L’implantation du Sea Shack à la halte routière inquiète à Sainte-Angèle

BÉCANCOUR.  Le dossier de la venue du casse-croûte Sea Shack à la halte routière du secteur de Sainte-Angèle, à Bécancour, a monopolisé l’essentiel de la période de question de la séance publique du conseil municipal, lundi soir. La salle était presque comble de citoyens du secteur venus partager leurs inquiétudes face à l’arrivée de ce nouveau casse-croûte pour la saison estivale. 

Les voisins de la halte routière et ses utilisateurs réguliers craignent surtout de voir des problématiques déjà existantes être exacerbées par l’arrivée du Sea Shack: un achalandage grandissant depuis plusieurs années, un manque de stationnement, la présence de véhicules qui bloquent la descente de bateaux, la présence de roulottes et campeurs qui s’installent sur la plage, un enjeu d’insalubrité. 

“Je peux comprendre pourquoi le propriétaire du Sea Shack veut s’installer à la halte routière. Ce ne serait pas une mauvaise idée d’avoir un casse-croûte du genre au village, mais on est contre l’emplacement et la façon dont l’emplacement a été choisi. Avoir un commerce à la halte routière va accentuer encore plus l’achalandage et ça va peut-être entraîner de nouvelles problématiques aussi. (…) Il ne faudrait pas brimer les utilisateurs réguliers et les habitués de la halte non plus”, commente Rose Duchesneau.

Lors des cafés-causeries de 2024, plusieurs citoyens avaient souligné le manque de commerces de ce type dans le secteur, et même proposé l’idée d’un point de restauration à la halte routière, indique la Ville de Bécancour. D’autres lieux ont été évalués, dont le Quai, mais l’absence d’égout rendait le lieu inapproprié pour le commerce. Il n’aurait pas été envisageable de l’installer du côté de la Petite Floride puisque le terrain n’appartient pas à la Ville, note le maire Pascal Blondin.

“L’Idée est aussi de donner accès au fleuve. Il y a plein de gens qui sont contents que ce commerce s’installe à la halte routière”, poursuit-il.

“La halte routière, c’est comme un parc. On ne peut pas laisser une entreprise privée exploit le site comme ça en dépit de notre quiétude et notre sécurité. Il y a peut-être eu une consultation générale en 2024, mais pourquoi il n’y a pas eu un sondage récemment à Sainte-Angèle concernant ce projet?” questionne Julie Perreault. 

“C’est un projet qui va changer la vocation d’un lieu public qui est déjà très utilisé. On a déjà plein d’activités au Quai de Sainte-Angèle et de beaux commerces dans le village. À quel moment on arrête d’en ajouter pour ne pas dénaturer le village de Sainte-Angèle? Pourquoi il y a une urgence de signer pour cinq ans aussi? Si ça accentue le problème déjà après un été, on sera pris avec pour cinq ans. Il y a déjà une cantine près de la halte et les gens ont déjà accès au fleuve pour y manger leur poutine ou leur pique-nique”, ajoute-t-elle.

La Ville de Bécancour n’a pas l’intention de reculer pour autant avec ce projet. “On croit toujours au projet, insiste le maire de Bécancour, Pascal Blondin, qui rejette les accusations à l’effet que le projet se serait fait en catimini. Quand on a été approché pour ce projet, c’était vraiment relié à la halte. On trouve toujours que c’est un bon endroit. On va travailler sur les problématiques qui sont présentes. On veut également que la descente de bateaux reste accessible et s’assurer que l’endroit soit propre. C’est dans l’intérêt du Sea Shack aussi.”

La diffusion de musique et tout bruit excessif ne seront pas tolérés, conformément à la réglementation municipale en vigueur. La vente de boisson y sera également interdite et le casse-croûte fermera à 20h, mentionne le maire.

La Ville se réserve également la possibilité d’adapter certaines modalités d’aménagement ou d’exploitation si des enjeux sont constatés pour assurer une cohabitation harmonieuse et sécuritaire.

C’est également le promoteur qui assumera l’ensemble des coûts liés à l’aménagement du site, incluant les raccordements, les infrastructures, et les taxes applicables. Un bail d’une durée de cinq ans lie la Ville au promoteur du Sea Shack. Le bail s’élève à 10 000$ par année, soit pour quatre mois, en plus du versement de taxes foncières. Aucune exclusivité d’utilisation n’est accordée au commerce, sauf le lieu loué.

Marc Beauchesne, qui réside à proximité de la halte, appréhende des enjeux de sécurité dans le secteur, d’autant plus aux heures de pointe. 

“L’achalandage est déjà important à la halte routière. À l’heure du dîner et du souper, il y a aussi des voitures en plus et plus de circulation, témoigne-t-il. J’espère qu’il n’y aura pas d’accident. Les samedis et dimanches de l’été, c’est toujours plein déjà. Je trouve que beaucoup de choses auraient dû être faites avant de signer pour cinq ans. On va le vivre, mais on aura des contraintes.”

Une pétition citoyenne contre l’implantation du Sea Shack à la halte routière de Sainte-Angèle-de-Laval a également été remise au conseil municipal.

La pétition insiste sur les risques d’augmentation majeure du bruit et des nuisances sonores “incompatibles avec la vocation paisible du site”, le “danger important pour la sécurité routière et l’accès à la descente de bateaux” avec “l’afflux simultané de clients, de véhicules, de remorques de bateaux et de véhicules récréatifs [qui] soulève de sérieuses inquiétudes quant aux risques de congestion, d’accidents et de blocage de l’accès à cette infrastructure publique. L’absence d’un nombre adéquat de stationnements est aussi soulignée.