Les chauves-souris centricoises à l’étude

NICOLET-BÉCANCOUR. Le Bureau Environnement et Terre Wôlinak explorera plus en profondeur, cet été, l’univers des chauves-souris centricoises. Il tentera de relever les différentes espèces présentes et documentera leurs habitats à l’aide d’inventaires acoustiques fixes.

Pour réaliser ce projet, il déploiera des stations d’enregistrement munies de détecteurs d’ultrasons dans plusieurs dizaines de sites boisés de la région entre la mi-juin et la mi-août. Trois ou quatre appareils seront utilisés. Ils resteront en place dans un secteur durant deux nuits, avant d’être déplacés sur un autre site.

«Nous viserons les conditions environnementales optimales, c’est-à-dire des températures de nuit au-dessus de 20 degrés Celsius, sans vent ni pluie, car ces éléments interfèrent sur la qualité [des enregistrements]. On veut s’assurer que les chauves-souris soient actives [pendant les inventaires]», mentionne la biologiste Vanessa Fortin-Castonguay, directrice du Bureau Environnement et Terre Wôlinak.

Le Bureau s’intéresse aux chauves-souris depuis 2016. Il effectue habituellement des inventaires acoustiques routiers en tant que partenaire du Réseau québécois d’inventaires acoustiques pour les chauves-souris. Cette année, il passe à un autre niveau, car le déploiement de stations fixes permettra de pousser plus loin la cueillette d’informations.

«En discutant avec nos partenaires, on s’est rendu compte qu’il y avait un creux de données pour la zone du Centre-du-Québec. On a donc décidé de compléter nos efforts d’inventaires par le déploiement de stations fixes», explique Mme Fortin-Castonguay.

Quatre biologistes seront donc sur le terrain cet été pour procéder à l’installation des stations et à l’analyse des données récoltées. «Au Québec, on a huit espèces de chauves-souris. Cinq hibernent ici et trois sont migratrices. On sait qu’elles sont présentes sur notre territoire. Ce qu’on veut, c’est raffiner notre recherche et nos connaissances», ajoute la directrice, qui aimerait bien pouvoir faire le suivi à chaque année. «Ça pourrait venir répondre à des questionnements et à des éléments figurant dans les plans de rétablissement», souligne-t-elle.

La directrice du Bureau Environnement et Terre Wôlinak tient à rappeler que les chauves-souris jouent un rôle important dans l’écosystème, au même titre que les oiseaux insectivores: «Elles exercent un contrôle sur les populations d’insectes néfastes aux cultures agricoles». Or, presque toutes les populations sont mal en point. Trois espèces figurent même sur la liste des espèces en péril, soit la petite chauve-souris brune, la chauve-souris nordique et la pipistrelle de l’est.

Appel à tous

Au cours des dernières semaines, un appel à tous a été logé aux propriétaires de terres boisées de la région afin de solliciter leur participation au projet. Tout ce qu’ils ont à faire, c’est de donner leur permission d’accès à leurs terres à l’équipe du Bureau en communiquant avec Clarisse Bernard (clarissebernard@cawolinak.com ou au 819-294-6696, poste 2502).

Pour le moment, plus d’une vingtaine de propriétaires ont levé la main, pour un total de 62 sites à visiter. Le Bureau a également approché de lui-même certains collaborateurs potentiels. Des sites comme le Parc de la rivière Gentilly, la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, le Centre de la biodiversité du Québec et la Ville de Nicolet ont été ciblés. «On ratisse assez large; jusqu’à proche de Victoriaville», fait savoir Mme Fortin-Castonguay, précisant que le recrutement se poursuit jusqu’à la fin mai.

Un triage des sites sera fait pour optimiser les efforts d’échantillonnage de l’équipe. Ainsi, seuls les milieux propices à l’hébergement de chauves-souris seront visités, suivant certains critères: type de plantation, âge et densité du peuplement, proximité avec un plan d’eau, etc. «Chaque propriétaire sera contacté avant qu’on se rende sur sa propriété.»