Les travailleurs en RPA demandent un rattrapage salarial

RÉGION. Plus d’une trentaine de travailleurs et travailleuses provenant de différentes résidences privées pour aînés (RPA) se sont rassemblés devant les bureaux du ministre du Travail Jean Boulet à Trois-Rivières, mardi avant-midi, pour dénoncer un besoin urgent d’amélioration de leurs conditions de travail et de rattrapage salarial pour faire face à l’importante augmentation du coût de la vie.

“Le salaire de nos gens est énormément collé sur le salaire minimum et c’est difficile pour eux avec le coût de la vie qui augmente, le prix des loyers, le panier d’épicerie, etc. On demande une augmentation salariale d’au moins 16% sur quatre ans. Il y a un très gros rattrapage à faire”, plaide Marlène Ross, représentante du secteur des résidences privées pour aînés.

“À travail équivalent, il y a plusieurs dollars de différence entre le salaire d’un travailleur au public versus une résidence privée pour aînés. Au public, c’est généralement 5 ou 6$ de plus de l’heure. Comme beaucoup d’autres secteurs de la santé, les RPA font face à d’énormes difficultés de recrutement et de rétention. Ce n’est pas en offrant des miettes que les employeurs vont pouvoir faire face à cette pénurie”, mentionne Lucie Longchamps, vice-présidente responsable des secteurs parapublics et privés à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

Le syndicat souhaiterait aussi que les soins soient gérés par le système public.

“Nous sommes un peu tannés que nos employeurs fassent du profit sur le dos de nos aînés et des travailleuses et travailleurs, renchérit-elle. Les primes COVID sont encore en vigueur jusqu’au 31 décembre 2026, mais ça vient nous nuire dans les négociations, car ce n’est pas du salaire.”

La moyenne d’âge des travailleuses et travailleurs en RPA est de plus de 50 ans. Il s’agit majoritairement de femmes et de personnes immigrantes.

S’il n’y a pas de rattrapage salarial pour les travailleurs, la FSSS-CSN craint que de plus en plus de résidences privées pour aînés aient à fermer leurs portes.

“Vous avez vu le nombre de petites RPA qui ont fermés leurs portes dans la dernière année. Elles ne ferment pas par manque d’aînés, mais parce qu’elles manquent de travailleurs. Le gouvernement du Québec s’est désengagé de nos RPA. Les soins devraient être repris par le public et non par nos aînés. Comment se fait-il qu’on laisse nos aînés avoir des prix faramineux dans des logements et que le moindre soin se retrouve facturé à la carte? La majorité de nos aînés en RPA a besoin d’un minimum de soins et d’aide chaque jour et le tout est facturé en supplément sur leur logement”, déplore à son tour Mme Longchamps.

Il s’agit de la cinquième ronde de négociation coordonnée lancée par le syndicat. “On est 26 résidences à ce jour sur une possibilité de 49 dans la première vague de négociation. Une deuxième vague suivra. La négociation coordonnée fait qu’on est plus fort et uni et ça envoie un message clair à nos employeurs”, conclut Mme Ross.