Des tricoteuses généreuses, une maille à la fois
SAINT-WENCESLAS. Les 18 tricoteuses (ou crocheteuses) qui forment le Club de Tricot de Saint-Wenceslas n’hésitent pas, une maille à la fois, à créer des accessoires chauds qui sont ensuite remis à des organismes qui en ont bien besoin.
Elles se rencontrent (ce sont toutes des femmes) tous les mardis, de 9 h à midi au Centre communautaire de la petite municipalité. Une occasion de se voir, de placoter, mais surtout de partager cette passion qu’elles ont pour les arts de la broche ou du crochet.
Diane Bonin, représentante du Club, explique que l’organisme, non constitué légalement comme les OBNL, mais tout aussi fonctionnel, va chercher des subventions afin de financer la laine utilisée par les bénévoles. Celles-ci réalisent ainsi différents articles qui sont ensuite offerts à des groupes pour leurs membres. « Ils ne doivent pas être revendus », souligne Mme Bonin.
Le Club, qui existe depuis 18 ans maintenant, offre ainsi ses créations à différents endroits dans la région. Il y a l’Hôpital Sainte-Croix de Drummondville qui reçoit par exemple des items destinés aux -nouveaux-nés. Ils ont droit à de petits bonnets, mais aussi des doudous ou de petites pattes (pantoufles), question de rester bien au chaud et entourés de douceur.
Il y a également la Chrysalide de Bécancour, maison d’hébergement en santé mentale à qui les tricoteuses offrent des pantoufles, foulards, mitaines et bas pour les résidents. « Nous donnons également lors de la Nuit des sans-abri de Nicolet qui a lieu au mois d’octobre », note Mme Bonin. Ainsi, les itinérants, bien présents, mais moins visibles de cette communauté peuvent avoir un peu de chaleur grâce à des tricots faits avec amour et patience.
L’école primaire Jean-XXIII de Saint-Wenceslas bénéficie aussi de dons du Club. « Certains perdent souvent leur foulard, tuque ou mitaines », note Diane. Elles viennent ainsi faciliter la tâche des parents et contribuent à ce que les enfants restent bien au chaud malgré les temps froids.
Du côté de Saint-Léonard-d’Aston, la Pédiatrie sociale profite aussi des réalisations des tricoteuses, tout comme à la Résidence de Saint-Célestin où, par exemple, des châles sont créés et remis en cadeau de Noël à des résidentes qui autrement, n’auraient rien à déballer.
Les femmes vont aussi, parfois, montrer leur savoir-faire dans les résidences où on vient apprécier leur travail.
Briser l’isolement
« Nos rencontres du mardi sont autant d’occasions sociales », note la représentante. Pour certaines, le tricot en groupe évite l’isolement, permet de discuter et de rire en bonne compagnie. « Il y a également un partage des connaissances et de l’entraide », apprécie Mme Bonin.
En effet les tricoteuses n’ont pas toutes le même niveau d’expertise. Certaines sont là pour expliquer un patron ou même réparer une erreur commise quelques rangs plus tôt. « Et on partage nos réalisations et nos succès », ajoute-t-elle.
Le Club de Tricot et ses membres sont bien heureux d’avoir accès au Centre communautaire de la municipalité et à une belle salle bien lumineuse où il est agréable de passer quelques heures. « C’est grâce à la Ville qui nous permet l’accès », affirme Diane.
Outre la municipalité, des demandes d’aide financière sont faites auprès du député Donald Martel et aussi de Desjardins qui contribue désormais à la cause. « La friperie La Commode aussi nous soutient », dit-elle encore.
Le Club de Tricot est ainsi un organisme apprécié de ses membres et bien intégré dans sa communauté. « Nous avons toujours du plaisir à nous retrouver, à apprendre et à échanger », indique-t-elle.
Actuellement, les tricoteuses proviennent de Saint-Wenceslas et des municipalités voisines. Elles sont fidèles au rendez-vous hebdomadaire, mais aimeraient bien voir leur nombre augmenter. « Le recrutement est difficile », admet-elle. Avec une moyenne d’âge de 75 ans, les femmes aimeraient bien transmettre leur artisanat à des plus jeunes et ainsi assurer la survie du groupe qui fait tant de bien autour de lui.
Pour elles, le tricot est devenu une passion partagée qui leur permet en plus de conserver une bonne dextérité physique, mais mentale aussi. Sans compter le fait qu’elles offrent autour d’elles des tricots faits main pour lesquels elles ont travaillé bon nombre d’heures.
« Les nouvelles tricoteuses sont toujours les bienvenues. Elles n’ont qu’à venir nous rencontrer le mardi entre 9 h et midi. Elles seront chaleureusement accueillies », termine Mme Bonin en ajoutant que pour elle, ce club aura été une belle façon d’intégrer la communauté lors de son déménagement dans la région il y a quelques années.
