Apprendre ou réapprendre les langues des Premières Nations

Boris Chassagne, initiative de journalisme local, icimédias
Apprendre ou réapprendre les langues des Premières Nations
Anna Mapachee, enseignante au Collège Kiuna. (Photo : courtoisie)

ODANAK. Le profil en langues et cultures autochtones du collège Kiuna permet à de nouvelles générations de reprendre contact avec les sonorités, imageries et nuances liées à leurs origines. En leur cœur, des professeurs dévoués et aux profils variés.

Anna Mapachee est professeure de la langue Anicinape au Collège Kiuna. Elle est née à Pikogan, une communauté anichinabée (algonquine) située près d’Amos. Mère de trois enfants, elle migre de ville en ville avec ses filles qui y poursuivent leurs études: Amos, Rouyn-Noranda, Sainte-Thérèse, puis Montréal. Là, « je me suis occupée de ma plus jeune et suis retournée aux études. J’ai décidé de faire un certificat en petite enfance. Puis, une mineure en études autochtones ». Elle complète son baccalauréat avec un certificat en action communautaire. Aujourd’hui diplômée, Anna Mapachee est professeure et conférencière.

Anna Mapachee a eu la chance d’avoir des parents qui parlaient encore leur langue, Anicinape et Crie. «Il n’y a pas beaucoup de jeunes qui parlent anicinape. Moi, quand je suis allée à l’école à Amos, je ne comprenais presque rien en français. Montréal, ça a été un choc culturel», raconte Anna Mapachee qui y vit depuis neuf ans. Quand elle présente ses conférences sur les langues et cultures autochtones dans les écoles primaires et secondaires du Québec et de l’Ontario, elle se fait un devoir d’être le reflet de ce que vivent les communautés autochtones aujourd’hui. «C’est dommage qu’ils n’aient pas l’histoire de la réalité d’aujourd’hui». Elle offre à ces jeunes un regard neuf et actuel sur les communautés autochtones. «Les nouveaux arrivants comprennent ce que j’ai vécu, car ils vivent les mêmes choses», affirme Anna Mapachee qui est aussi professeure à l’Université Concordia et au Collège Kiuna.

Est-il difficile pour elle d’enseigner la langue anicinape aujourd’hui? «Pour moi non. Ce n’est pas comme en français… sujet, verbe, complément. C’est comme si tout est à l’envers». Et ses étudiants? «Ils sont à l’aise quand ils sont devant moi, se sentent plus à leur place, on dirait que la fierté remonte. À Concordia, j’avais sept étudiants autochtones. C’est eux qui prenaient la place». La session d’automne commence. Anna y donnera presque des cours particuliers. Elle aura moins de cinq élèves.

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