Beaulac ferme familiale, les artisans fermiers
NICOLET. Beaulac ferme familiale est une ferme d’élevage diversifié en pâturage, au bord du lac Saint-Pierre. Michel Beaulac et son fils, Vernhar, prennent grand soin de leurs petites bêtes, qu’il s’agisse de leurs animaux, d’animaux en pension ou de la faune environnante qu’ils protègent comme la prunelle de leurs yeux.
Ce n’est pas un hasard si l’entreprise a remporté le Prix Agroenvironnement au Gala du terroir de l’Union des producteurs agricoles Centre-du-Québec. Cette distinction vient saluer les efforts exceptionnels de la famille Beaulac qui, au-delà de ses activités agricoles, est un modèle d’inspiration pour l’intégration des pratiques agroenvironnementales dans une agriculture durable et respectueuse de son milieu.
La ferme a aussi reçu la médaille de bronze de L’Ordre national du mérite agricole (ONMA) en novembre 2024, la plus haute distinction destinée aux entrepreneurs agricoles du Québec. La région du Centre-du-Québec sera de nouveau admissible dans 5 ans, moment où la ferme Beaulac pourra poser sa candidature pour la médaille d’argent.
“Il faut exploiter nos terrains en fonction de ce qu’ils nous donnent, pas l’inverse, croit fermement Michel Beaulac. Au lieu de combattre, on fusionne.”
Actuellement, les Beaulac font l’élevage de porcs, canards et poulets, en plus d’un troupeau de vaches en pension. “Nos élevages, ils commencent à l’intérieur les deux premières semaines de vie, mais après ça, c’est à l’extérieur. C’est un peu notre modèle de pensée de faire ça à l’extérieur, dit naturel”, explique Vernhar.

Les cochons de Beaulac ferme familiale. (Photo Stéphanie Paradis)
Il existe plusieurs avantages à cette façon de faire, tout d’abord pour le nettoyage de la porcherie. “Quand les cochons étaient à l’intérieur, on trouvait ça un peu compliqué de faire le nettoyage, parce qu’ici, tout est manuel, il n’y a rien de mécanisé, explique Vernhar. On a bâti une cabane mobile pour les cochons qu’on a mise dans le champ et qu’on déplace chaque année ou aux deux ans.”
La ferme Beaulac élève une vingtaine de cochons chaque année et axe ses activités sur la qualité plutôt que la quantité. “On n’est pas une grosse entreprise, mais la viande qu’on détaille, elle est bonne. Mangez-en moins, mais mangez la meilleure!”, lance Michel. La ferme possède cependant les infrastructures nécessaires pour doubler son élevage de porcs et aimerait, éventuellement, ajouter l’élevage de bœuf.
Les vaches présentes à la ferme Beaulac durant l’été ne sont là qu’en vacances pour 120 jours. Le champ de la ferme est subdivisé en une quarantaine de champs dans lesquels les vaches seront déplacées de champ en champ afin de les conditionner à tout manger. “On appelle ça du pâturage intensif”, explique Vernhar. “On est sur le bord du lac Saint-Pierre, dans la zone inondable, et les sols sont toujours couverts d’herbe. Le temps de sécheresse ne nous affecte pas, parce que la nappe d’eau est très haute, ajoute Michel. On ne laboure pas. Les vaches mangent les plantes, font des déjections qui enrichissent le sol.”
Les efforts pour vivre en harmonie avec leur environnement ne s’arrêtent pas là, car afin d’éviter le plus possible l’utilisation d’essence, les champs sont enrichis par drone au printemps.
En harmonie avec son environnement
Les Beaulac ne portent pas un grand respect qu’à leurs animaux d’élevage, mais également à la faune et à la flore déjà présente dans leur environnement.
Dans leur champ, il n’y a pas de fauche avant la mi-juin afin de protéger les oiseaux qui nichent au sol, comme la bécassine de Wilson et le goglu des prés, une espèce en voie de disparition. “J’ai mis des piquets pour protéger le nid et les œufs d’une bécassine. J’avais peur que les vaches passent dessus!”, révèle Michel Beaulac.

Une des cabanes de Beaulac ferme familiale. (Photo Stéphanie Paradis)
Ils ont également installé une quarantaine de cabanes d’oiseaux et font la préservation de chauve-souris dans une de leurs granges. Le Conseil régional de l’environnement du Centre-du-Québec (CRECQ) a d’ailleurs fait l’inventaire des chauves-souris à la ferme. “Ils ont dit que c’était un site exceptionnel pour ça. On a une trentaine d’individus et quatre sortes différentes. Les chauves-souris sont en voie de disparition”, indiquent le père et le fils.
Chaque année également, Michel et Vernhar plantent une centaine d’arbres afin de protéger la rive des cours d’eau et favoriser la biodiversité, et les cours d’eau ont été réaménagés afin de favoriser la frayère de la perchaude, en plus de créer des haies brise-vent qui apportent de la fraicheur, de l’intimité et qui limitent le bruit de la route 132.
D’autres arbres seront éventuellement plantés le long des clôtures afin de se diriger vers du sylvopastoralisme, soit un mode où l’élevage et l’exploitation forestière se côtoient, et qu’un jour, les clôtures ne soient plus nécessaires à la séparation des enclos. Les Beaulac laissent également pousser l’asclépiade, une plante essentielle à la survie du papillon monarque.

Les poulets de Beaulac ferme familiale. (Photo Stéphanie Paradis)
Un brin d’histoire
Michel Beaulac a acheté la ferme à son oncle au début des années 2000 avant d’augmenter la production de viande de porc, puis de poulet, à partir de 2010. Lorsqu’il a pris sa retraite en 2019, il a commencé à investir davantage de temps à la ferme familiale.
Vernhar Beaulac est la neuvième génération de Beaulac à la ferme, autrefois une ferme laitière jusque dans les années 1980.
Il possible d’acheter la viande de Beaulac ferme familiale au Marché Godefroy, au kiosque des Émergents.
