Glissement de terrain à Sainte-Monique: encore des enjeux majeurs pour les entreprises agricoles touchées
SAINTE-MONIQUE. Un an après le glissement de terrain majeur survenu à Sainte-Monique, la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec et le Syndicat de l’UPA de Nicolet tiennent à souligner les efforts de concertation qui ont permis de sécuriser le secteur touché et de redonner un milieu de vie sécuritaire aux familles agricoles concernées. Les organisations souhaitent toutefois rappeler que plusieurs enjeux importants demeurent sans réponse pour assurer la pérennité des entreprises agricoles sinistrées.
Le sinistre avait emporté la résidence d’un citoyen, environ quatre hectares de terres cultivables appartenant à deux producteurs agricoles ainsi qu’une portion de la route municipale. Le cratère formé à la suite de l’événement se trouvait à moins de 20 mètres des bâtiments d’entreposage et des silos agricoles, créant une situation d’urgence sans précédent pour les entreprises agricoles touchées.
” La mobilisation des partenaires municipaux, régionaux et gouvernementaux a permis d’éviter le pire et de redonner un minimum de stabilité aux familles touchées. Toutefois, un an plus tard, plusieurs questions demeurent en suspens quant à l’avenir des entreprises agricoles concernées. Il est essentiel que le Programme général d’assistance financière lors de sinistres – volet entreprises (PGAF) reflète réellement la réalité du milieu agricole “, affirme Julie Bissonnette, présidente de la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec.
Selon Mme Bissonnette, les impacts du sinistre dépassent largement les dommages visibles. L’incertitude demeure au cœur des préoccupations des producteurs, notamment en ce qui concerne le tracé de la route et la relocalisation possible des installations agricoles. ” Au début, c’était toute l’incertitude par rapport au tracé de la route, à savoir si elle allait passer sur leurs terres “, explique-t-elle. Cette situation complique toute planification à long terme. Le déplacement potentiel des bâtiments agricoles demeure également une source majeure d’inquiétude : ” S’il faut déplacer les bâtiments, il faut savoir où ils vont aller. Si la route passe ailleurs, il ne faut pas non plus que ça nuise. “
Même si le tracé routier semble aujourd’hui plus défini, rien n’est encore finalisé, ce qui maintient un climat d’incertitude pour les entreprises touchées. Au-delà de la reconstruction, c’est l’adéquation du Programme général d’assistance financière lors de sinistres (PGAF) qui est remise en question. ” Le programme de la Sécurité publique n’est pas vraiment fait pour les entreprises agricoles “, souligne Mme Bissonnette. Elle donne notamment l’exemple des terres perdues dans le glissement : ” Il y a de la terre cultivable qui est dans le trou. Cette terre-là n’est plus là, mais l’entreprise continue de la payer. ” Pour elle, la comparaison avec d’autres secteurs est éloquente : ” C’est comme si une usine tombait. On la paierait, mais les terres agricoles, ça ne l’est pas. “
Les coûts liés à la reconstruction ou au déplacement des infrastructures constituent aussi un enjeu majeur. ” Déménager ou rebâtir des bâtiments, ça coûte une fortune comparativement à leur valeur actuelle “, ajoute-t-elle. Les pertes ne se limitent pas aux hectares disparus. L’accessibilité aux installations agricoles est également compromise dans certaines zones : ” Le cratère est tellement près des bâtiments qu’il y a des endroits où on ne peut plus passer “, explique-t-elle. Même si le site a été stabilisé depuis l’événement, les impacts économiques et émotionnels persistent.
Les compensations financières reçues ne permettent pas de couvrir l’ensemble des pertes. ” Il y a eu de l’argent, mais pas assez. Pas à la hauteur de ce qu’il faut “, affirme-t-elle.
La Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec et le Syndicat de l’UPA de Nicolet souhaitent profiter de la révision en cours du PGAF pour corriger plusieurs lacunes majeures, notamment l’absence de reconnaissance de la perte de terres agricoles et l’inadéquation des mesures pour les entreprises agricoles. ” Il faut que ça soit adapté aux entreprises agricoles, autant pour elles aujourd’hui que pour les prochains sinistres “, insiste Mme Bissonnette.
L’UPA poursuit son rôle d’accompagnement auprès des entreprises touchées. ” Notre rôle, c’est de faire valoir leurs points et de porter leur message aux différentes instances “, conclut-elle. Malgré les efforts de concertation et l’accompagnement gouvernemental, les organisations estiment qu’il demeure essentiel d’apporter des solutions concrètes afin d’assurer la viabilité à long terme des entreprises agricoles touchées par des sinistres.
