Des casse-têtes administratifs à Aston-Jonction

ASTON-JONCTION. La municipalité d’Aston-Jonction est confrontée à une série de défis complexes qui impactent directement l’avenir de ses projets d’infrastructures et de développement. Trois dossiers majeurs préoccupent particulièrement l’administration: la gestion des eaux usées, la construction d’un centre multifonctionnel et l’avenir de l’église du village.

Toutes sortes de contraintes compliquent leur avancement. La mairesse Christine Gaudet déplore la situation et espère un dénouement rapide.

Les eaux usées: une urgence environnementale à régler

Le dossier le plus pressant est assurément celui des eaux usées. La municipalité n’a pas de réseau d’égouts et certaines fosses septiques sont non-conformes, et parfois même inexistantes. Remédier à la problématique a un coût: 13 millions de dollars… pour desservir environ 120 maisons. Une somme tout simplement hors de portée pour Aston-Jonction, qui dispose d’un budget limité, partage Mme Gaudet.

Le projet piétine. Chaque fois que la municipalité pense avoir trouvé une solution, de nouvelles études sont exigées, retardant ainsi chaque étape et engendrant de nouveaux frais. “Ça fait deux fois qu’on retourne sur la table à dessin depuis le début de mon mandat. Honnêtement, je pensais vraiment que dans les quatre années qui viennent de passer, on réglerait le dossier. Mais non.”

Les études préliminaires pour le réseau d’égout ont déjà coûté près de 200 000$, un montant énorme pour le budget de la municipalité. De plus, les exigences administratives et les frais d’ingénierie continuent de s’accumuler.

La mairesse admet que la situation est frustrante: “Il faut absolument qu’on trouve une solution qui soit financièrement viable pour nos citoyens. Parce que là, à 13 millions de dollars, on est à environ 3500$ par maison, par année, pendant 40 ans. Ça n’a aucun bon sens!”

La municipalité explore donc diverses alternatives, comme modifier le tracé du futur réseau d’égout souterrain ou encore utiliser une station d’épuration d’une municipalité voisine plutôt que d’en construire une afin de limiter les coûts. “Il faut voir ce qu’il est possible de faire.”

Des discussions sont en cours avec des experts, et le député Donald Martel, récemment nommé ministre, sera une nouvelle fois interpellé sur ce dossier.

Pendant que le dossier stagne, les rejets dans la nature se poursuivent allègrement. “Ce n’est pas souhaitable, mais c’est notre réalité”, regrette Mme Gaudet. “Il faut trouver une solution pour arrêter ça. Si ce n’est pas par un réseau d’égouts, est-ce que ça pourrait être à l’aide de fosses individuelles et un système de collecte? Mais encore là, il y a des maisons avec des terrains très, très petits. Même avec une fosse scellée, ce serait compliqué, car il faudrait la vider peut-être tous les deux mois, et cela a un coût. C’est vraiment une gymnastique!”

Malgré l’ampleur du défi, la municipalité reste déterminée à avancer. Mais tant que le problème des eaux usées n’est pas réglé, aucun autre projet de construction ne peut véritablement se mettre en branle.

Le centre multifonctionnel: un rêve en attente

C’est le cas pour le projet de centre multifonctionnel, qui demeure en suspens. La municipalité rêve d’un espace polyvalent qui pourrait regrouper plusieurs services et activités communautaires: les Fermières, le club de l’âge d’or, le Petit Café et le dépanneur. Pour le moment, il est impensable de se lancer dans un tel projet en raison de l’impact financier projeté des travaux d’égout et ce, même si un lieu potentiel pour ce centre existe déjà: l’église du village.

Là encore, un autre casse-tête vient brouiller les cartes: l’état du bâtiment. Avant de figurer quelque projet que ce soit à cet endroit, il faut d’abord faire faire le carnet de santé de l’église, indique Mme Gaudet. L’an dernier, la municipalité pensait la citer comme bâtiment patrimonial, mais elle a finalement décidé d’attendre afin de permettre une exploration en profondeur toutes les options possibles pour ce bâtiment.

Est-ce qu’une rénovation ou une transformation de l’église est envisageable? C’est ce que le conseil municipal veut savoir. Chose certaine, la réfection du toit de l’église est une priorité. Or, la situation financière de la Fabrique, propriétaire du bâtiment, est précaire, rapporte Mme Gaudet. La mairesse a en effet été informée de la chose lors d’une rencontre tenue le 9 septembre dernier, en présence d’une trentaine de citoyens. “Le toit coule dans le jubé”, partage Christine Gaudet, qui s’inquiète du manque de ressources pour maintenir l’église en bon état. “L’évêché semble aussi avoir suspendu les ventes d’églises, alors ça complique encore la situation.”

Si l’église devenait un jour disponible, elle pourrait devenir un lieu central pour le village, croit Mme Gaudet. Mais tant que son état n’est pas évalué et que des décisions claires ne sont pas prises tant dans ce dossier que dans celui des eaux usées, le projet de centre multifonctionnel reste dans l’impasse.