Éoliennes dans Nicolet-Yamaska : « Le RCI est à l’ordre du jour et il y restera »

NICOLET-YAMASKA. C’est ce soir, 22 novembre, que les élus de Nicolet-Yamaska auront à dire oui ou non à l’adoption d’un Règlement de contrôle intérimaire (RCI) encadrant l’implantation d’éoliennes sur le territoire de la MRC.

Malgré les pressions populaires pour que la MRC abandonne cette idée, le point demeurera à l’ordre du jour, confirme la préfète Geneviève Dubois : « Le RCI est à l’ordre du jour et il est maintenu. Et je vous jure que ce soir, peu importe le résultat du vote, qu’il soit en faveur ou en défaveur du RCI, la décision sera respectée. Parce qu’il n’y a rien de plus démocratique que (le vote de) ce soir », dit-elle.

La tension est grande entre le comité Pour un choix éclairé dans Nicolet-Yamaska (PCENY) et les élus. D’un côté, le comité accuse les élus (particulièrement la préfète Dubois) d’ignorer cavalièrement ses inquiétudes et de ne pas vouloir ouvrir le dialogue. De l’autre, les élus se désolent de la désinformation qui circule.

« Prenons juste un exemple. Ce n’est pas vrai que le RCI a été concocté et réfléchi seulement par un groupe à l’interne. Il y a eu trois rencontres de travail à propos du RCI, avec tous les membres (…). Le RCI a été créé en mettant de l’avant le principe de précaution, et d’autres principes aussi par rapport au paysage, à la qualité de vie des gens, à la santé et à la protection des milieux naturels à forte valeur écologique », exprime Mme Dubois.

« On a présenté notre RCI aux différents ministères concernés. On s’est inspirés de leurs rapports, leurs documents. On a regardé ce qui se faisait ailleurs au Québec, mais ailleurs aussi dans le monde. C’est un travail qu’on a fait avec sérieux, avec rigueur, avec une équipe de professionnels. »

Elle rappelle que par ce RCI, la MRC vise d’abord à protéger le territoire au cas où un autre projet de parc éolien se pointait dans la région. « On a vu comment ça s’est passé avant le 12 septembre. Les entreprises sont débarquées sur le territoire sans venir nous voir, en allant faire signer des contrats d’option aux citoyens et aux agriculteurs, en stressant une population… Ils ont fait n’importe quoi, sans savoir où ils pourraient potentiellement mettre des éoliennes « , ajoute-t-elle.

La préfète insiste aussi sur ce point : « Une municipalité pourra ajouter des éléments et tenir des référendums auprès de sa population même s’il y a un RCI. Mais elle ne pourra pas aller en-dessous de nos règles. Nous, on travaille pour les générations à venir. On ne sait pas qui sera assis autour de la table en 2025. Sans RCI, on peut avoir un maire ou une mairesse qui arrive, qui est très pro-éolien et qui décide, au lieu de mettre ça à 1,5 km (la distance séparatrice entre les éoliennes), d’abaisser ça à 1 km. »

Consultation

Parallèlement à l’élaboration du RCI, la MRC a travaillé sur une proposition par rapport au type de consultation qu’elle souhaitait mettre en branle auprès de la population.

 » On a dit qu’on consulterait la population et on va bientôt dire comment. Mais dans tout ce chahut de RCI, ce n’est pas le bon moment d’en parler, parce que n’importe quel autre discours, de toute façon, est noyé là-dedans. On va faire un point de presse très bientôt à ce sujet », mentionne Mme Dubois.

La préfète laisse entendre que cette proposition sera faite d’ici le début décembre.