De cliente à adjointe administrative
Suzanne Blanchette se souvient très bien du jour où elle a mis les pieds pour la première fois dans les bureaux du Courrier Sud, alors situés sur le boulevard Louis-Fréchette à Nicolet.
« J’avais 17 ans et je venais passer une annonce classée pour offrir mes services comme gardienne d’enfants. J’aimais ça, la petite bâtisse. Il y avait une petite entrée et tu devais te présenter au comptoir et parler à la réceptionniste à travers un petit carré. Je me suis dit : Un jour, je vais travailler ici! »
Ce jour-là est finalement venu le 17 avril 1998, voilà maintenant plus de 27 ans. « J’étais adjointe administrative et dans ce temps-là, on prenait les annonces classées au téléphone. Ou bien, quand les gens ne recevaient pas le journal, ils nous appelaient pour se plaindre. Ça marchait beaucoup dans le temps », se rappelle la Nicolétaine qui travaillait auparavant comme chef-caissière au IGA de Nicolet.
Les débuts de Suzanne Blanchette coïncident avec l’arrivée des premiers ordinateurs au Courrier Sud. « Il fallait tout rentrer la facturation et les bons de commande à la main dans le système informatique. Il ne fallait pas se tromper sinon, tout était à recommencer. »
Avant l’arrivée d’Internet dans nos vies, le lien avec l’édition papier du Courrier Sud était plus fort que jamais. « Quand le journal arrivait dans les maisons, tout le monde le lisait. C’était la seule façon d’apprendre ce qui se passait dans la région », note Suzanne Blanchette, une fidèle lectrice du Courrier Sud bien avant d’y être employée.
En première ligne, elle en aura entendu des vertes et des pas mûres en 25 ans de service à répondre à la clientèle. « Disons que les histoires ne sont pas toutes racontables sinon, les gens concernés se reconnaîtraient », consent-elle à dire. Elle est en revanche bien fière d’avoir réussi à déjouer l’un des coups pendables de l’humoriste Jean-Claude Gélinas au téléphone.
« Il avait appelé pour faire passer une annonce classée qui n’avait pas d’allure. Je l’avais reconnu, mais je ne lui avais pas dit. J’ai mis l’appel en attente et je suis allée voir l’éditeur Jean Blanchette pour lui demander si on pouvait lui jouer un tour nous aussi. À mon retour, j’avais fait semblant de prendre l’annonce et on lui avait envoyé une fausse facture à la station de radio. On n’en a jamais entendu parler. »
L’esprit de famille qui régnait dans les bureaux du Courrier Sud est l’un des souvenirs les plus heureux de Suzanne Blanchette. « Quand les bureaux fermaient à 16h30 le jeudi, on s’installait autour de la grande table ronde pour commencer le montage du journal jusqu’à environ 8h le soir. On restait tous là, même ceux qui n’étaient pas obligés de rester. On jasait ou on écoutait les autres parler. C’était une belle époque », conclut-elle.
