Croissance et santé durable dans la mire 

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Par Marie-Ève Veillette
Croissance et santé durable dans la mire 
De gauche à droite: Carolyne Aubin, conseillère en développement durable à la SADC Nicolet-Bécancour, Marie-Christine Tessier, conseillère en développement durable et coordonnatrice mentorat pour entrepreneurs, Céleste Simard, présidente du conseil d'administration de la Régie intermunicipale de gestion intégrée des déchets Bécancour - Nicolet-Yamaska (RIGIDBNY), Chantale Bédard, directrice générale du Parc de la Rivière Gentilly, et Isabelle Deschênes, directrice générale de la RIGIDBNY. (Photo : (Photo courtoisie))

BÉCANCOUR. Au Parc régional de la rivière Gentilly, gérer de façon responsable, ce n’est pas que s’attarder à des colonnes de chiffres pour en arriver à un budget équilibré en fin d’année. C’est aussi prendre grand soin de l’environnement qui fait sa renommée.

Pour cette raison, l’équipe a décidé, au cours des derniers mois, de se doter d’une vision et d’une stratégie visant à réduire considérablement son empreinte environnementale d’ici 2024. La mise en œuvre de ce plan d’action a débuté en mai 2021 avec un remodelage au niveau de la gestion des matières résiduelles.

« On a décidé de condamner les nombreuses petites poubelles sur le camping pour créer trois postes de poubelles, avec récupération. Des conteneurs y ont été installés. Cela permet de mieux trier les types de déchets. Avant, c’était un peu la facilité : il y avait une poubelle à proximité de chaque site et les gens y jetaient tout. Maintenant qu’ils doivent aller porter leurs déchets, ils sont plus consciencieux », indique le responsable des communications du Parc, Sébastien Jubinville, qui évoque aussi un autre point positif découlant de cette décision : « Il y a moins de déchets qui se retrouvent au sol. D’une part, parce qu’on a éliminé la tournée des poubelles. D’autre part, parce qu’il y a un effet d’entraînement : c’est plus gênant de ne pas aller jeter tes poubelles quand tes trois voisins, eux, le font… »

De façon générale, la clientèle a bien accueilli ce changement. « Quelques personnes étaient déçues, mais sans plus. On leur a expliqué notre décision. Les gens sont prêts à faire leur part », croit M. Jubinville.

L’équipe aussi a changé certaines de ses pratiques, car « il faut tous mettre la main à la pâte » lorsqu’il est question de développement durable, justifie le porte-parole du Parc. Entre autres, elle a coupé drastiquement l’utilisation de papier, notamment pour ses communications à l’interne, qui passent beaucoup plus par le texto, le chat et le drive : « On est en 2022, on a la technologie de notre bord, alors on l’utilise au mieux. »

Même chose en ce qui concerne ses actions de marketing. L’équipe privilégie maintenant le web, les infolettres et les médias sociaux. En ce qui concerne les dépliants ou guides papiers, elle en tient encore -quelques-uns en kiosque, mais encourage fortement sa clientèle à télécharger ce type de documents si elle souhaite les consulter.

Actions à venir

La prochaine étape de son plan d’action sera l’implantation de deux nouveaux chalets dits « écoresponsables ». Équipés de panneaux solaires, ils devraient être disponibles pour location dès le 1er juin. Ils seront conçus par l’atelier Mabarak, spécialisé en la matière.

« Ce sont des chalets prototypes. On veut voir l’efficacité et la rentabilité, dans un premier temps. [Si ça fait ses preuves], on pourrait décider d’en avoir d’autres, éventuellement. »

Pour le parc, ce projet signifie aussi une exploration un peu plus en profondeur du potentiel solaire pour ses installations. Déjà, certaines lumières et panneaux d’affichage fonctionnent avec ce type d’énergie. « On commence à l’intégrer là où c’est faisable », exprime M. Jubinville.

Un autre élément qui sera étudié touche à la réutilisation de l’eau. « -On voudrait trouver une façon de la récupérer ; à la buanderie ou dans les chalets, par exemples. C’est quelque chose que l’on commence à regarder. On est rendu à en évaluer les coûts », indique Sébastien Jubinville, rappelant que l’eau du Parc n’est pas potable, mais qu’elle pourrait, à plus long terme, le devenir. « C’est beaucoup d’études, de démarches, de coûts… Alors entre-temps, on regarde la possibilité de travailler avec des eaux récupérées. »

Nécessaire

Selon lui, ce virage vert était devenu un incontournable vu la popularité croissante du Parc. L’achalandage a bondi depuis trois ans : il est passé de 37 000 visiteurs en 2019 à 55 000 en 2020, avant d’atteindre les 62 000 en 2021. « La pandémie a certainement aidé, mais je pense aussi que la nouvelle organisation a fait une grosse différence. Avant, on n’entendait pas parler de nous. Maintenant, on est plus présent sur les médias sociaux, sur le numérique et dans les médias en général. »

Les gens qui découvrent le Parc ont tendance à lui demeurer fidèles, ajoute-t-il. « Je ne pense pas qu’une fois la pandémie terminée, l’achalandage va diminuer. Même si les gens recommenceront à voyager, ils ont repris contact avec nature. Ils reviendront faire des randonnées, du vélo de montagne ou de la raquette selon le temps de l’année. Notre nom est fait et on va s’organiser pour rester au sommet de la montagne. »

Cet article a été rédigé dans le cadre de la campagne « Nicolet-Bécancour résolument durable », initiée par la SADC de Nicolet-Bécancour en collaboration avec la Fondation Alcoa. L’organisation souhaite mettre en lumière les entreprises du territoire qui portent des initiatives écoresponsables.

Le Parc de la Rivière Gentilly a participé à l’accompagnement en développement durable PROAction de la SADC.

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