Communautaire à boutte: le milieu communautaire se mobilise
Lundi débutait officiellement la grève du mouvement Le communautaire à boutte, une mobilisation qui se déploie à travers le Québec pour « dénoncer le sous-financement chronique du milieu et exiger des investissements structurants de la part du gouvernement du Québec ». Dans les MRC de Bécancour et de Nicolet-Yamaska, c’est plus de 80 % des organismes membres de la Corporation de développement communautaire (CDC) de Bécancour et de la CDC de Nicolet-Yamaska qui ont un mandat de grève complet ou partiel.
Cette mobilisation se traduira par différentes actions, notamment la suspension de services, des actions dans la sphère médiatique, des activités d’éducation populaire auprès de la population et par des rassemblements et manifestations.
Le mouvement revendique des conditions de travail décentes pour les travailleuses et travailleurs du communautaire, un financement suffisant à la mission, une reconnaissance pleine et entière des organismes, la protection de l’autonomie et la fin du financement précaire ainsi qu’un engagement clair à investir dans le modèle communautaire comme pilier stratégique.
« Le gouvernement du Québec ne peut plus ignorer l’ampleur de la crise que traverse le milieu communautaire. Ce que nous demandons, ce ne sont pas des mesures ponctuelles, mais des engagements financiers structurants, prévisibles et récurrents », affirme Sarah Jacques, directrice générale de LaRue Bécancour Inc. et coreprésentante de la cellule locale.
« À la lumière du dépôt du budget Girard, force est de constater que malheureusement, ces mesures ne font pas partie du budget 2026-2027. Les revendications et les messages que nous portons sont un appel clair à un rééquilibrage du rapport de force entre le milieu communautaire et les instances gouvernementales », ajoute-t-elle.
Une grève « pour éviter des fermetures définitives »
Sur le territoire, les groupes communautaires sont présents dans toutes les municipalités et offrent des services essentiels à la population, notamment auprès des personnes en situation de vulnérabilité, des aînés, des familles et bien plus.
« Cette grève de services n’est pas faite de gaieté de cœur, mais elle est devenue nécessaire pour éviter des coupures de services à court ou moyen terme et pour assurer la pérennité du filet social dans la région », explique Katherine Lachapelle, de TDL Mauricie-Centre-du-Québec et représentante de la cellule locale Nicolet-Yamaska.
« Si rien ne change, si le gouvernement ne répond pas à nos revendications avec des engagements financiers clairs, ce sont des services essentiels qui risquent de disparaître. On agit aujourd’hui pour pouvoir continuer à soutenir la population demain. »
Selon la cellule locale, le mouvement peut compter sur des appuis significatifs dans la région. Louis Plamondon, député de Bécancour-Nicolet-Saurel-Alnôbak, a exprimé son soutien. Il en va de même de la Ville et de la MRC de Bécancour qui, par voie de résolution officielle, ont soutenu les revendications du mouvement.
Par cette résolution, les élus reconnaissent notamment le sous-financement chronique des organismes communautaires, leur rôle essentiel dans le filet social ainsi que la légitimité du recours à la grève comme moyen de pression.
La grève s’accompagnera de plusieurs actions visibles locales et nationales. Notons, entre autres :
– 27 mars : mobilisation régionale et marche solidaire au parc Champlain de Trois-Rivières et devant les bureaux du ministre Jean Boulet ;
– 30 mars : manifestation pacifique devant le bureau du député Donald Martel dès 8 h ;
– 31 mars : mobilisation régionale au marché public de Drummondville dès 10 h ;
– 2 avril : grande manifestation nationale à Québec, devant l’Assemblée nationale dès 11 h où des milliers de personnes sont attendues.
