Des sacs qui portent une histoire

FORTIERVILLE.  Depuis quelques années, la résidente de Fortierville, Manon Leclerc, s’est lancée dans la conception et la confection de sacs. Cela lui permet de mettre de l’avant sa créativité de même que son talent artistique.

Si elle peint et dessine depuis plusieurs années, les sacs sont entrés dans sa vie artistique au moment de la pandémie. Celle qui travaillait alors dans le milieu de la santé à Sherbrooke (elle est maintenant retraitée) s’est, à ce moment, lancée (comme plusieurs) dans la confection de masques. “Je n’avais plus le temps de gérer la peinture, laver les pinceaux et tout ça”, raconte-t-elle.

Elle a ensuite conçu et fabriqué un premier sac, pour elle-même, puis un deuxième, un troisième et plusieurs qu’elle a présentés sur Internet et vendus comme s’il s’agissait de petits pains chauds, image-t-elle.

“Puisque je faisais déjà de la peinture, j’avais déjà une construction artistique. J’arrive donc bien à voir les textures, les couleurs et les agencer. Je pense être dotée d’une bonne créativité”, souligne-t-elle.

Manon développe donc ses sacs qui ont différentes tailles et utilités. “En ce moment, j’essaye de plus en plus d’utiliser des matériaux recyclés”, explique la conceptrice en ajoutant qu’elle doit tout de même prendre du neuf notamment pour toute la quincaillerie, les thermocollants, etc. Mais elle tend vers le recyclé, des vêtements déjà portés, mais aussi vers des balances de tissus, comme celle qu’elle a obtenue d’un fabricant de tentes qu’elle a intégré dans ses créations.

“Mais ce qui me définit le plus, c’est ma capacité d’écoute et de créativité afin de réaliser des sacs personnalisés”, ajoute-t-elle. Manon Leclerc reçoit donc beaucoup de commandes qu’elle parvient à rendre selon les attentes de ses clients et avec un souci du détail impressionnant. Elle fait des sacs à lunch, de sport, pour le week-end, des sacs à main, etc.

Un créneau particulier

Il lui est aussi arrivé, à quelques reprises, qu’on lui demande de créer un sac à partir de vêtements d’une personne décédée. “La première commande, une dame est arrivée avec des paires de jeans de la personne décédée et j’ai fait un sac personnalisé pour chaque enfant”, explique-t-elle.

Il y a aussi une cliente, une amie même, qui lui a donné des costumes et cravates que portait son défunt mari et à partir desquels Manon lui a confectionné un sac en cadeau. “Avec l’extérieur du costume, j’ai fait le sac, avec la doublure, j’ai fait l’intérieur et la cravate sert de rabat et d’anse. Elle l’apporte partout et plusieurs lui demandent l’origine.” Les sacs deviennent alors des objets précieux et remplis de sens. C’est un aspect de ce qu’elle fait qui la touche beaucoup et qu’elle aimerait développer.

Un retour dans la région

Elle est bien heureuse d’être revenue dans sa région depuis quelques années, elle dont la famille est originaire de Lotbinière. Elle a acheté une maison qu’elle aménage maintenant pour pratiquer son artisanat. “Je goûte la retraite. Je m’occupe avec mes sacs, cultive mon jardin, je plante des fleurs”, partage-t-elle.

Manon veut toujours faire évoluer son travail et souhaite ajouter à ses créations de la peinture, de la broderie et des perles. Elle a plein de projets en tête et ne sait pas, à ce moment-ci, si elle parviendra à tous les concrétiser. “Comme j’ai beaucoup de commandes, j’ai moins de temps pour me lancer dans des créations uniques.”

Pour la période des fêtes, elle a fabriqué plusieurs modèles de sacs qu’elle a proposés lors de différents salons dans la région. Si les ventes n’étaient pas nécessairement au rendez-vous, elle a obtenu plusieurs commandes qu’elle réalisera au cours des prochains mois, ce qu’elle apprécie tout autant.

En fait elle adore, lorsqu’elle livre les sacs commandés et personnalisés, voir l’étincelle dans les yeux de la cliente (ou du client), ce qui représente pour elle sa paye, comme elle le souligne.

“Je ne veux pas coudre pour coudre, mais bien pour créer”, insiste-t-elle. Les sacs lui permettent ainsi de laisser aller ce talent qu’elle développe de plus en plus puisqu’elle a délaissé la peinture depuis quelque temps. “Ce n’est pas compatible avec la couture qui génère beaucoup de poussière”, explique-t-elle.

Mais, celle qui se considère à cheval entre l’artisane et l’artiste (puisque le sac devient pour elle un canevas) a l’intention d’y revenir bientôt. En attendant, elle a trouvé, avec sa création de sacs, un passe-temps de retraite qui occupe une bonne et belle place dans sa vie tout en lui permettant de mettre à profit ses habiletés et son sens artistique.