Divertir de façon plus écoresponsable

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Par Marie-Ève Veillette
Divertir de façon plus écoresponsable
Éric Desmarais de Spec-Tech. (Photo : (Photo courtoisie))

PIERREVILLE. Savoir s’adapter aux tendances et aux demandes du marché est généralement un gage de succès pour tout entrepreneur. Éric Desmarais, fondateur de Spec-Tech, en sait quelque chose, lui qui œuvre dans le domaine du divertissement depuis plus de 30 ans…

Or, dans les années à venir, il entrevoit une grande transformation de cette industrie. Les préoccupations environnementales sont grandissantes, et il admet que certains volets de son secteur d’activité vont à l’encontre de celles-ci.

« Il faut agir pour atténuer les impacts sur l’environnement. Certains clients, notamment des municipalités, ne veulent plus présenter de feux d’artifice parce que c’est trop polluant. Il faut trouver des alternatives pour les satisfaire et pour assurer, du coup, la pérennité de l’entreprise », explique-t-il.

Pour faire le point sur la situation et trouver des pistes de solution, il s’est donc tourné vers la Société d’aide au développement des collectivités (SADC) de Nicolet-Bécancour et a intégré sa cohorte PROAction. « On a identifié quatre problématiques auxquelles s’attaquer : le transport (émission de gaz à effet de serre), les résidus pyrotechniques, l’utilisation de bouteilles d’eau en plastique et l’emploi de batteries alcalines », résume-t-il.

 Des actions sont maintenant en cours de réalisation pour mieux les gérer.

 Transport

En ce qui concerne le transport, le remplacement des véhicules à essence par des véhicules hybrides ou électriques est amorcé.

« La voiture utilisée pour aller rencontrer les clients est maintenant une hybride branchable. Le prochain véhicule qui sera remplacé sera notre VUS. Pour les plus gros camions servant à transporter nos scènes et notre matériel, par contre, la technologie se fait attendre un peu. On veut des véhicules qui auront une bonne autonomie parce que s’il faut constamment s’arrêter en chemin pour recharger leur batterie lors d’un long trajet, ce n’est pas gagnant pour nous. »

Éric Desmarais aura l’occasion de valider où en est rendue l’électrification des camions lourds cet automne, lors d’un congrès organisé par le gouvernement à Québec. « J’y suis inscrit. Je pourrai alors faire l’essai de camions lourds électriques et regarder les options et les subventions disponibles. »

Chez Spec-Tech, ce virage permettrait de réaliser des économies substantielles en consommation de carburant, en plus de réduire ses émissions de GES. En effet, avant même la hausse fulgurante du prix de l’essence, l’entreprise déboursait une moyenne annuelle de 15 000$ en carburant. « On s’attend à ce que ça dépasse les 20 000$ cette année », indique M. Desmarais.

Bouteilles d’eau

Une autre action ciblée est l’élimination des bouteilles d’eau à usage unique au travail. « On va les remplacer par une machine à eau de tournée, c’est-à-dire un distributeur d’eau qu’on va transporter sur les jobs », souligne Éric Desmarais.

 Chaque technicien aura sa propre gourde qu’il pourra remplir à sa guise. « On a identifié qu’il y avait beaucoup de gaspillage : des bouteilles étaient bues à moitié et même jetées parce que les techniciens ne savaient plus à qui elles appartenaient. Avec une distributrice, on fait d’une pierre deux coups : on réduit la consommation de plastique et le gaspillage. »

Batteries alcalines

L’élimination graduelle des batteries alcalines est également entamée chez Spec-Tech. L’entreprise de Pierreville a en effet décidé de remplacer ses micros à batteries par des systèmes sans fil rechargeables. « C’est une action à petite échelle, on en convient, mais c’est important pour nous de faire tout ce qu’on peut pour réduire notre empreinte. Dans ce cas-ci, c’est simple, mais efficace. »

Feux d’artifice

La gestion des résidus de feux d’artifice est une autre paire de manches, précise Éric Desmarais. « C’est notre plus gros enjeu », dit-il. On a beaucoup de rejets, qu’on appelle dans notre jargon des « gâteaux ». Ce sont des tubes de cartons de feux d’artifice non réutilisables pour le moment. Ils s’en vont directement à la poubelle. »

Spec-Tech est à la recherche de solutions pour que ces tubes puissent être recyclés ou récupérés d’une quelconque manière. Pour ce faire, elle travaille main dans la main avec la SADC.

En même temps qu’elle cherche à valoriser ces rejets, l’entreprise réfléchit à des alternatives qui seraient aussi divertissantes, tout en étant moins polluantes. L’une d’elles serait l’utilisation de drones lumineux. « C’est très populaire en Asie et en Europe. Il y en a un peu aux États-Unis, mais pas du tout encore au Canada. Ce sont des spectacles aériens où des centaines de drones sont déployés en même temps pour faire des dessins en points dans le ciel. »

Ces drones, réutilisables, engendreraient l’élimination des fameux « gâteaux » si difficiles à gérer. L’autre avantage qui rend la technologie attrayante aux yeux de M. Desmarais est la possibilité de tenir des spectacles du genre même en période de sécheresse. Dans de telles circonstances, les feux d’artifice doivent être annulés, ce qui a un impact financier pour les entreprises de pyrotechnie. « Avec les changements climatiques, on s’attend à des sécheresses de plus en plus fréquentes. C’est un autre aspect à considérer dans l’actualisation de notre offre. »

 À moyen terme, Spec-Tech compte acheter une certaine quantité de drones pour faire des tests et des essais. « On veut voir leurs capacités et leurs limites. Si c’est concluant, on devrait pouvoir proposer des spectacles du genre d’ici trois à cinq ans. »

Cet article a été rédigé dans le cadre de la campagne  » Nicolet-Bécancour résolument durable « , initiée par la SADC de Nicolet-Bécancour en collaboration avec la Fondation Alcoa. L’organisation souhaite mettre en lumière les entreprises du territoire qui portent des initiatives écoresponsables.

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