ABI: le Syndicat fait plusieurs compromis

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Par Sébastien Lacroix
ABI: le Syndicat fait plusieurs compromis
Réal Valiquette, Clément Masse et Dominic Lemieux, des Métallos, ont déposé une contre-proposition à l'employeur pour relancer la négociation. (Photo : Sébastien Lacroix)

BÉCANCOUR. Après avoir rejeté l’offre patronale dans une proportion de 82%, le Syndicat des Métallos a présenté une contre-proposition dans laquelle elle fait des compromis sur plusieurs points identifiés par la partie patronale.

Cette nouvelle offre prend en compte cinq éléments que la direction souhaitait mettre de l’avant lors de la médiation spéciale menée par Lucien Bouchard, soit l’organisation du travail, les mouvements de main-d’œuvre et la sous-traitance, l’absentéisme, les libérations syndicales, le régime de retraite ainsi que différents sujets tels que le salaire et la durée de la convention.

Plusieurs points qui étaient d’ailleurs réglés avant le déclenchement du lockout, mais qui ont été exprimés par la compagnie qui avait retiré son offre quelques mois plus tard. La contre-proposition comporte même des compromis supplémentaires par rapport à la position syndicale pour tenir compte des demandes de la compagnie.

Les plus importants compromis prévoient la coupure par attrition de 103 postes et une modification du régime de retraite où ce sont les employés qui accepteraient le risque des rendements financiers.

Pour ce qui est de l’aspect salarial, qui n’a jamais été un réel enjeu dans la négociation, le Syndicat propose des hausses similaires et accepte de les étaler sur 8 ans, soit à partir de la fin de la convention collective, en novembre 2017.

Il y a tout de même quelques points sur lesquels le Syndicat souhaite ne pas plier, notamment en ce qui concerne l’ancienneté dans les mouvements de main-d’œuvre. Le président Clément Masse croit d’ailleurs que la proposition accorde de la flexibilité à l’employeur.

«Avec un vote à 82%, l’exécutif aurait pu se bomber le torse et maintenir la ligne dure, mais le syndicat local a décidé de tendre la main, souligne Dominic Lemieux, adjoint au directeur québécois des Métallos. Ils disent, on ne rentrera pas à genoux, mais ils amènent encore plus de concessions qu’on avait quand la compagnie a décidé de casser la table pour la troisième fois.»

Un message à la haute direction

Les Métallos souhaitent lancer un message aux actionnaires et au conseil d’administration pour une reprise des négociations. «On s’adresse aux hauts dirigeants d’Alcoa parce qu’on se rend compte que les décisions ne sont pas prises ici, mais à Pittsburgh. Il y aura des discussions à un plus haut niveau pour être en mesure de mettre fin au conflit et d’arriver avec une entente négociée entre les parties», estime M. Lemieux.

«Le mandat qu’ils donnent à la direction locale doit changer et modifier leur position. La direction locale fonctionne avec les mandats qui proviennent de la haute direction», renchérit Clément Masse.

Pour ce qui est du protocole de retour au travail, qui avait heurté une fin de non-recevoir lors de la dernière assemblée, le syndicat souhaite d’abord en arriver à une entente pour une convention collective et ensuite discuter de la façon de redémarrer l’usine.

«C’est important le protocole. Parce que ce sera le retour des travailleurs. On pourrait décrier beaucoup de choses dans le protocole qui ne fonctionnait pas et il était unilatéral. Il n’a jamais été négocié, même pas discuté, alors que c’est toujours le cas. Quand je dis qu’ils agissent en poltron, c’est comme ça», a lancé le coordonnateur régional des Métallos,  Réal Valiquette, qui a invité la compagnie à agir en bon citoyen corporatif.

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