Le troc à l’honneur au Musée des Abénakis

ODANAK. Plutôt que d’acheter du neuf, pourquoi ne pas miser sur l’échange? Le Musée des Abénakis d’Odanak invite la population à participer à la troisième édition de son activité ” Troc-moi ça ” le 24 mai prochain. L’événement permet aux participants d’apporter des objets dont ils n’ont plus besoin et de repartir avec de nouvelles trouvailles, dans une optique de partage, de réduction du gaspillage et de consommation responsable.

Inspiré d’une pratique ancestrale, l’événement s’inscrit directement dans l’histoire des peuples autochtones. “Ça part du principe qu’avant, le commerce qu’on utilisait au Canada avant l’arrivée des Européens, c’était le troc. Il n’y avait pas de principe de marchandage ou de profit, c’était vraiment juste d’échanger pour répondre à un besoin ou partager ce que l’autre n’a pas”, explique Emmy Thibault, coordonnatrice à l’éducation et à l’animation culturelle au Musée des Abénakis.

L’initiative s’inscrit aussi dans une démarche bien actuelle de développement durable. En encourageant la réutilisation d’objets du quotidien, le musée souhaite offrir une alternative à la surconsommation. “C’est une façon pour nous de donner un espace aux gens pour échanger des objets sans encourager la surconsommation. C’est aussi une démarche écologique, pour prolonger la vie des objets et réduire le gaspillage”, souligne Mme Thibault. D’ailleurs, les objets qui n’auront pas réclamé à la suite de l’événement seront remis à des organismes de la région pour éviter qu’ils ne se retrouvent à la poubelle.

Pour cette troisième édition, les participants pourront échanger une grande variété d’articles : vêtements, livres, vaisselle, jouets ou autres objets encore en bon état. “Le type d’objet est vraiment vaste. Tout ce qui peut avoir une seconde vie peut être apporté. Les gens peuvent faire de belles trouvailles tout en désencombrant leur maison”, précise-t-elle. Seuls les gros électroménagers sont exclus, faute d’espace.

La formule demeure flexible, car il est possible d’apporter ses objets quelques jours à l’avance ou le jour même. Le nombre d’articles déposés correspondra au nombre d’objets que l’on peut rapporter. Une mécanique simple qui favorise l’équité et l’échange.

L’événement, qui attire déjà une cinquantaine de participants chaque année, séduit autant les membres de la communauté que les visiteurs de l’extérieur. “Les gens apprécient beaucoup. Ils réussissent à désencombrer leur maison et à faire des trouvailles utiles. Plus on a de participants, plus il y a de diversité dans les objets, et plus l’expérience est intéressante pour tout le monde”, mentionne Emmy Thibault.

Tant qu’à se rendre sur les lieux de l’institution muséale, cette dernière lance une invitation à découvrir ses expositions. Au moment de l’événement, il sera notamment possible de visiter l’exposition permanente W8banakiak, une expérience immersive qui met en lumière la culture, les savoirs et la réalité contemporaine de la Nation abénakise. Le musée présente également des expositions temporaires mettant en valeur des artistes autochtones, dont Kizi n’namih8 matgwas | J’ai vu le lièvre de Christine Sioui Wawanoloath, offrant un regard sensible et coloré sur la création artistique abénakise actuelle.

“Ceux qui ont envie de faire des trouvailles sans contribuer à la surconsommation sont les bienvenus, et s’ils veulent ajouter une dimension culturelle à leur visite, ils peuvent en profiter pour découvrir nos expositions et joindre l’utile à l’agréable”, conclut-elle.

L’activité se tiendra le 24 mai, de 10 h à 16 h, au Musée des Abénakis.