Changer le portrait culinaire de Deschaillons

DESCHAILLONS.  Depuis que Jean-Philippe Couette et Amélie Bergeron se connaissent qu’ils caressent un rêve commun : celui d’ouvrir un restaurant. Le premier est acériculteur, la seconde a étudié en cuisine. En provenance de la région de Québec, c’est finalement à Deschaillons-sur-Saint-Laurent qu’ils ont trouvé leur petit bonheur à changer le portrait culinaire de l’est de la MRC.

Le couple a autant regardé à l’est qu’à l’ouest, de la Gaspésie au Centre-du-Québec. “On voulait quelque chose sur le bord du fleuve”, précise Jean-Philippe. Certains étaient trop loin, d’autres nécessitaient trop de travaux. C’est finalement sur le Restaurant du Fleuve, rebaptisé plus simplement Resto du Fleuve, que son choix s’est arrêté en janvier dernier. “C’était le fun d’avoir un truc clé en main dès la première année et de ne pas avoir à investir beaucoup. On a juste fait la déco en dedans! Le restaurant était déjà bien équipé!”, lance Jean-Philippe. “On a quand même un équipement assez extraordinaire pour un casse-croûte”, ajoute Amélie.

“Au début, ça ne me disait pas grand-chose, mais je découvre un grand potentiel, ici!”, poursuit Amélie, qui s’est expatriée avec son conjoint après être déménagés dans la municipalité de Fortierville. Tout s’est réglé en une seule semaine : la vente de leur condo, l’achat du restaurant et l’achat de leur maison. Comme quoi les étoiles étaient alignées!

Tout en conservant un côté casse-croûte, les nouveaux propriétaires souhaitent développer davantage le côté buvette. “Un casse-croûte, ce n’est pas nécessairement que des frites et des burgers. C’est aussi de la restauration rapide, tout ce que tu peux faire vite”, tient à préciser Jean-Philippe. Et à 30 degrés, ce n’est pas tout le monde qui veut manger une poutine. Le Resto du Fleuve offre un menu à la carte frais, goûteux, local et oh combien esthétique : cromesquis d’agneau, tacos de poisson, déclinaison de bok choy, bol poke, tarte de légumes, bruschetta, carpaccio de bœuf, gyros de porc, quatre-quarts au lilas. L’imagination de la cheffe Amélie est mise à profit, alors qu’elle s’inspire de ce qui est consommé dans les casse-croûtes à travers le monde, mais adapté à la sauce Resto du Fleuve.

Le menu à la carte change chaque semaine au Resto du Fleuve. (Photo Stéphanie Paradis)

De plus, les menus sont créés à partir de produits de saison des producteurs locaux. “On voulait travailler avec les gens de la région, parce que c’est important d’acheter local. Des légumes, dans le coin, on en a quand même beaucoup.” Le Resto fait affaire avec, notamment, la ferme Plume verte, la ferme La Trotteuse, la ferme La Belle et le Bœuf, la Fromagerie Deschaillons, L’Or du Potager et le Jardinier passionné. “On apprend à connaitre les producteurs du coin et ça nous donne encore plus de jus pour le menu à la carte qu’on change toutes les semaines”, indique Amélie.

“C’est aussi très plaisant d’aller chercher ses ingrédients frais avant de rentrer travailler le matin, et que les producteurs viennent voir ce que tu cuisines avec leurs produits et qu’ils trouvent ça bon!” Toutefois, Amélie et Jean-Philippe doivent être patients et apprendre à faire leur place dans un milieu peu habitué à ce qu’ils ont à présenter comme menu. “On sort du lot!”, croit Amélie. Certains clients de l’ancien restaurant restent surpris lorsqu’ils voient le nouveau menu et qu’ils ne retrouvent pas ce qu’ils étaient habitués de voir auparavant. “Certains se relèvent et partent, alors que d’autres sont très contents d’essayer autre chose. Finalement, il y en a qui reviennent toutes les semaines!”

En plus de la recherche pour concevoir un menu raffiné, simple et savoureux, les propriétaires portent une grande attention à l’esthétisme de leurs plats, que l’on peut dévorer des yeux sur leur page Facebook. “On essaie de reproduire ce qu’on regarde et ce qui nous ferait aller dans ce genre de restaurant”, révèle Amélie. “On fait un peu du food porn, ajoute son conjoint. C’est mon trip à moi de photographier les assiettes!”