La transition socioécologique au centre de la stratégie de Nicolet

NICOLET. Gens d’affaires et de politique de la région se sont rassemblés autour de la transition socioécologique mardi, à l’occasion du dîner de la mairesse. Accompagnée de deux panélistes spécialistes du sujet, la première magistrate de Nicolet Geneviève Dubois a voulu mettre en valeur le slogan de sa ville : Innover humainement.

Par ÉMILE HÉROUX / eheroux@icimedias.ca

Présents avec la mairesse, Diane Bérard, journaliste de solutions qui s’intéresse à l’économie à impact sociétal positif, ainsi que Jérôme Dupras, chercheur et professeur en économie écologique l’Université du Québec en Outaouais, ont discuté de transition socioécologique. Ce dernier est également bassiste pour le groupe Les Cowboys Fringuants, une polyvalence soulignée par Geneviève Dubois.

L’ancien député du Parti québécois dans Nicolet-Yamaska et fondateur d’Option nationale Jean-Martin Aussant devait participer au panel, mais a été retenu pour des raisons professionnelles. Il a tout de même pu faire part de certains de ses commentaires via des vidéos préenregistrées.

Devant une assemblée de près de 150 personnes, pour la plupart entrepreneurs ou politiciens de la région, la mairesse a rappelé l’engagement de la municipalité sur le sujet.

(Photo : Émile Héroux)

« À la Ville de Nicolet, on a choisi la transition socioécologique comme moteur pour développer notre communauté de la façon la plus juste et équitable, tout en respectant les limites de notre planète », résume la mairesse Geneviève Dubois.

Pour une transition ordonnée

Les panélistes ont d’abord plaidé pour l’importance d’une transition socioécologique bien structurée, au risque « d’empirer la situation », selon Diane Bérard. 

« Il faut une transition ordonnée, avec de l’intentionnalité, avec des règles, avec des dates, avec des cibles », explique-t-elle.

« Si on ne fait pas ça, il va y avoir plus d’inégalités, plus de gens qui vont être laissés pour compte, plus de travailleurs qui ne seront pas qualifiés pour les nouveaux emplois, plus de PME qui n’auront pas des modèles d’affaires adéquats compte tenu de la rareté des ressources. »

Selon les deux spécialistes, le changement doit d’abord s’opérer au niveau des indicateurs de prospérité, qu’ils jugent obsolètes et qui doivent selon eux être repensés. Par exemple, le PIB par habitant masque souvent les inégalités et ignore d’autres formes de richesse comme le capital naturel, affirment Diane Bérard et Jérôme Dupras.

« D’avoir des structures qui permettent de pérenniser la transition, comme un bureau de la transition socioécologique, ça permet d’aller chercher des opportunités », soutient Jérôme Dupras, qui reconnaît que les coûts de ce genre d’initiatives peuvent être compensés par des financements variés.

Jérôme Dupras et Diane Bérard. (Photo : Émile Héroux)

« Une nouvelle réalité »

« On a une seule certitude, c’est que le monde va changer plus vite qu’avant. Devant ce constat-là, qu’est-ce qu’on peut faire ? », questionne Jérôme Dupras.

Pour lui, plusieurs modèles concrets existent pour mener à bien une transition socioécologique qui se réalisent tous sous une même culture, celle de l’innovation. Le professeur à l’Université du Québec en Outaouais affirme que les entreprises ou les municipalités qui adoptent des mesures de transition socioécologique attirent des talents qui cherchent des milieux d’affaires et de vie cohérents avec leurs valeurs.

Avant de conclure, la mairesse a demandé aux membres du panel quelle serait leur première « décision courageuse » s’ils venaient à être élus. 

L’ancien député Jean-Martin Aussant a répondu en vidéo qu’il privilégierait l’économie sociale, qui favorise selon lui une meilleure répartition de la richesse, en plus de militer pour enchâsser les principes de la transition socioécologique dans la Constitution.

La journaliste Diane Bérard a insisté sur le courage d’incarner ses valeurs dans toutes les sphères de sa vie, tandis que Jérôme Dupras a rêvé d’un mécanisme pour « vérouiller » le progrès et qui empêcherait de revenir en arrière.

À Nicolet, où près de 90 % du territoire est agricole, la mairesse espère que ce message d’innovation socioécologique trouve un écho chez les entrepreneurs et les élus de la région.