Le Centre de pédiatrie sociale prend forme à Saint-Léonard-d’Aston

SAINT-LÉONARD-D’ASTON. Amorcé il y a sept ans, puis mis sur la glace à quelques reprises, le projet de Centre de pédiatrie sociale à Saint-Léonard-d’Aston devrait finalement se concrétiser à l’automne.

Comme prévu, il verra le jour dans les locaux de Ludolettre, l’organisme famille de la municipalité. Sa mission sera de soutenir les enfants et familles en situation de vulnérabilité afin d’assurer leur mieux-être. Il verra aussi au développement optimal des 0-14 ans.

Le centre sera affilé à la Fondation du Dr Julien, qui pose un regard multidisciplinaire sur les facteurs influençant le développement de l’enfant issu d’un milieu de vie difficile. «Son approche se distingue par l’importance accordée au respect des droits des enfants, autant en ce qui concerne l’aspect légal que médical et psychosocial», mentionne Lucie Laplante, coordonnatrice du Centre de pédiatrie sociale, qui portera le nom de CPSC Le Cercle.

Le 19 juin prochain, l’équipe de la Fondation du Dr Julien sera de passage à Saint-Léonard-d’Aston pour visiter les installations et valider leur conformité. «C’est aussi à ce moment qu’on déterminera toutes les balises [du projet]», mentionne Denys Guévin, l’instigateur du Centre de pédiatrie sociale.

Cette rencontre, qui devait avoir lieu juste avant la pandémie, réunira les médecins et travailleurs sociaux impliqués, de même que les représentants de la Fondation du Dr Julien, les membres du conseil d’administration du Centre de pédiatrie sociale et les gens de Ludolettre, ajoute Mme Laplante. «On avait dû la reporter en raison d’une tempête… puis la pandémie est arrivée!».

C’était une énième tuile qui s’abattait sur le projet après la réforme Barrette, qui a freiné les démarches durant près de trois ans, le décès du médecin associé au projet, ainsi que la difficulté à lui trouver un successeur. Sans médecin, le projet était impossible. «J’ai contacté tous les pédiatres de la région, mais aucun ne pouvait. Ils étaient tous surchargés», raconte Denys Guévin.

C’est finalement le Dr Michel Racine, un médecin généraliste originaire de Saint-Léonard-d’Aston près de la retraite, qui s’est manifesté il y a quelques mois. «Il avait entendu dire que notre projet vivotait et ne voulait pas que ça tombe à l’eau.»

Le médecin a alors proposé ses services et indiqué qu’une amie serait aussi intéressée par le projet, à savoir le Dr Caroline Dostie, qui pratique à Trois-Rivières. Avec ces deux médecins quasiment tombés du ciel, le projet s’est remis sur les rails. «Par contre, avec la pandémie, on se demande si le Dr Racine pourra continuer à pratiquer vu qu’il a plus de 70 ans. Et on ignore aussi s’il y aura des contraintes à repartir la pédiatrie sociale comme telle», tempère Denys Guévin.

Il n’en demeure pas moins que le passage de l’équipe du Dr Julien chez Ludolettre, cette semaine, s’avère un grand pas dans la bonne direction. «On voit poindre, à l’horizon, la concrétisation du projet», admet M. Guévin.

«La Fondation du Dr Julien nous donnera un budget de départ. Pendant un an, on sera sous observation. Elle évaluera notre façon de faire et nous corrigera lorsque nécessaire. Une fois que nous aurons rencontré toutes les exigences, nous aurons un financement récurrent et serons accrédités.»

Des ententes ont également été prises avec le CIUSSS MCQ, notamment pour le prêt de travailleurs sociaux. Aussi, l’offre de services sera modulée en fonction des besoins et des budgets. «On voudrait commencer par une demi-journée aux deux semaines, pour ensuite augmenter graduellement nos actions», partage M. Guévin.

Un projet pertinent

Le maire de Saint-Léonard-d’Aston, Jean-Guy Doucet, se réjouit de voir le projet avancer, lui qui a la pédiatrie sociale tatouée sur le cœur pour avoir vu de près les bienfaits qu’elle apporte. «C’est important de travailler avec les jeunes enfants, de les aider à résoudre leurs problèmes de santé ou psychosociaux. On augmente ainsi les chances qu’ils réussissent à l’école… et dans la vie par la suite», dit-il.

Selon lui, le choix de Ludolettre pour baser le nouveau service allait de soi: «Les familles vont déjà là. Il y a des activités pour elles et les éducateurs les connaissent déjà», ajoute le maire, précisant que le CPSC Le Cercle desservira Saint-Léonard-d’Aston et les municipalités environnantes.

Une marche pour financer l’équipement

Pour l’aider à financer l’achat des fournitures et équipements médicaux nécessaires au démarrage du projet, le conseil d’administration du CPSC Le Cercle s’est tourné vers la Fondation Santé Bécancour-Nicolet-Yamaska, où il a reçu un accueil favorable.

Le marcheur Jacques Blain, un septuagénaire de Nicolet qui s’est allié à la Fondation il y a trois ans déjà, a même accepté de marcher pour la cause afin de lui donner un maximum de visibilité: «Je ferai neuf étapes de 15 km. Je marcherai la première et la dernière à Saint-Léonard-d’Aston. Ce sera une boucle de deux kilomètres dans les rues de la municipalité. Je vais la parcourir sept fois. Je marcherai les autres étapes à Nicolet.»

Il entamera sa marche ce samedi, 20 juin, à 6h du matin (reportée en cas de pluie très abondante). Les gens qui voudront marcher avec lui pourront le faire dans le respect de la distanciation sociale en vigueur.

Quant aux dons, ils devront être faits via le formulaire disponible en ligne (fondationsantebny.ca), par la poste ou au local de la Fondation à Nicolet. L’objectif visé est de 5000$.

Christine Léger, pharmacienne à Nicolet, s’est elle aussi alliée à la campagne à titre d’ambassadrice: «J’ai l’habitude de m’impliquer dans des événements au bénéfice de la santé physique et mentale, comme le 1000 km du Grand Défi Pierre Lavoie et la Course Esprit-Sain. Cette année, ils sont annulés, alors je contribue autrement».

La directrice générale de la Fondation, Danielle Gamelin, est pour sa part heureuse de pouvoir soutenir le projet, elle qui était aux premières loges lors de sa création il y a sept ans. «J’étais directrice générale du CSSS à l’époque. On avait trouvé le projet formidable. C’est aussi le cas à la Fondation, car notre priorité numéro un, ce sont les enfants et les gens en difficulté, de même que leur famille.»