La tournée du président de l’UMQ s’intéresse aux enjeux du Centre-du-Québec

NICOLET.  Le maire de Mascouche et président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Guillaume Tremblay, s’est arrêté à Nicolet, vendredi, dans le cadre de la tournée de la présidence de l’UMQ.

Au cours des deux derniers jours, il a rencontré Geneviève Dubois, première vice-présidente de l’UMQ, représentante régionale et mairesse de Nicolet, Vincent Bourassa, maire de Victoriaville, et Jean-François Houle, maire de Drummondville. Des rencontres ont également permis d’échanger avec des élus municipaux et des représentants du secteur économique afin de mieux saisir les enjeux locaux et les défis auxquels la région est confrontée.

La réalité de l’immigration et des travailleurs étrangers au Centre-du-Québec a fait partie des discussions. L’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), qui a permis à de nombreux travailleurs étrangers de venir s’établir au Québec pour travailler tout en leur offrant la possibilité d’une résidence permanente à la clé, fait en sorte que beaucoup de ces travailleurs attendent de savoir s’ils devront retourner dans leur pays d’origine avec leur famille. 

“On voit des cas humains exceptionnels qui ont fait confiance au Québec, qui ont décidé de s’installer ici et de travailler pour des entreprises de la région. On a pu rencontrer les chambres de commerce du Centre-du-Québec et des entreprises hier. Pour eux, l’instauration d’une clause grand-père permettant aux personnes déjà en place de rester est nécessaire. C’est une main-d’œuvre excessivement importante pour nos entreprises. Des entreprises nous disaient qu’elles ne vont pas chercher de nouveaux contrats parce qu’ils n’auraient pas la capacité de livrer la marchandise si ces travailleurs doivent quitter. À cet égard, c’est un enjeu fortement important et c’est sans compter des cas humains derrière”, souligne Guillaume Tremblay, maire de Mascouche et président de l’UMQ. 

Une fiscalité municipale à revoir

La modernisation de la fiscalité municipale demeure un enjeu prioritaire pour l’UMQ, d’autant plus à quelques mois des élections provinciales. L’organisation a recruté deux anciens ministres des Finances du Québec, sot Monique Jérôme-Forget et Nicolas Marceau, pour aller à la rencontre des administrations municipales et effectuer des recommandations visant à revoir la fiscalité municipale. 

Cela fait plusieurs années que l’UMQ souhaite que le modèle fiscal soit revu. En ce moment, la majorité des revenus des Villes et Municipalités provient de la taxation municipale. Cependant, au fil du temps, des enjeux comme l’itinérance et le remplacement d’infrastructures souterraines. 

“On ne peut plus fonctionner avec la fiscalité basée sur la taxation municipale telle qu’on la connaît. Il y a plusieurs années, ça pouvait fonctionner quand on s’occupait des nids de poule, des poubelles et des camions de pompier. Aujourd’hui, il faut donner des terrains pour les écoles, il faut indirectement s’occuper d’itinérance, du logement, donner des terrains pour faire des logements, détaille M. Tremblay. D’autant plus que les Villes et Municipalités n’ont pas le droit de faire de déficit.”

“On a aussi des études à l’UMQ sur la hausse des coûts de construction que nous assumons, ainsi que les coûts reliés aux infrastructures. C’est vraiment dans les municipalités que ça se passe et ça limite énormément le développement de nos territoires et à répondre à certains enjeux, comme le logement”, ajoute Geneviève Dubois, mairesse de Nicolet et première vice-présidente de l’Union des municipalités du Québec. 

Le rapport regroupant un ensemble de recommandations sera dévoilé lors des Assises de l’UMQ qui auront lieu du 13 au 15 mai à Québec.

“Avec les élections provinciales qui s’en viennent, ce rapport nous permettra d’aller à la rencontre des partis et d’entendre leur positionnement. On se souhaite un rapport ambitieux parce que tout est sur la table. Les Villes, nous sommes des gouvernements de proximité. On a de plus en plus de responsabilités et notre marge de manœuvre devient minime. Les budgets sont de plus en plus difficiles à boucler. On lance un cri d’alarme”, affirme M. Tremblay. 

“Ça peut aussi être d’alléger certaines normes. Je me prépare à aller défendre un projet de loi en commission parlementaire sur l’allègement réglementaire. À chaque fois qu’on ajoute une norme, on doit automatiquement en enlever deux. Pourquoi le milieu municipal ne pourrait-il pas bénéficier de ça, avance Mme Dubois. En allégeant certaines normes, ça pourrait nous donner un peu de marge de manœuvre.”

150 000$ de moins pour le transport en 2025

La question du transport collectif a également été abordée durant la tournée du président de l’UMQ au Centre-du-Québec.

Dans la MRC de Nicolet, un autobus peut parcourir près de 1200 kilomètres en une seule journée pour effectuer tous les trajets. 

“La rentabilité du transport collectif n’a rien à voir avec ce qui peut se passer dans les grandes villes, mais on est subventionné par le ministère des Transports, explique la mairesse de Nicolet. On a aussi les passages pour générer des revenus, tandis que certaines lignes sont assumées par le partenaire privé. Toutefois, on a appris les nouveaux paramètres du fonds qui couvraient l’année 2025. Ces paramètres ont été complètement changés, alors que l’année 2025 est déjà complétée.”

“Les MRC perdent beaucoup d’argent. Chez nous, c’est 150 000$ par année, précise Mme Dubois. Mais les déplacements sont faits. On ne peut pas dire qu’on va réadapter nos circuits et voir ça autrement, car l’année est déjà complétée. On ne sera pas payé et en 2026, on sera encore en déficit. Peu importe ce qu’on regarde comme avenue, que ce soit la taxe sur l’immatriculation ou une quote-part, ça ne servira pas au développement du service, mais seulement à compenser. Si on veut développer nos collectivités et répondre à l’orientation gouvernementale en cette matière en incluant le transport, je pense que nous, on travaille de façon cohérente, mais le gouvernement n’est vraiment pas collaborateur sur ce dossier.”

La démission de François Legault comme premier ministre, plus tôt cette semaine, ne vient rien changer aux négociations sur les différents enjeux portés par l’Union des municipalités du Québec. 

“On travaille avec le gouvernement, donc notre plan de match reste exactement le même. On veut surtout entendre l’ensemble des partis politiques sur leur positionnement face à nos enjeux. Après, les gens prendront leur décision lors de la campagne électorale”, conclut le président de l’UMQ.