Projet pilote de valorisation de l’eau pluviale
RÉGION. L’institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA) lance un projet pilote dans l’ensemble des MRC du Centre-du-Québec sur la valorisation de l’eau pluviale dans la filière des productions animales.
L’objectif de ce projet pilote est de déterminer s’il existe des contraintes liées à la récupération de l’eau pluviale et à les destiner aux bêtes. L’IRDA souhaite identifier et détailler les risques financiers, agronomiques et sanitaires d’une telle pratique, et définir le contexte pour les producteurs agricoles qui voudraient adopter cette façon de faire. “Quelles sont les règles? Combien ça coute? Qu’est-ce que ça prend comme traitement?”, se questionne Carl Boivin, chercheur pour l’IRDA, Régie de l’eau en productions fruitière et maraîchère.
“Le ministère de l’Agriculture avait identifié comme une priorité d’essayer de diminuer les freins à l’adoption d’une pratique comme celle de récupérer l’eau de pluie comme source alternative d’approvisionnement d’eau sur les fermes”, révèle M. Boivin.
En plus des risques économiques, on souhaiter détailler les risques de contamination avec l’utilisation d’une surface de captage de l’eau de pluie, comme une toiture, et détailler ce qui peut être fait avec l’eau de pluie provenant de diverses sources, par exemple être utilisée pour laver les bâtiments ou pour l’abreuvement des troupeaux. “C’est un usage qui est un peu plus sensible que si c’était pour la pulvérisation de pesticides, par exemple”, explique M. Boivin. L’important, c’est de ne pas venir contaminer le produit agricole, que ce soit dans la chaine de production, durant la transformation ou encore durant le transport.
Le déroulement du projet pilote
Le projet pilote s’échelonnera sur quatre ans et s’adresse à des entreprises qui ont des problèmes d’approvisionnement en eau. Trois entreprises devraient être appelées à participer. “Certaines fermes ont accès à l’aqueduc, mais souvent, elles s’approvisionnent à des puits artésiens”, explique Carl Boivin. Dans certains cas, il n’est donc pas nécessairement intéressant de s’approvisionner à l’eau de pluie, sauf peut-être pour des producteurs laitiers qui veulent diluer leur fumier, tout en évitant d’utiliser de l’eau potable. Déterminer les contextes pour lesquels utiliser l’eau pluviale fait d’ailleurs partie des objectifs du projet.
Tout d’abord, l’IRDA procédera au diagnostic complet de l’entreprise participante. Quel est son contexte? Quelle est sa problématique? Quels sont les usages qu’elle veut faire de l’eau pluviale?
Différents échantillonnages d’eau seront faits au fil du projet afin d’en connaitre les contaminants physiques et chimiques, car ces eaux pourraient contenir de la poussière, de la terre, des pesticides, ou encore des excréments d’animaux et être porteuses de salmonelles ou de e-colis.
Une fois l’eau captée, il faut penser au volet transport, au volet stockage dans un réservoir enfoui ainsi qu’un volet traitement, par exemple par filtre ou par rayons UV.
Pour son projet pilote, l’IRDA fait aussi affaire avec des partenaires du milieu afin d’obtenir diverses expertises, notamment du côté économique des projets et des fournisseurs d’équipement. “On n’est pas là pour vendre des équipements ou faire du conseil à la suite du projet pilote, c’est pour ça qu’on essaie d’intégrer l’industrie et les agronomes-conseils sur le terrain, explique M. Boivin. Ultimement, ce sont eux qui sont en contact avec les producteurs.”
Les producteurs participants s’engageront aussi à devenir une sorte de vitrine pour les autres producteurs curieux de découvrir comment le système de récupération des eaux pluviales peut fonctionner.
Quelques fermes ont manifesté leur intérêt à participer au projet pilote de l’IRDA. Celles qui participeront devraient être déterminées sous peu afin que les installations soient opérationnelles à la fin de la saison.
