ABI: un conflit qui s’éternise

ABI: un conflit qui s’éternise

CONFLIT. Un triste anniversaire a lieu ce vendredi 11 janvier, alors que le lock-out à l’Aluminerie de Bécancour durera depuis maintenant un an.

Pour l’occasion, Le Courrier Sud vous présente une rétrospective des nombreux rebondissements qui ont eu lieu au cours des derniers mois. Ce sont d’ailleurs plus de 110 articles qui se retrouvent dans la section «lock-out à l’ABI» au www.lecourriersud.com.

22 novembre 2017

Fin de la convention collective. Les syndiqués rejettent, dans une proportion de 97%,  une offre globale de l’employeur et votent en faveur d’un mandat de grève à exercer au moment jugé opportun.

22 décembre 

Près d’un mois après avoir entamé le processus de conciliation, la direction met fin aux négociations et dépose une offre unilatérale qu’elle qualifie de «finale et globale».

10 janvier 2018

Les syndiqués rejettent massivement les dernières offres dans une proportion de 80,3% et lancent un ultime appel à la négociation. Celle-ci achoppe sur l’instauration d’un nouveau régime de retraite à financement salarial pour l’ensemble des travailleurs, sans distinction en fonction de la date d’embauche, un recours plus grand à la sous-traitance ainsi que le respect de l’ancienneté dans les mouvements de main-d’œuvre.

11 janvier

À 3h du matin, la direction décrète un lockout. Un négociateur d’urgence est dépêché, mais le processus de fermeture de deux des trois séries de cuves est enclenché par les cadres qui exploiteront une seule ligne de production.

7 février

Les syndiqués manifestent devant l’Assemblée nationale. Une motion déposée par Gabriel Nadeau-Dubois, de Québec Solidaire, est adoptée à l’unanimité. Celle-ci dénonce les impacts du conflit et demande la reprise des négociations.

9 février

La ministre du Travail, Dominique Viens, rencontre les deux parties. La direction sort alors de son mutisme et démontre une ouverture à négocier afin d’améliorer la façon de travailler pour augmenter la production et que l’usine soit plus compétitive.

8 mars 

La direction retire son offre et indique qu’elle ne peut plus servir de base pour un règlement futur, ajoutant que les moyens de pression ont causé une détérioration des conditions d’opération dans l’usine.

21 mars 

La clause de «force majeure», qui permet à l’entreprise de ne pas payer le bloc d’énergie qui lui est réservé par Hydro-Québec, est débattue pour la première fois à l’Assemblée nationale, mais le gouvernement refuse de s’en mêler.

5 avril

ABI poursuit son syndicat pour 19M$ pour les moyens de pression exercés avant le lockout. Des erreurs grossières, des ralentissements de production et du refus de temps supplémentaire sont évoqués.

23 avril

L’ancien premier ministre Me Lucien Bouchard est nommé à titre de médiateur spécial par la ministre du Travail.

30 avril

Le Syndicat dépose une demande au Tribunal administratif pour faire cesser le recours aux briseurs de grève.

4 mai

La direction informe le ministère du Travail qu’elle est prête à entamer de nouvelles négociations dans le but de signer une nouvelle convention collective.

9 mai 

Des syndiqués se rendent à Pittsburgh pour manifester devant le siège social d’Alcoa. En réponse à des questions de Métallos, le président-directeur général d’Alcoa, Roy Harvey, a assuré de la bonne foi de l’employeur à revenir à la table de négociation en vue de reprendre les opérations

18 mai 

Le Tribunal des droits de la personne donne gain de cause aux étudiants qui poursuivaient l’entreprise pour discrimination en accordant un salaire jusqu’à 30% de moins que les travailleurs réguliers ou occasionnels pour le même travail.

4 juin 

Les deux parties sont de retour à la table de négociation pour la première fois en présence du médiateur spécial, Me Lucien Bouchard.

4 juillet

Le syndicat dénonce les nouvelles demandes de l’employeur qui veut réduire le personnel de 20% et remplacer des postes permanents par de la sous-traitance.

12 juillet

Les candidats des quatre partis représentés à l’Assemblée nationale dans Nicolet-Bécancour tiennent une conférence de presse pour signifier leur préoccupation commune à l’égard du conflit.

24 août

Les lockoutés profitent du lancement de la campagne électorale en Mauricie pour rencontrer le premier ministre. Ils recevront et interpelleront les chefs des autres partis au cours de la campagne.

5 octobre

Les négociations sont rompues. L’écart est trop important entre les parties.

10 octobre

Les représentants syndicaux font le point. Chiffres à l’appui, ils pointent les coûts d’électricité pour expliquer le lockout, et non les coûts de la main-d’œuvre qui sont les moins élevés au Québec.

7 novembre

Reprise des négociations chez ABI. Le ministre Jean Boulet fixe une première date butoir après laquelle il soumettra aux parties une hypothèse de règlement le 7 décembre.

29 novembre

Le ministre annonce que la médiation intensive se poursuivra jusqu’au 21 décembre.

19 décembre

Alcoa annonce qu’elle réduit de moitié les opérations de la dernière série de cuves encore en exploitation. La compagnie explique cette réduction en raison d’un manque d’effectifs chez les employés-cadres.

20 décembre 

Le Syndicat dépose une plainte pour négociation de mauvaise foi à l’encontre de la direction d’ABI et d’Alcoa auprès du Tribunal administratif du travail.

21 décembre 

Le ministre Jean Boulet constate un manque de volonté de négocier des parties. Il demande un rapport au Conseil de médiation pour revenir avec un scénario pour rapprocher les parties. Le ministre devait annoncer lequel sera retenu dès le début du mois de janvier.

11 janvier 2019

Rassemblement prévu devant le bureau du député Donald Martel. Tous les maires de la région ainsi que les députés sont invités à venir s’adresser aux lockoutés qui seront présents.

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