Claire Chevalier: le couteau suisse du Courrier Sud
Comment une jeune femme de Saint-Casimir, dans la région de Portneuf, et ayant brièvement enseigné en Gaspésie a pu se retrouver au sein d’un hebdomadaire à Nicolet en 1986, où elle évolue toujours aujourd’hui ?
« J’étais suppléante dans une école en Gaspésie, mais mon conjoint de l’époque qui était policier avait été transféré à Nicolet. Le Courrier Sud avait ouvert un poste pour une correctrice et comme j’avais un baccalauréat en littérature française de l’Université Laval, j’ai appliqué et on m’a embauchée », résume Claire Chevalier, aujourd’hui coordonnatrice aux ventes et à la veille d’entamer sa 40e année au sein du journal.
En fait, à part les postes de journaliste ou d’éditeur, elle aura occupé presque toutes les fonctions. De là à conclure que Claire Chevalier est le couteau suisse du Courrier Sud, il n’y a qu’un pas.
« J’ai débuté à l’âge de 23 ans en faisant la révision des publicités puis après, des articles de rédaction. Par la suite, j’ai commencé à faire l’infographie des annonces publicitaires. Avant l’arrivée des ordinateurs, tout était fait à la main. On découpait les éléments à l’exacto et on les collait un à un dans la publicité avant d’envoyer les pages à l’atelier de production. Un jour, une petite annonce d’un logement à louer avait décollé et était tombée dans la publicité d’une épicerie. Le journal avait été imprimé comme ça, avec l’annonce du logement à louer au milieu des spéciaux de l’épicerie », se souvient Claire Chevalier en souriant.
Avant l’arrivée d’Internet, le matériel était livré par un commis qu’on appelait Le Kid qui faisait la navette entre chacun des journaux (Shawinigan, Louiseville, Nicolet et Trois-Rivières) et l’atelier de production situé alors au Cap-de-la-Madeleine. « Comme j’étais matinale, ça m’arrivait régulièrement de préparer des muffins ou des galettes que je remettais au commis pour qu’il les donne à mes collègues des autres journaux. C’était très convivial dans le temps », raconte-t-elle.
Demeurant à moins de cinq minutes du bureau du journal à Nicolet, il arrivait quelquefois que la directrice de production l’appelle en dehors des heures de bureau pour lui demander de transférer un élément manquant. « Des fois, je prenais un bain à 10 h le soir et le téléphone sonnait. Je devais me rhabiller, aller au journal pour transférer le matériel manquant. On était bien loin du télétravail ! »
Claire Chevalier se rappelle également d’avoir été menacée par une cliente mécontente d’une erreur dans une publicité. « Elle m’avait appelée pour me dire qu’elle s’en venait me battre. Tous les gens qui me connaissent savent que je suis quelqu’un qui parle avec tout le monde, qui est souriante et professionnelle. Mais là, j’ai vraiment eu peur et sur l’heure du dîner, j’avais demandé à mon conjoint de venir m’escorter jusqu’au journal. Finalement, elle n’est jamais venue. C’est la seule fois dans ma longue carrière que j’ai eu un problème avec un client. Car ma force, c’est justement le service à la clientèle », se rappelle la coordonnatrice aux ventes.
À la veille de célébrer ses quatre décennies au sein du Courrier Sud, Claire Chevalier dit avoir encore du plaisir à accomplir son travail et à côtoyer ses collègues au quotidien. « Je prends ça une année à la fois. Les choses sont bien différentes qu’à l’époque où j’ai commencé, mais le plaisir que j’ai à travailler avec la gang et les clients, ça, ça n’a jamais changé », conclut-elle.
