ABI: le ministre Jean Boulet constate un manque de volonté de négocier

Photo de Sebastien Lacroix
Par Sebastien Lacroix
ABI: le ministre Jean Boulet constate un manque de volonté de négocier
Le ministre du Travail, Jean Boulet. (Photo : Sébastien Lacroix)

LOCKOUT. L’impasse persiste toujours dans les négociations au point où le ministre du Travail Jean Boulet a constaté davantage de surplace que d’avancées depuis le début du processus de médiation.

C’est ce qu’il a déclaré lors d’un point de presse tenu à son bureau de comté à la date-butoir qu’il avait fixé pour en arriver à une entente après avoir prolongé le mandat du Conseil de médiation présidé par l’ancien premier ministre Lucien Bouchard.

Au retour des Fêtes, dès le 3 ou le 4 janvier, il rencontrera les membres du Conseil afin d’obtenir un rapport clair, transparent et complet de la situation.

Il souhaite ainsi prendre connaissance de la nature des pourparlers, des échanges qu’il y a eu et les comportements des parties durant le processus de médiation pour revenir avec une annonce dans la semaine du 7 janvier.

«Dès que j’aurai le rapport de médiation, je vais me mettre en action. Toujours dans un contexte de recherche de solutions. Il y a différents scénarios que j’ai en tête, dont celle d’une hypothèse de règlement. Je veux que ce puisse être un outil de rapprochement. Je veux faire une analyse complète des avantages de cette hypothèse», souligne le ministre Boulet qui souhaite être un facilitateur.

En plus de l’hypothèse de règlement qu’il semble privilégier, le ministre a fait référence à un changement dans le processus de médiation ou des mécanismes alternatifs à envisager. «Je vais analyser les scénarios et les options avec les avantages et les inconvénients et je prendrai l’orientation qui est la plus susceptible d’aider les parties», a-t-il répondu.

L’arbitrage ne fait toutefois pas partie des scénarios envisagés à ce moment-ci. Puisqu’il s’agit d’un processus qui requiert l’accord des deux parties et qu’il n’a pas encore d’indication à ce qu’ils consentiraient à ce qu’un arbitre soit nommé pour entendre le différend.

Le ministre n’a pas non plus l’intention d’intervenir dans le contrat conclu entre ABI et Hydro-Québec qui considère le lockout comme un cas de force majeure. Ce que le Syndicat déplore comme un désavantage dans la négociation. «Les tarifs d’électricité ont été négociés. Ils sont inclus dans un contrat qui a des clauses qui sont respectées en date de ce jour et ce n’est certainement pas un scénario que j’ai en tête», a tranché le ministre.

La volonté de négocier en cause

«Si on veut négocier, ça prend une volonté qui est réelle. Est-ce qu’on l’a senti au cours du processus de médiation?»

-Jean Boulet

Jean Boulet en a d’ailleurs appelé à la réflexion des deux côtés, en cette période des Fêtes, pour reprendre dans de meilleures dispositions. «Un ingrédient primordial est la volonté réelle de négocier. Ce que je ne sens pas, indique le ministre qui n’a pas voulu blâmer une partie plus qu’un autre. Les deux cheminent selon leur historique, leur référence et leur approche.»

«Les deux parties étaient très positionnées, très accrochées à leur position. Quand on veut faire de la négociation raisonnée, on va au-delà des positions. On essaie de comprendre l’intérêt des parties et on réalise, un moment donné, qu’il y a des intérêts communs. Plus on agrandit le cercle des intérêts communs, plus on réduit celui des intérêts divergents. Et ce n’est pas le processus qui m’apparaît avoir été suivi», constate le ministre Boulet qui attend le rapport de médiation pour le lui confirmer.

Le ministre admet tout de même que les enjeux de la négociation sont plus complexes que ce qu’il avait anticipé. «Il y a un climat qui est spécifique à cette entreprise-là, qui s’est enraciné au fil des années», a-t-il soutenu.

ABI souhaite en venir à une entente

Même si elle vient de fermer une demi-série de cuves, la direction d’ABI assure qu’elle demeure déterminée à parvenir à un accord négocié avec la partie syndicale qui améliorerait la productivité et la profitabilité de l’aluminerie.

«ABI a toujours négocié de bonne foi et dans les meilleurs intérêts du succès à long terme de l’entreprise et de ses employés, a fait savoir la porte-parole de l’entreprise Anne-Catherine Couture. ABI a offert sa collaboration complète au conseil de médiation et entend contester vigoureusement la plainte de la partie syndicale qui est fausse et dénuée de fondement. »

***

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'inscrire  
Me notifier des