Ecotel installe un câble de fibre optique dans le lit du fleuve Saint-Laurent
COMMUNICATION. L’opérateur cellulaire Ecotel vient de compléter un défi technique d’envergure en déployant un câble de fibre optique sous-marin, long de plus de 4 kilomètres, entre Trois-Rivières et Sainte-Angèle-de-Laval, à Bécancour.
“C’était aussi tout un défi en ce qui a trait à la règlementation. Il a fallu se conformer aux exigences de Transport Canada parce qu’on ne peut pas traverser le fleuve n’importe où”, souligne Éric L’Heureux, président d’Ecotel,
“Le fleuve n’est pas très profond et régulièrement, il faut qu’il soit creusé. Il a donc fallu trouver un endroit où il n’y a pas de dragage, mais aussi une zone où il n’y a pas d’ancrage parce qu’on ne veut pas que les bateaux arrachent le câble en mettant leur ancre. Donc, ça a été le défi de trouver le parcours qui était acceptable pour Transport Canada, puis s’assurer aussi que notre câble allait être protégé pour les 50 prochaines années”, ajoute-t-il.
Jusqu’à présent, la seule fibre dans la région traversant le fleuve Saint-Laurent passait par le pont Laviolette. En cas d’incident sur cette infrastructure, le risque de rupture de connectivité pesait lourdement sur les entreprises et les citoyens de la rive sud. Grâce à cette nouvelle liaison sous-marine qui sera opérationnelle au printemps 2026, Ecotel assure une redondance complète du réseau, garantissant une fiabilité accrue des télécommunications, au profit des collectivités et des entreprises du secteur de Bécancour qui sont en pleine croissance.
Précisément, le câble d’un peu plus de 1 pouce de diamètre et contenant 144 fibres part de la rive nord, à proximité du parc Laviolette à Trois-Rivières, pour se rendre sur la rive sud près du quai de Sainte-Angèle. Comme il s’agissait d’un câble armé, la bobine où il était enroulé avant son déploiement pesait plus de 8 tonnes (16 000 lb). “Juste manipuler le touret durant l’installation, ça représentait aussi tout un défi”, mentionne Éric L’Heureux. De chaque côté du fleuve, le câble a été introduit dans un conduit en fonte jusqu’à une certaine profondeur afin d’éviter que les glaces ne l’endommagent.
Un investissement entièrement privé
Fruit de plus d’un an et demi de travail, incluant les démarches d’autorisations et les études environnementales, ce projet ambitieux a été entièrement financé par Ecotel. “C’est un montant assez important, mais on préfère ne pas partager cette information. Nous sommes fiers de notre équipe, qui a su réaliser cet exploit dans des délais serrés. Cette liaison représente bien plus qu’un câble : c’est un symbole d’innovation, de persévérance et d’engagement envers la connectivité des entreprises de la rive sud”, précise le dirigeant.
Mentionnons que l’opérateur cellulaire a eu recours à l’expertise de deux sous-traitants pour l’installation du câble, soit Teltech Télécommunications, de Repentigny, pour la partie terrestre et MVC Océan, de Trois-Rivières, pour la partie marine du projet.
Le câble sous-marin a été conçu et déployé à l’aide des technologies les plus récentes, garantissant une durabilité de plus de 50 ans. Ce savoir-faire acquis par l’équipe d’Ecotel dans la conception et la mise en œuvre d’infrastructures sous-marines ouvre la voie à de nouveaux projets technologiques à travers le Québec.
“Il y a de plus en plus de demandes pour créer des câbles sous-marins et c’était une belle occasion pour nous de développer une expertise en la matière. Dans le Nord, nous travaillons présentement sur un projet pour mettre un câble de fibre optique dans l’eau pour les 14 communautés autochtones sur le territoire.”
Une entreprise en croissance
Soulignons qu’Ecotel conçoit, construit et opère des réseaux cellulaires pour les régions éloignées et les environnements critiques. L’entreprise est responsable du déploiement de l’internet haute vitesse sans fil via le 5G et d’un réseau de fibre optique de plus de 500 km en Haute-Mauricie. Elle partage ses bureaux avec Solutions Ambra, fondée et dirigée aussi par Éric L’Heureux, une firme d’ingénierie qui conçoit les projets de télécommunication qui sont ensuite pilotés par Ecotel.
“Ambra est présent dans dix pays présentement. Avec Ecotel, c’est entre 90 et 100 personnes qui sont à notre emploi que ce soit ici à Trois-Rivières ou nos bureaux à Montréal et au Chili. Il y a plusieurs projets qui s’en viennent, mais nous avons l’habitude de les annoncer une fois qu’ils sont réalisés. Nous sommes très fiers d’avoir développé cette expertise dans la région”, conclut Éric L’Heureux.
