Il faut doubler le budget investi en agriculture, affirme l’UPA
NICOLET. En marge de l’assemblée générale annuelle de l’Union des producteurs agricoles (UPA) du Centre-du-Québec, l’organisation demande au gouvernement un rehaussement important des budgets alloués à l’agriculture au Québec.
“La situation du secteur agricole au Centre-du-Québec et partout dans la province exige une réponse urgente du gouvernement, affirme Julie Bissonnette, présidente de la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec. Les gouvernements à travers le monde consacrent en moyenne 2% de leurs dépenses à l’agriculture. Au Québec et au Canada, ça ne dépasse toujours pas les 1%.”
“Il faudrait que le budget soit doublé pour le ramener à 2% des dépenses du gouvernement en agriculture. Ça prend également un fonds d’investissement pour restructurer la dette agricole et aider nos futures générations, affirme Martin Caron, président général de l’UPA. L’âge moyen des producteurs augmente chaque année. C’est un souci et la dette agricole est un enjeu pour la relève. D’ailleurs, 78% de nos entreprises agricoles n’ont pas de plan de relève. Les outils pour se démarrer dans le milieu ne son pas suffisants. Les transferts de ferme sont compliqués aussi en raison de la dette qui met une pression énorme sur les entreprises. La situation n’est pas idéale pour que la relève agricole puisse s’implanter, que ce soit par un transfert ou une acquisition.”
“Pendant ce temps, les producteurs agricoles doivent composer avec une hausse constante des coûts de production, une dette agricole de 32 milliards $ et une chute dramatique du revenu net qui est passé de 1,2 milliard $ en 2021 à 29 millions $ en 2024. Nous le répétons: investir dans l’agriculture, ce n’est pas une dépense. C’est un choix de société”, insiste Mme Bissonnette.
L’organisation exige également un soutien concret à la transition écologique, de même que le remboursement des coûts engendrés par la tarification carbone.
“Ça fait des années qu’on est les seuls à payer cette tarification carbone, déplore M. Caron. Ça a un impact. C’est 482 millions $ qu’on a envoyés au Fonds d’électrification et de changements climatiques. On n’est pas compétitif parce que c’est un frais qu’on paye directement sur le diesel, le propane et le gaz nature. Ce qu’il faut bien saisir, c’est qu’on n’a pas d’alternative. Les producteurs agricoles qui vont faire des battages ou des récoltes, c’est avec des tracteurs au diesel. On n’a pas d’autre option en ce moment et on nous demande de rester compétitif. Il doit y avoir un remboursement de cette taxe.”
Ces revendications visent à assurer la viabilité des fermes, à appuyer les efforts des producteurs dans l’adaptation aux changements climatiques et à garantir une plus grande équité dans le partage des responsabilités liées aux politiques climatiques, indique l’UPA.
