LaRue Bécancour, 30 ans de confiance

BÉCANCOUR. Pour ses 30 ans, LaRue Bécancour célèbre une étape importante de son histoire. Après plusieurs années de croissance, l’organisme est désormais présent dans l’ensemble de la MRC de Bécancour grâce à une équipe bonifiée et à l’ajout d’un poste de travailleur de rue à Wôlinak.

“L’objectif de notre planification stratégique était d’avoir cinq travailleurs de rue afin d’être présents partout sur le territoire. Aujourd’hui, avec l’ajout d’un poste à Wôlinak, on complète cet accès au territoire”, explique Sarah Jacques, directrice générale de LaRue Bécancour.

Le chemin parcouru au cours des dernières années est considérable. “Quand je suis arrivée il y a trois ans et demi, nous avions deux travailleurs de rue, une personne et demie au milieu de vie et une direction. Aujourd’hui, nous avons cinq travailleurs de rue, deux personnes à temps plein au milieu de vie, un coordonnateur clinique et un nouveau poste dédié à la communauté autochtone de Wôlinak. On est allé dans l’optique de répondre à notre mission, soit d’être présents sur tout le territoire de la MRC”, indique Mme Jacques.

Depuis 1995, le travail de rue demeure au cœur de son action pour rejoindre des personnes qui, souvent, n’utilisent pas les services traditionnels ou s’en sentent éloignées.

Rappelons que l’organisation a d’abord été créée pour répondre aux besoins de jeunes vivant de l’exclusion sociale et de la marginalisation. “Il y avait des jeunes, des enfants et des adolescents, qui étaient de plus en plus marginalisés, de plus en plus exclus et qui n’avaient pas de services appropriés pour eux. Des personnes se sont dit : nos jeunes ont besoin de s’accrocher à quelque chose et on pense que l’approche du travail de rue fonctionnerait.”

Même si les réalités sociales ont évolué au fil des décennies, l’approche demeure sensiblement la même. Il s’agit toujours d’aller à la rencontre des gens dans leurs milieux de vie plutôt que d’attendre qu’ils demandent de l’aide.

“Concrètement, c’est d’être présent dans les municipalités, d’observer, de comprendre la dynamique du milieu, de savoir où les gens vont et ce qu’ils vivent. Le but, c’est d’aller chercher les personnes qui sont en situation d’exclusion sociale ou de marginalité pour être là avec elles et éventuellement les référer à des organismes appropriés ou les raccrocher à des services dont elles se sont éloignées avec le temps.”

Cette présence sur le terrain permet de répondre à une variété de besoins souvent méconnus du grand public. La directrice rappelle d’ailleurs que les réalités rencontrées dépassent largement l’image souvent associée au travail de rue.

“Quand on entend travail de rue, on pense automatiquement à l’itinérance ou aux problèmes de consommation. Mais ça peut être un adulte qui n’a personne dans sa vie, qui ne croit plus en rien et qui a simplement besoin de quelqu’un à qui parler. Juste le fait d’être là permet de mettre un filet de sécurité autour de cette personne.”

Pour y arriver, l’établissement d’un lien de confiance est essentiel. “La confiance, c’est vraiment la base. Ce qu’on recherche avant tout chez nos travailleurs de rue, c’est le savoir-être, l’authenticité et la capacité de créer un lien. Une fois que ce lien est là, c’est là qu’il y a un véritable levier de changement possible.”

30 ans d’évolution et de développement

LaRue Bécancour a travaillé, au fil des ans, à développer de nouveaux services. L’organisme a notamment créé un milieu de vie qui est devenu un point d’ancrage important pour plusieurs citoyens. Mis sur pied il y a une dizaine d’années grâce à l’acquisition d’une maison, cet espace répondait à un besoin bien réel. “Il n’y avait jamais eu d’endroit pour se rencontrer ou se déposer. Le milieu de vie permet aux gens de socialiser dans un endroit sécuritaire où ils se sentent accueillis.”

L’un des développements les plus récents est l’ouverture d’un poste de travailleur de rue dédié à la communauté abénakise de Wôlinak. Le projet est le résultat de plusieurs années de discussions et de concertation avec la communauté et différents partenaires. “On ne voulait surtout pas envahir leur environnement. Ça s’est vraiment fait en concertation. On cherchait quelqu’un qui soit authentique, patient, capable de faire preuve d’humilité culturelle et qui prenne le temps de comprendre la réalité de la communauté.”

Malgré cette croissance et l’ajout de nouveaux services, les besoins demeurent importants sur le territoire. Isolement, pauvreté, accès alimentaire, transport, santé mentale et consommation font partie des enjeux observés quotidiennement par l’équipe. “Toutes les problématiques qui existent dans les villes existent ici aussi. Elles sont simplement un peu plus cachées. On remarque beaucoup d’isolement et de besoins de socialisation. L’accès aux services et au transport demeure aussi un défi pour plusieurs personnes.”

Pour souligner son 30e anniversaire, LaRue Bécancour a lancé en septembre 2025 une année complète d’activités commémoratives. Les célébrations se concluront le 2 septembre prochain lors d’un événement de reconnaissance qui se tiendra au Moulin Michel.

“On veut souligner la contribution des membres fondateurs, des partenaires de longue date, des anciens travailleurs de rue et même d’anciennes personnes que nous avons accompagnées. Toutes ces personnes ont contribué à faire de l’organisme ce qu’il est aujourd’hui.”