Les Premières Nations réclament un véritable dialogue de gouvernement à gouvernement avec Québec
Québec. À une semaine du scrutin provincial, des représentants d’une vingtaine de gouvernements et d’organisations des Premières Nations ont demandé lundi aux partis politiques québécois de placer leurs enjeux au cœur de la campagne électorale.
Réunis devant l’Assemblée nationale, à Québec, des chefs, grands chefs et représentants de plusieurs Premières Nations ont dénoncé ce qu’ils décrivent comme l’absence des enjeux autochtones dans les débats électoraux. Ils réclament notamment une relation fondée sur un véritable dialogue de gouvernement à gouvernement avec Québec.
Parmi les gouvernements représentés figuraient notamment le Conseil tribal de la Nation algonquine Anishinabeg, les Premières Nations de Lac-Simon, Essipit, Pakuashipi, Uashat mak Mani-utenam, Matimekush-Lac John, Unamen Shipu, Pekuakamiulnuatsh, Abitibiwinni, Wemotaci, Manawan, Opitciwan et la Nation Wendat. L’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador et Femmes Autochtones du Québec participaient également à la mobilisation.
Les représentants ont mis de l’avant trois grands enjeux : la sécurité et la dignité des membres des Premières Nations, la participation aux décisions concernant les territoires et les ressources naturelles, ainsi que la reconnaissance des gouvernements autochtones et de leur droit à l’autodétermination.
La mémoire de Joyce Echaquan
La mobilisation survient alors que se profile le sixième anniversaire du décès de Joyce Echaquan, une Atikamekw de Manawan décédée en septembre 2020 à l’hôpital de Joliette. Son décès est devenu un symbole des enjeux liés au racisme et à la sécurité culturelle dans le réseau de la santé.
Un moment de la rencontre a été consacré à sa mémoire. Les représentants ont notamment appelé à la reconnaissance du Principe de Joyce et à la mise en œuvre de mesures visant à lutter contre le racisme et la discrimination systémiques.
« Six ans après le décès de Joyce Echaquan, les femmes, les enfants et les familles autochtones continuent de faire face à des obstacles importants dans l’accès à des services sécuritaires et respectueux », a déclaré Marjolaine Étienne, présidente de Femmes Autochtones du Québec.
Elle a également demandé que le Québec donne suite à la Recommandation générale no 39 concernant les droits des femmes et des filles autochtones et qu’il adopte des mesures concrètes contre la discrimination systémique.
Des revendications sur le territoire et les ressources
Les discussions sur la protection du caribou, l’exploitation des ressources naturelles et l’aménagement du territoire occupent également une place importante dans les revendications formulées lundi.
Les représentants autochtones souhaitent notamment participer dès le départ à l’élaboration des politiques et des projets qui touchent leurs territoires. Ils affirment que les stratégies de protection du caribou et de son habitat doivent être élaborées en collaboration avec les Premières Nations.
Un appel aux partis dans les derniers jours de la campagne
Le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Francis Verreault-Paul, a invité les formations politiques à prendre position clairement sur les enjeux soulevés.
« Les Premières Nations sont présentes, engagées et incontournables », a-t-il affirmé, appelant les partis à établir un partenariat avec les Premières Nations sur les questions touchant leurs peuples, leurs territoires et leur avenir.
