers ont entraîné plus de 120 millions de dollars en pertes assurées dans la région métropolitaine de Montréal, illustrant les coûts économiques et sociaux de l’inaction. (F.D.)
