L’univers Lego de Michaël Rheault

Photo de Marie-Ève Veillette
Par Marie-Ève Veillette
L’univers Lego de Michaël Rheault
Michaël Rheault est un vrai passionné de Lego! (Photo : (Photo Marie-Eve Veillette))

BÉCANCOUR. Michaël Rheault élève un cheptel unique en son genre, dans une ferme qui l’est tout autant, à Bécancour. Son cheptel compte 125 vaches… Lego!

Sur Facebook, on peut suivre les activités de son établissement quasi au quotidien; un univers qu’il a commencé à construire en 2011, alors qu’il travaillait pour un producteur laitier. « Je suis tombé par hasard sur une ferme Lego dans un magasin de jouets. Le kit comprenait un tracteur bleu, une petite grange, un silo et deux vaches. Je l’ai monté pour le plaisir. Puis, j’en ai acheté un deuxième. J’ai agrandi ma ferme avec ce kit et avec des blocs Lego de mon cousin. »

Au fil des mois, le projet a pris de l’ampleur. La ferme en kit est devenue de plus en plus méconnaissable, se transformant progressivement en ferme moderne. Michaël Rheault lui a donné un nom (Ferme Red Bull Holstein). Il a aussi créé une page Facebook pour montrer l’évolution de son bijou de façon originale, c’est-à-dire en mettant en scène, comme si c’était réel, ses vaches, des travailleurs (bonhommes Lego) et de la machinerie conçue en blocs Lego.

Peu à peu, il a augmenté son cheptel. « Les animaux Lego, c’est extrêmement cher sur le marché. J’ai réussi à acheter 30 vaches d’un gars de New York, à 15$ chacune. C’est un modèle que Lego ne fait plus. Sans le savoir, j’ai créé une rareté de vaches qui a fait monter les prix. Maintenant, les vaches sont chères par ma faute! Les dernières que j’ai achetées, je les ai payées 25$ chacune. Je les ai toutes numérotées. »

Au feu!

En 2018, Michaël Rheault a eu envie de tout recommencer. « J’ai fait passer ma ferme au feu. Je me suis acheté une batch de Lego noirs et des flammes. J’ai démoli ma ferme à coups de poing et remplacé des bouts par des pièces noires accompagnées de flammes. »

Il a consacré une cinquantaine d’heures d’ouvrage et environ 400$ à la mise en scène de cet te tragédie, qui s’est avérée un tournant dans son projet. « Pas mal de gens me suivaient sur Facebook depuis le début. Ils ont vu ma ferme grandir, alors du jour au lendemain, je ne pouvais pas arriver et tout démolir sans raison. C’est pour ça que j’ai fait intervenir les pompiers », explique-t-il.

Place à Lait-Go Holsein

L’épisode de l’incendie a été suivi de la démolition des ruines et de la construction de la toute nouvelle ferme de 11 pieds de long par trois pieds de large. La ferme Red Bull Holstein a été remplacée par la ferme Lait-Go Holstein: « Le jeu de mots le plus approprié pour une ferme en Lego! », fait remarquer le passionné en riant.

Sa construction a pris 400 heures d’ouvrage. Il l’a terminée en mai 2019. « C’est une ferme en T, inspirée d’une ferme que j’ai vue à Saint-Samuel. Rien n’est copié, par contre. Je l’ai vraiment imaginée. J’ai fait ma ferme idéale. Tout est fonctionnel: les portes ouvrent, les barrières se lèvent pour faire sortir vaches, etc. »

Tout a été soigneusement pensé. La finition est également impeccable, juge le constructeur: « Par exemple, pour le plancher, j’ai utilisé 6500 plaquettes lisses. J’ai commandé ça d’Allemagne ».

Exposer

Une fois sa ferme terminée, Michaël Rheault a montré sa création sur une page agricole affichant 50 000 abonnés. « J’ai publié ça une fin de semaine où il pleuvait, pour avoir de la visibilité. Ç’a marché! J’ai eu des centaines de messages et de mentions « J’aime ». Ma page Facebook (Lait-Go Holstein) a explosé! » 

Cette popularité soudaine lui a valu rien de moins qu’un kiosque à lui seul à l’entrée du Salon Industrie Machinerie Agricole de Québec (SIMAQ), en janvier 2020. Durant les trois jours de l’événement, il a fait écarquiller bien des yeux avec sa ferme et toute la machinerie hyper réaliste construite elle aussi en Lego d’origine!

« J’ai rencontré des compagnies intéressées à ce que je leur fasse des maquettes. Mais avec la COVID qui a frappé pas longtemps après, tout a été annulé. Je suis un peu tombé dans l’oubli… »

Néanmoins, il a continué à construire des choses et à maintenir sa ferme vivante sur sa page Facebook, qui compte plus de 2500 abonnés.

Pont couvert

Un autre grand projet est d’ailleurs en cours dans son atelier, qui n’occupe rien de moins que la moitié du deuxième étage de sa maison!

L’homme de 36 ans a reproduit le pont couvert de Précieux-Sang et l’a intégré dans un décor verdoyant et vallonneux. Son œuvre, en constante évolution, a fait la page frontispice du Progressive Dairy Magazine, version française, en juillet dernier.

Depuis, une piste de motocross inspirée de celle de Sainte-Sophie-de-Lévrard s’est greffée au paysage, et une piste de karting devrait s’y ajouter en 2024.

Une route fait aussi partie du décor. Elle est flanquée d’une reproduction d’un camion de marquage routier du ministère des Transports du Québec: « De toutes les machineries que j’ai faites, c’est ma plus belle! », évalue fièrement M. Rheault.

Transport

Par ailleurs, toutes ses œuvres sont conçues pour pouvoir être facilement transportées à des fins d’expositions. « Tout se démonte en sections. Par exemple, la ferme se défait en quatre sections. Ça prend 15 minutes pour la démonter. Ce qui est le plus long, c’est de mettre la ripe de bois dans chacune des stalles au moment du montage. Ça se fait à la petite cuillère. »

Michaël Rheault a hâte de pouvoir montrer de nouveau ses créations au grand public. « Normalement, il y a une exposition à Saint-Hyacinthe à chaque année, mais il n’y en a pas eu depuis la pandémie. »

 Il songe à en organiser une, si l’occasion s’y prête. Sinon, il fera diverses approches auprès d’événements. Avis aux intéressés!

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