Les virus circulent, la vigilance s’impose

Les virus circulent, la vigilance s’impose
Des fiches pour mieux guider et informer la population. (Photo : Capture d'écran)

Comme partout au Québec, la région n’échappe pas aux virus circulatoires. Dans les établissements du Centre intégré universitaire de la Santé et des services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ), le nombre de consultations a bondi au cours des deux dernières semaines.

« On a vraiment vu que l’influenza, la grippe, a fait un bond significatif en Mauricie-Centre-du-Québec. Mais on a quand même un beau cocktail de virus qui circule », confie la Dre Caroline Marcoux-Huard, médecin-conseil en santé publique, en entrevue téléphonique avec Icimédias.

Ces virus, observe-t-elle, peuvent avoir une préférence pour certains types de clientèle ou de population. L’un d’eux touche particulièrement les tout-petits. « C’est l’un des grands coupables des bronchiolites chez les enfants. Mais il peut aussi être virulent chez les personnes âgées », indique la médecin-conseil.

Le grand nombre d’enfants malades peut notamment s’expliquer par la période pandémique qui a limité les interactions sociales. « Ces interactions ont toujours favorisé la construction de notre système immunitaire. On a mis le tout sur pause pendant deux ans et demi, ce qui fait que les enfants n’ont pas développé forcément leur système immunitaire comme ils l’auraient fait habituellement, fait remarquer la Dre Marcoux-Huard. Ils sont donc plus vulnérables à ce qui circule et il y a comme une avalanche de virus en circulation comme on n’en avait pas vu durant les deux ans de pandémie. »

L’influenza, pour sa part, affecte généralement les populations plus âgées. Mais le constat diffère cette année. « C’est le type A de l’influenza qu’on observe cette année et qui semble quand même toucher les plus jeunes. Ce n’est pas quelque chose qu’on voit souvent. On constate que les enfants sont plus touchés qu’ils ne le sont habituellement », signale la médecin-conseil.

L’importance de la prévention

L’un des meilleurs moyens de protection contre les virus demeure la vaccination, particulièrement chez les personnes susceptibles de complications, insiste la Dre Marcoux-Huard. C’est le cas pour les gens ayant des maladies chroniques, des maladies cardiaques, les personnes asthmatiques, celles qui souffrent de diabète ou qui ont un système immunitaire affaibli. « Il existe d’autres moyens de prévenir, mentionne la médecin-conseil. On a beaucoup fait état des mesures d’hygiène de base et l’étiquette respiratoire. Mais il faut penser également à favoriser la pratique d’activités extérieures et maintenir une certaine distanciation. Puisqu’on n’a plus de masque, nous ne sommes pas obligés de nous coller. »

Et pour les tout-petits de moins de 6 mois et qui ne peuvent se faire vacciner pour la grippe et la COVID en raison de leur âge, la Dre Caroline Marcoux-Huard suggère d’éviter de les exposer à l’ensemble de la famille. « Souvent on est tenté de les cajoler, de les bécoter. On peut se permettre d’avoir encore de belles rencontres virtuelles pour les bébés qui naîtront sous peu ou qui viennent de voir le jour », avance-t-elle, tout en invitant aussi les femmes enceintes à envisager la vaccination pour éviter la transmission de virus au bébé.

Quoi faire si on est malade?

Quand la maladie frappe, il existe différents outils pour y voir plus clair et le site Internet du CIUSSS MCQ peut grandement aider à ce chapitre. Une page Vous êtes malades? a été développée (https://ciusssmcq.ca/conseils-sante/vous-etes-malade/). Elle comporte différentes fiches touchant la bronchiolite, la fièvre, la gastro, l’hygiène nasale, la grippe, la laryngite, l’otite, le rhume, la sinusite et la COVID-19. « On a différents types de fiches pouvant guider le parent selon ce que l’enfant présente. Par exemple, avec la fièvre, quand faut-il consulter?  Il ne faut pas oublier que la fièvre constitue un moyen naturel pour combattre les infections. Toute fièvre ne doit pas nécessairement se traduire par une consultation médicale », souligne Dre Marcoux-Huard.

Les pharmaciens aussi constituent de bons alliés, note-t-elle. « Notamment dans le contexte de pénurie de certains médicaments pour enfants, ils peuvent nous guider et nous aider, tout comme le 8-1-1 avec des professionnels de la santé qui répondent aux appels. »

Inquiétudes avec les fêtes

L’approche de la période des fêtes et des rassemblements familiaux amène les autorités de la santé à redoubler de vigilance. « Si on veut être optimiste, on va espérer que l’ensemble des mesures que nous déploierons vont se traduire par une transmission moindre et une protection plus élevée », souhaite la médecin-conseil consciente qu’avec la sortie de la pandémie en quelque sorte, les gens ont le goût de vivre dans une certaine normalité. « C’est certain que nous serons très vigilants au cours des prochaines semaines, assure-t-elle. On regarde l’évolution de ces virus, des consultations à l’urgence et des groupes touchés pour être le plus réactifs possible. Le CIUSSS via différents services et directions se penche sur la question de façon hebdomadaire sinon quotidienne pour voir comment on peut optimiser nos mesures de prévention et briser les chaînes de transmission. »

Les travailleurs de la santé sont sensibilisés aux bonnes mesures à prendre pour ne pas être un vecteur de transmission ni attraper les virus, car l’absentéisme de ces travailleurs peut se traduire par des conséquences significatives dans l’offre de services du CIUSSS.

La population aussi doit faire sa part. « La solidarité sociale, c’est un peu cela qu’on cherche maintenant, car il ne faut pas augmenter la pression sur le système déjà fragilisé », estime la médecin-conseil.

Cela dit, sans basculer dans des mesures trop restrictives, la température, rappelle-t-elle, permet la pratique d’activités extérieures, la technologie permet des rencontres virtuelles. « On est à une conjoncture de différents éléments. Sans tout mettre sur pause, il vaut peut-être mieux privilégier une transition.  Et puisqu’on n’est à l’abri d’aucun autre nouveau virus, il nous faut apprendre de ce qu’on vient de vivre », conclut la Dre Caroline Marcoux-Huard.

 

 

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