Démission de François Legault: “C’était inévitable”
POLITIQUE. La démission du premier ministre François Legault n’est pas une surprise pour Alexandre Dumas. L’historien, observateur et commentateur de la scène politique et animateur du balado “Woke tant qu’il le faudra” estime que “c’était inévitable”.
“Il y a beaucoup de députés autour de lui qui voient les sondages, qui auraient voulu se représenter, mais dont le siège était presque perdu d’avance. On a bien vu plusieurs tentatives de redresser la situation, comme un remaniement ministériel et de nouvelles décisions prises à l’automne, mais ça n’a pas fait remonter le parti dans les sondages, indique M. Dumas. La seule conclusion, c’était que c’est François Legault qui tirait le parti vers le bas.”
La décision arrive toutefois un peu trop tard, croit Alexandre Dumas, compte tenu qu’il reste peu de temps pour organiser une course à la chefferie à l’approche des élections provinciales prévues à l’automne 2025.
“Tous les candidats potentiels sont présentement ministres. Ce sera très difficile pour les ministres intéressés de conjuguer une course à la chefferie et leurs responsabilités. Sinon, est-ce qu’il faudra un autre remaniement ministériel pour que cela puisse être réalisable? C’est une situation très complexe qui entraînerait aussi de l’instabilité”, mentionne-t-il.
“En ce moment, il n’y a pas de candidat si évident pour remplacer M. Legault à la tête du parti. La CAQ étant une coalition, cela fait en sorte qu’on y trouve beaucoup de gens avec des opinions très différentes. Qu’est-ce qui sera fait maintenant que le chef et cofondateur est parti? Est-ce que le parti s’affichera plus fédéraliste ou plus nationaliste avec une ouverture pour l’indépendance? Est-ce qu’il continuera à rester plus à droite sur le plan économique ou opter pour une vision plus large pour viser plus d’électeurs? C’est toute une restructuration interne qui attend le parti pour le repenser.”
L’annonce de la démission de François Legault tombe toutefois bien mal pour le Parti libéral du Québec qui vient de relancer sa course à la chefferie du parti après la démission de Pablo Rodriguez, quelques jours avant les Fêtes, analyse M. Dumas. “L’attention sera beaucoup divisée entre la course à la chefferie du Parti libéral et celle à la CAQ. Pour Charles Milliard, ce sera plus complexe d’attirer l’attention, note-t-il. En contrepartie, beaucoup se demandaient si la CAQ était le parti d’un seul homme. Ça peut devenir l’occasion pour la Coalition Avenir Québec de se relancer et à la personne qui sera choisie à la chefferie d’incarner un renouveau.”
Quel sera le legs de François Legault? Dans son allocution de démission, le premier ministre s’est notamment dit fier de l’amélioration de la croissance économique du Québec durant les sept dernières années, de la prise de position “agressive” pour attirer des entreprises au Québec malgré certains échecs, de la conclusion d’une entente pour rehausser et renouveler la centrale Churchill Falls à Terre-Neuve, ainsi que “du rattrapage en santé, en éducation et en culture” par la hausse des budgets accordés à ces secteurs d’activités.
Alexandre Dumas considère que “la CAQ passera à l’histoire comme un des pires gouvernements de l’histoire”. “Si on écoute le point de presse de M. Legault, il n’y a pas grand-chose qui va passer à l’histoire. Il a parlé de chiffres: l’augmentation du salaire moyen, l’augmentation du revenu total après impôt, la hausse de salaire pou les enseignants, mais rien de tout ça ne va passer à l’histoire. Il faudra voir dans l’avenir si Santé Québec va changer le système de santé et si les tribunaux spécialisés en matière de violence sexuelle et de violence conjugale auront un réel impact durable pour les victimes”, conclut-il.
