Greenpeace s’attend à ce que le conseil d’administration d’Hydro-Québec donne son aval aux travaux de réfection de Gentilly-2, la seule centrale nucléaire du Québec, lors d’une réunion à huis clos qui aura lieu cette semaine.Photo, Le Courrier Sud
Des organisations écologistes demandent de fermer Gentilly-2
Greenpeace et des dizaines d’autres organisations écologistes ont demandé à l’Assemblée nationale du Québec de protéger les citoyens de la province contre une décision prise en catimini par Hydro-Québec pour rénover la centrale nucléaire vétuste de Gentilly-2, au coût de 1,5 milliard de dollars.
Greenpeace s’attend à ce que le conseil d’administration d’Hydro-Québec donne son aval aux travaux de réfection de Gentilly-2, la seule centrale nucléaire du Québec, lors d’une réunion à huis clos qui aura lieu cette semaine. Greenpeace et plusieurs autres organisations ont lancé à partir d’Internet une résolution que les Québécois peuvent signer pour signifier à l’Assemblée nationale leur opposition à la réfection de Gentilly-2.
L’organisme mentionne que si Hydro-Québec décide d’aller de l’avant, cette décision ira à l’encontre de la recommandation du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement du Québec (BAPE) qui demandait à Hydro-Québec de rendre publics les estimations de coûts de Gentilly-2 ainsi que son plan de gestion des déchets nucléaires.
«Si Hydro-Québec dévoilait l’information, le public verrait jusqu’à quel point il s’agit d’une mauvaise décision», explique Shawn-Patrick Stensil de la campagne Énergie nucléaire chez Greenpeace. «Hydro-Québec ignore la recommandation d’un organisme provincial de protection de l’environnement qui lui demande de rendre publics les estimations de coûts de Gentilly-2 ainsi que son plan de gestion des déchets nucléaires »
Quelque 40 organisations écologistes – dont Équiterre, le Regroupement pour la surveillance du nucléaire, le Mouvement Vert Mauricie et la Fondation David Suzuki – ont aussi publié une lettre dans laquelle elles demandent à l’Assemblée nationale de fermer de façon définitive le réacteur de Gentilly-2 et de ne pas endosser une éventuelle décision du conseil d’administration en faveur de sa réfection. Ce réacteur vétuste atteindra la fin de sa vie utile 2010. Pour continuer à l’exploiter après cette date, Hydro-Québec devra y investir au moins 1,5 milliard $, soit le double du montant estimé en 2002.
«Le Québec n’a pas besoin de centrales nucléaires pour produire son électricité, ajoute Stensil. La réfection de Gentilly-2 mettrait le Québec sur la voie d’une production énergétique dangereuse et inutile. L’Assemblée nationale doit protéger l’intérêt public et rejeter la décision qu’Hydro-Québec cherche à prendre en catimini.»
«C’est l’ensemble de la société québécoise qui doit décider si elle veut ou non vivre avec les risques de l’énergie nucléaire – pas seulement Hydro-Québec et l’Assemblée nationale», affirme Michel Fugère du Mouvement Vert Mauricie. «Si on leur demandait leur avis, il est clair que les Québécois affirmeraient qu’ils ne veulent pas de centrales nucléaires, ni de déchets radioactifs, ni les risques d’accidents inhérents au nucléaire. Les Québécois veulent qu’on ferme Gentilly-2».