La radio amateur résiste à tous les assauts!

BÉCANCOUR.Depuis les premières Guerres mondiales et l’avènement de la radio ondes courtes, les radioamateurs sont bien plus que des geeks, des bols de la technologie. Car être radioamateur, c’est participer à une communauté radiophonique et technique internationale et étrangement locale, qui fait parler d’elle, autant qu’elle parle au monde entier.

Le club Radioamateurs du groupe VE2MO Mauricie — Centre-du-Québec y souscrit depuis 1923. «C’est le plus vieux Club de radio amateur à avoir fonctionné en continu en Amérique du Nord», nous dit Pierre Champagne, président de ce club depuis 2015. Ce club qui ne comptait que 33 membres en 2011 en recense aujourd’hui 85. Le Bécancourois est en partie responsable du dynamisme renouvelé du Club. «Je voulais que les deux côtés du fleuve s’imbriquent», nous dit cet ex-machiniste à la retraite.

Le succès d’un club de radio amateur, «ça dépend du dynamisme qu’on y met. Une communauté d’intérêts se forme via la radio amateur» dit-il. «Tous les mardis et lundis, on a un réseau Digital Mobile Radio (DMR) qui couvre tout le Canada. Tout le monde peut se présenter». Pour augmenter sa portée, le club a d’ailleurs installé en 2019, deux répéteurs (relais). Le premier à Saint-Célestin (VE2RPB) et un autre à Bécancour (VA2HRP).

Un club de radio amateur, c’est un regroupement d’hommes et de femmes qui aiment communiquer avec le monde entier. Avec les gens de leur région aussi. Et ils sont de plus en plus jeunes à en joindre les rangs. En dehors des ondes, ils se rencontrent pour discuter d’innovations techniques, d’antennes, de formation, d’électronique, de règlementation et pour accueillir les nouveaux membres. «Ce qu’ils veulent découvrir, c’est quelque chose de différent qui va les mettre en relation avec d’autres [avec des choses] qu’ils peuvent fabriquer de leurs mains», ajoute Pierre Champagne.

Une technologie et un mode de communication dépassés? Ne dites pas ça aux quelque 17 000 radioamateurs du Québec que recensait, en 2015, la Fédération des clubs radioamateurs du Québec (RAQI)! La radio amateur, c’est parfois la dernière ligne de communication pour plusieurs régions québécoises, canadiennes et mondiales privées de téléphonie et d’Internet. Les émissions radio que diffusent sur ondes courtes la BBC ou Radio France Internationale témoignent de sa pertinence.

La radio amateur s’est aussi modernisée. Les avancées technologiques ont permis d’en réduire la taille, le poids et d’en bonifier les capacités, la précision, les interfaces et la portée. «Avec une radio portative, on peut communiquer avec le monde entier via DMR», ajoute Pierre Champagne. Un de ces réseaux va aussi servir à soutenir les efforts de la sécurité civile.

Est-ce le passe-temps d’une autre génération? «Vous m’auriez posé cette question il y a une dizaine d’années, je vous aurais dit oui. Maintenant, avec l’arrivée de l’Internet, de la programmation des radios, on a beaucoup de personnes en bas de la quarantaine».

Des passionnés de tous horizons

Norman Fex

La radio amateur est une passion que Norman Fex (VE2NFX) cultive depuis 2004. Il est aussi professeur de radio amateur. « L’an passé, on avait deux groupes de cinq élèves, mais on a déjà eu des groupes de 16 élèves.» Pour lui, «la radio amateur c’est très vaste. Il y a les communications locales qu’on effectue via les répéteurs qui sont là pour augmenter notre portée. Il y a les ondes courtes qui m’intéressent un peu plus. Avec des antennes à long fil, on peut communiquer loin, quand la propagation le permet. Je rénove aussi les vieilles radios».

Il est aussi animateur de réseau de radio amateur. «Toutes les semaines, le lundi soir, tout le monde vient se présenter. De temps en temps, je vais faire un tour sur Radio Cuba pour pratiquer mon espagnol».

 

Germain Parr

Germain Parr

Germain Parr (VE2EQQ) est de Saint-Célestin. Il s’est beaucoup investi dans le Club Mauricie Centre-du-Québec et toujours prêt à donner de son temps. «Ça fait dix ans que suis membre. On se fait des amis, je fais beaucoup de bénévolat. Je faisais beaucoup de voyages au Mexique, de communications outremer. C’est un peu ça qui m’a amené à prendre ma licence. Autrefois, il fallait attraper des températures idéales pour que nos ondes voyagent bien. Aujourd’hui, c’est sans limites. La radio fonctionne même avec une batterie d’auto.»

 

Francis Lefebvre

Francis Lefebvre

Francis Lefebvre (VE2VFL) habite Bécancour. À 35 ans, c’est l’un des plus jeunes du groupe. Il a complété les trois niveaux de certification en radio amateur. Ce qu’il aime, c’est «la liberté de pouvoir communiquer en étant autonome sans passer par de grandes infrastructures. C’est la technologie, la physique, la loi des antennes. Le côté artisanal de la télécommunication. Et tous les protocoles de communication, autant digitale qu’analogique».

Francis utilise la radio amateur parfois comme un cellulaire. «C’est le fun d’avoir un lien quand je fais des sorties en forêts. Ça fait partie de mon loisir la chasse et pêche, été comme hiver. C’est de garder le lien pour toute situation, en cas d’urgence particulièrement. J’ai une jeune famille», nous dit Francis.