Après la retraite, le retour à l’école!

BÉCANCOUR. Malgré la retraite, Jean-Guy Dubois n’est pas moins actif. L’ancien maire de Bécancour, en plus d’avoir profité de ce nouveau temps libre pour écrire un livre sur ses expériences politiques, a maintenant décidé, à l’âge de 79 ans, de retourner sur les bancs d’école!

“On apprend toujours dans la vie, et ce n’est pas parce qu’on est plus âgé qu’on a besoin de plus de graisse dans les articulations!, lance-t-il d’emblée. Il ne faut pas arrêter de vivre et il ne faut pas arrêter de rêver”, assure M. Dubois.

C’est le certificat en communication, leadership et affaires publiques à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) qui a attiré l’attention de Jean-Guy Dubois, un certificat qui se donne comme objectif de comprendre les enjeux des débats dans l’espace public. “Pour ma part, je veux mieux comprendre les nouveaux paramètres de la communication, transformée par les médias sociaux. Je m’intéresse également beaucoup au phénomène de l’acceptabilité sociale”, explique-t-il.

Pas question pour le Bécancourois de choisir l’Université du troisième âge (UTA). “Je suis à la vraie université! À l’UTA, il n’y a pas de reconnaissance, c’est seulement deux heures par semaine et il n’y a pas de travaux. Je voulais prendre ça au sérieux”, explique-t-il.

L’ancien homme politique ne tenait pas coûte que coûte à retourner aux études, mais ce certificat en communication a su suffisamment piquer sa curiosité. Il avoue que les domaines de la sociologie et de l’anthropologie auraient pu également l’intéresser… Grand curieux, oui, mais tous ces domaines ont en commun les sciences humaines. “L’humain comme individu ou comme groupe social”, précise M. Dubois.

Il n’en était toutefois pas à son premier retour aux études, alors qu’il s’était inscrit à l’UQTR, dans les années 80 afin d’étudier la théologie. “Encore là, c’était pour mon plaisir! J’ai toujours étudié quelque chose, selon les époques.” Dans les années 70, c’est en psychologie qu’il a étudié.

Un retour qui ne passe pas inaperçu

Il faut dire que les réactions ont été fortes autour de Jean-Guy Dubois à l’annonce de son retour aux études. “Es-tu fou, Dubois? Étudier en communications? Vas-y comme enseignant!”, lui a-t-on lancé. M. Dubois explique toutefois comment il voit les choses : comme s’il avait pratiqué la médecine pendant 25 ans sans jamais l’avoir étudiée, et qu’il allait maintenant faire son cours de médecine.

“La communication a tellement changé dans les dix dernières années. J’ai travaillé dans l’art de la communication – savoir se présenter devant du monde, tenir le bon discours au bon moment. Ce que je viens apprendre ici, c’est la science de la communication. Je veux voir tous les changements qui se sont passés dans les dernières années et l’adaptation que ça exige”, explique-t-il.

Ce retour aux études a été effectivement une surprise pour sa famille, d’autant plus que deux de ses petits-fils fréquentent déjà l’établissement. L’un d’entre eux, Vincent Allen, lui a dit : “Papi! Tu vas être perdu, à l’université! Je vais te suivre de près pour te dépanner, si tu te perds”, lui avait-il lancé à la blague. Comme consécration, les deux hommes se sont fait faire des t-shirts, l’un affichant “Si je suis égaré, trouvez Vincent” et l’autre, “Je suis Vincent”.

Lors de sa première journée, Jean-Guy Dubois était à la fois fébrile et nerveux. Son groupe est formé d’environ 35 élèves, dont 34 qui sont âgés entre 20 et 22 ans, selon son observation. Son premier cours s’intéresse à la communication politique; il va sans dire que M. Dubois s’y sent à sa place. “Je trouve ça passionnant!” Le premier sujet à l’étude : le nucléaire… un dossier que l’ancien homme politique a côtoyé lors de sa carrière et qu’il connait sur le bout des doigts!

Selon lui, l’âge ne devrait surtout pas être un frein à retourner aux études. “J’ai l’impression que j’apporte un élément à la classe, et j’en ai eu quelques occasions. J’ai des connaissances, des expériences et des histoires accumulées par les années que j’apporte en classe, croit-il. C’est parti pour que ce soit super intéressant, j’adore ça. C’est un loisir dispendieux, mais je ne regrette rien!”, conclut M. Dubois.