L’art japonais du bain de forêt

BÉCANCOUR.  Ralentir, respirer et se reconnecter à ses sens : c’est ce que propose l’initiation au shinrin-yoku, aussi appelé bain de forêt, que mettra en place cet été Marie-Line Séguin, praticienne en écothérapie. Inspirée d’une pratique japonaise appuyée par des recherches scientifiques, cette approche de pleine conscience en nature vise à favoriser le bien-être, autant physique que mental. 

“Pourquoi on se sent bien en forêt? Qu’est-ce qui fait que, quand on est là, tout est paisible, tout est calme, qu’on se recentre?”, lance Marie-Line Séguin. Ces questions l’ont menée à approfondir la thérapie par la forêt, après avoir traversé une période marquée par la douleur chronique. “Lors d’un moment très creux dans ma vie, je me suis ramassée en forêt. J’ai vu la nature qui commençait à se réveiller au printemps. Je me suis dit que chaque année, la nature retombe à zéro, puis elle repousse, encore plus forte que l’année d’avant, témoigne-t-elle. Ça m’a beaucoup aidée à cheminer dans ma vie.” 

Cette expérience a été déterminante dans son parcours. Elle l’a amenée à suivre plusieurs formations, comme l’art-thérapie, la lithothérapie avec les pierres, la chromothérapie avec les couleurs et la thérapie par la forêt. “Au lieu de nommer toutes les formations, j’ai réuni ça dans le terme écothérapie”, dit-elle.

Contrairement à une randonnée traditionnelle, le bain de forêt mise sur la lenteur et la présence. “Ce n’est pas de marcher vite. C’est vraiment juste d’être présent en forêt, parfois en marche lente, parfois même sur place”, explique-t-elle. Les ateliers combineront une portion théorique et des exercices pratiques réalisés directement en milieu naturel.

Les participants seront invités à éveiller leurs sens, un à un. “On va se concentrer sur ce qu’on voit, sur ce qu’on entend, essayer de différencier les sons”, décrit Mme Séguin. L’exploration passera aussi par la découverte des arbres et de leurs particularités. “Les arbres dégagent des terpènes qu’on inspire. Chaque essence est différente et on va démystifier tout ça”, ajoute-t-elle.

Le shinrin-yoku constitue une forme accessible de pleine conscience, même pour les personnes qui se sentent moins interpellées par les approches méditatives plus classiques. “Il y a plusieurs formes de pleine conscience. Celle-là est une façon assez facile d’y accéder. C’est simplement être au moment présent, ici, tout de suite, maintenant.” Elle observe d’ailleurs que les bienfaits se manifestent rapidement. “Les gens voient assez vite les effets, et ce n’est pas seulement le moment en forêt : les effets peuvent durer quelques heures, parfois même quelques jours.”

La réduction du stress et l’apaisement du système nerveux figurent parmi les principaux bienfaits. “On n’est pas en ville, on n’a pas nos cellulaires, on est vraiment juste présent. Ça calme le système nerveux, qui est souvent en mode danger. Ça fait un bienfait incroyable, autant sur le corps que sur l’esprit”, souligne-t-elle.

Devant l’intérêt suscité pour ses ateliers, Marie-Line Séguin prévoit offrir deux sessions de bain de forêt, à raison d’une rencontre par semaine, en soirée, au parc écologique Godefroy. Les groupes seront volontairement restreints. “En grand groupe, c’est plus difficile de garder la tranquillité du lieu et de bien animer les activités”, explique-t-elle.

Les ateliers devraient débuter en juin, avec une première session à l’été et une seconde à la fin de la saison estivale.