Parents-Secours renait de ses cendres à Bécancour

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Par Stéphanie Paradis
Parents-Secours renait de ses cendres à Bécancour
Claudia Roy a démarré le comité Parents-Secours dans les secteurs de Saint-Grégoire et de Sainte-Angèle, à Bécancour. (Photo : Stéphanie Paradis)

BÉCANCOUR.  Lorsque les jeunes familles aperçoivent le logo de Parents-Secours, elles le reconnaissent et s’exclament toutes : ça existe encore, Parents-Secours? « Oui, ça existe encore! Depuis 46 ans! », clame Patricia Tardif, adjointe à la direction et responsable du service aux membres pour l’organisme sans but lucratif. 

Parents-Secours est un organisme qui regroupe des bénévoles aidant les enfants et, depuis 1992, les ainés, en offrant un réseau de foyers-refuges. Toute personne perdue, blessée, malade, importunée par un inconnu, poursuivie ou en situation de crise retrouvera en ces foyers-refuges des endroits sécuritaires.

Absent sur le territoire de Bécancour depuis 1995, l’organisme Parents-Secours renait de ses cendres dans trois secteurs de la ville, soit Saint-Grégoire, Saint-Angèle et Bécancour, le tout chapeauté par deux comités distincts qui ont travaillé en parallèle durant les derniers mois. Ces deux comités sont les deux seuls existant dans les MRC de Bécancour et de Nicolet-Yamaska.

C’est le désir d’offrir un environnement sécuritaire pour leurs enfants que les deux comités sont nés. « On est toutes des mamans et on veut la protection de nos enfants. On veut qu’ils puissent grandir dans un lieu où ils peuvent se sentir en sécurité et être accueillis en cas d’insécurité ou de petit bobo », explique Caroline Dugal, du comité de Bécancour.

Du côté de Saint-Grégoire et Sainte-Angèle, c’est Claudia Roy qui a démarré le processus. « J’ai grandi avec Parents-Secours dans le Bas-Saint-Laurent, dans les années 80, et trouvais qu’il manquait d’encadrement à Bécancour pour la sécurité des enfants, notamment la sécurité routière », raconte Mme Roy. En plus de démarrer le comité Parents-Secours dans son secteur, elle a également fait partie d’un comité afin de faire abaisser la limite de vitesse dans le domaine Godefroy.

« Ça a été mon point de départ. Ensuite, je me suis dit que s’il arrivait quelque chose à ma fille, j’aimerais ça qu’il y ait des foyers-refuges Parents-Secours dans le secteur. Je l’ai également fait en guise de solidarité avec le quartier, parce qu’il est important d’apprendre à connaitre ses voisins et de s’entraider », poursuit-elle.

Devenir foyer-refuge, pourquoi pas?

Grâce aux membres des deux comités Parents-Secours de Bécancour, il existe désormais 7 foyers-refuges dans la ville, mais ce n’est pas encore suffisant pour que l’organisme déploie tout son potentiel sur le territoire. Ainsi, tous les résidents des secteurs Bécancour, Saint-Grégoire et Sainte-Angèle sont invités à devenir foyer-refuge et à afficher le logo emblématique de l’organisme dans leur fenêtre de maison.

Qu’est-ce que ça implique, devenir foyer-refuge? « Ce qui est plaisant d’être un foyer-refuge, c’est que tu mets ton affiche quand tu es à la maison et que tu es disponible. Ce n’est pas une implication à temps plein. Si tu sais que tu n’es pas apte à accueillir des gens, tu ne mets tout simplement pas ton affiche. Elle ne doit pas demeurer dans la fenêtre en tout temps, seulement selon tes disponibilités, pour ne jamais se cogner le nez sur une porte fermée », explique Nataëlle Martel du comité de Bécancour.

Patricia Tardif explique que si un enfant ou un ainé cogne à la porte d’un foyer-refuge, un adulte du foyer est dans l’obligation de répondre, mais jamais d’ouvrir la porte, si jamais il sent que sa sécurité pourrait être comprise. Il se doit de communiquer avec un parent ou un proche de la personne en détresse ou, si ce n’est pas possible, de contacter le service de police de son quartier. Il n’est pas de la responsabilité non plus du foyer-refuge de nourrir la personne ou de lui donner accès à sa maison, ni même à la salle de bain.

Un regain d’intérêt pour Parents-Secours

Patricia Tardif révèle que l’organisme a connu un petit regain durant la pandémie, période où beaucoup de comités se sont formés dans la province. « Le télétravail a fait en a fait réaliser aux gens qu’ils ont du temps pour faire ça, croit-elle. Également, les enfants dont les parents avaient des affiches-fenêtres de Parents-Secours, qui ont grandi avec Parents-Secours, sont devenus parents à leur tour et se sont rappelé la mission de l’organisme! »

D’ailleurs, elle est persuadée que ce logo, fait pour perdurer dans le temps pour une question de reconnaissance et de sécurité, est encore bien connu de tous, même des enfants d’aujourd’hui. C’est du moins ce qu’elle a pu constater pendant la pandémie. « Je portais un masque avec le logo de Parents-Secours. Peu importe où j’allais, je me faisais régulièrement arrêter par de jeunes familles, par des personnes âgées, par des commis, et ils me demandaient si c’était bel et bien le logo de Parents-Secours. Les gens étaient surpris de voir que ça existait encore! »

Même avec la reconnaissance envers l’organisme et l’intérêt que les gens lui portent, ce n’est pas tout le monde qui est prêt à faire le bénévolat nécessaire à la création de comités. D’ailleurs, les membres des deux comités de Bécancour avouent que cela n’a pas été facile de former les équipes. Toutefois, ils sont tous persuadés que maintenant que la machine est en marche, les candidats potentiels pour les foyers-refuges manifesteront leur intérêt!

Pour les comités, même s’ils ont enfin le feu vert pour recueillir les candidatures, cela implique encore certaines responsabilités. Par exemple, ils devront ficher chacune des interventions des foyers-refuges et acheminer l’information à Parents-Secours du Québec, dont le siège social est situé à Trois-Rivières.

À noter que seuls les candidats sans antécédents judiciaires pourront être retenus afin de devenir foyer-refuge, et que ces antécédents sont vérifiés tous les trois ans.

Le comité du secteur Bécancour est formé de Caroline Dugal, Caroline Beaubien, Christine Desfossés et Nataëlle Martel. Pour plus d’informations ou pour devenir foyer-refuge, il est possible que communiquer avec eux via la page Facebook Parents-Secours/Secteur Bécancour.

Du côté de Saint-Grégoire et Sainte-Angèle, le comité est formé de Claudia Roy, Jean-Alexandre Bérubé et Julie Roy. Pour plus d’informations ou pour devenir foyer-refuge, il est possible que communiquer avec eux par courriel à parents-secours-saintgregoire@outlook.com.

Pour ceux qui désireraient joindre les rangs de Parents-Secours, mais qui ne demeurent pas sur le territoire desservi par les deux nouveaux comités, il est toujours possible d’en démarrer un dans le secteur de son choix en contactant Parents-Secours du Québec via son site web.

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