La MRC de Bécancour dévoile ses projets de parcs solaires

BÉCANCOUR.  La population de la MRC de Bécancour a pu en apprendre davantage sur les projets de parcs solaires envisagés sur son territoire lors d’une séance d’information publique tenue le 17 mars. L’événement, organisé sous forme de kiosques thématiques, a permis de présenter les grandes lignes de trois projets actuellement à l’étude et de répondre aux nombreuses questions des citoyens.

“Cette séance d’information s’inscrit dans la volonté de la MRC de Bécancour d’assurer un processus rigoureux, transparent et bien compris par la population, souligne le préfet de la MRC, Mario Lyonnais. Les projets sont encore à l’étape de l’analyse et il est essentiel que les citoyens puissent s’informer et faire part de leurs préoccupations tout au long de la démarche.”

Parmi les trois projets présentés, deux sont développés par l’entreprise Natural Forces en partenariat avec la communauté locale et la Première Nation abénakise. “On présente deux projets solaires dans le cadre de l’appel d’offres d’Hydro-Québec, explique Nicolas Bourbonnière, directeur général de Natural Forces Québec. Il y a le projet communautaire de Bécancour, situé sur un ancien site d’enfouissement de l’entreprise Olin, et celui de Gentilly, à proximité du boulevard de Bécancour.”

Le choix de ces sites ne doit rien au hasard. Le projet de Bécancour vise à revaloriser un ancien lieu d’enfouissement, un terrain difficilement exploitable autrement, tandis que celui de Gentilly bénéficie de sa proximité avec les infrastructures électriques existantes, un atout important pour le raccordement au réseau. Dans les deux cas, la proximité d’une forte demande industrielle dans le secteur constitue également un avantage stratégique.

Le premier projet aurait une capacité estimée entre 12 et 16 mégawatts, tandis que celui de Gentilly atteindrait entre 15 et 20 mégawatts. Ensemble, ils représentent un investissement préliminaire évalué entre 60 et 70 millions de dollars.

Concrètement, de tels parcs solaires nécessitent l’installation de milliers de panneaux photovoltaïques répartis sur de vastes superficies. Leur implantation doit tenir compte de plusieurs contraintes, notamment l’ensoleillement, la topographie, l’intégration au paysage et la présence d’infrastructures électriques à proximité.

Selon M. Bourbonnière, ces projets misent sur une forte intégration locale. “Ce sont des projets issus d’un partenariat communautaire : environ 50 % pour Natural Forces et 50 % pour des partenaires locaux, incluant la MRC et des communautés autochtones.”

Un troisième projet, distinct, est également dans la course. Porté notamment par la communauté abénakise, il serait situé sur les terrains de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour et viserait une capacité d’environ 18 mégawatts.

“L’objectif est d’être partenaires dans ces projets et d’aller chercher des revenus autonomes pour nos communautés, explique Marc-Antoine Duchesne, directeur au développement économique pour Wabanaki. À travers ce type d’initiatives, on veut diversifier nos sources de revenus et participer activement au développement énergétique du territoire.” Ce projet pourrait être entièrement communautaire, sans partenaire privé.

Des retombées envisagées dans un cadre bien balisé

Du côté de la MRC, on voit ces projets d’un bon œil, notamment en raison des retombées économiques potentielles. “C’est un beau potentiel, surtout qu’on parle de terrains qui se prêtent difficilement à d’autres usages, indique Mario Lyonnais. On veut s’assurer que ce soit rentable pour nos citoyens, c’est pourquoi on a mandaté des experts pour analyser les scénarios, même les plus pessimistes.”

Bien que les chiffres finaux ne soient pas encore connus, les promoteurs évoquent des retombées locales liées à la construction, à l’utilisation de ressources régionales et à la participation financière des partenaires communautaires.

Afin de baliser l’implantation de ces projets, la MRC a adopté un règlement de contrôle intérimaire (RCI) en amont de l’appel d’offres. “Le RCI permet de déterminer où les parcs solaires peuvent être implantés et d’imposer des conditions strictes, explique Julie Dumont, directrice du service de l’aménagement. On prévoit notamment des distances minimales, la protection des milieux humides, des mesures pour éviter l’éblouissement et même des vérifications sur le potentiel archéologique.”

Elle souligne que ce règlement a été élaboré rapidement, mais en collaboration avec différents ministères et experts. “C’était une première pour nous, mais on est satisfaits du résultat.”

Les prochaines étapes

Les projets devront également franchir plusieurs étapes d’analyse avant de voir le jour. Étant donné leur envergure – supérieure à 10 mégawatts – ils pourraient être soumis à une évaluation environnementale complète. Celle-ci inclut notamment des études sur les milieux humides, les sols, la faune (oiseaux, chauves-souris, amphibiens), le climat sonore, l’éblouissement ainsi que des inventaires archéologiques.

Les promoteurs prévoient déposer leurs projets d’ici le 31 mars dans le cadre de l’appel d’offres d’Hydro-Québec, qui vise l’acquisition de 300 mégawatts d’énergie solaire.

“Hydro-Québec prendra ensuite entre 10 et 12 mois pour analyser les soumissions, précise Nicolas Bourbonnière. On s’attend à une réponse au début de 2027, puis suivront les étapes d’études, d’autorisations et éventuellement la construction.”

Cependant, plusieurs incertitudes demeurent. Les projets de Bécancour se retrouvent en concurrence avec d’autres initiatives à l’échelle du Québec, et rien ne garantit leur sélection. De plus, les délais pourraient s’allonger si des études environnementales plus approfondies sont demandées, un processus pouvant s’étendre sur plusieurs années.

Si tout se déroule comme prévu, les chantiers pourraient débuter vers 2029.