Michel Auger a exposé ses connaissances sur le milieu du crime organisé au Québec aux participants. Il a notamment fait valoir qu'une prise d e parole collective, plutôt qu'individuelle, était nécessaire pour agir.Photo Le Courrier Sud
Mobilisation remarquée contre la culture du cannabis
Un colloque pour briser le mur du silence et de la méfiance
Une centaine de personnes liées de près ou de loin au Comité de lutte à la culture du cannabis ont participé vendredi au premier colloque de mobilisation et d'action contre la culture du cannabis. Objectif? Ouvrir le dialogue et enclencher un mouvement pour briser le mur du silence.
Les agriculteurs se font carrément voler leur bien le plus précieux: on squatte leurs terres, et ils n'osent rien dire. Alors le climat social se dégrade petit à petit à cause de la domination des producteurs de marijuana, et tout le monde se méfie de tout le monde», estime Donald Martel, directeur général de la MRC de Nicolet-Yamaska qui participe activement au mouvement de concertation pour freiner la culture du cannabis dans la région.
Un peu plus tôt, c'est le désormais célèbre journaliste québécois Michel Auger qui venait de témoigner devant les participants, en insistant sur l'importance de parler du phénomène. «Il faut se mettre à en parler socialement. Individuellement, c'est plus difficile et risqué. Mais quand on commence comme société à en parler, là c'est beaucoup plus efficace. Ça fait alors passer la dénonciation d'un geste isolé à un geste de masse, et c'est très important», note M. Auger, pour qui le système judiciaire au pays représente aussi un obstacle dans la lutte au crime. «On n'a pas de lois efficaces. Dans les faits, ça donne des sentences minimales et le seul qu'on arrive à accuser c'est le petit gars sur la rue. Pour arriver à coincer les plus gros, ça prend des moyens d'enquête immenses et on n'est pas sur de les faire accuser. Ce n'est pas facile dans ce contexte là d'arriver à des résultats», soutient celui qui a bien failli mourir des suites d'une tentative d'assassinat, dirigée par le milieu du crime organisé.
Le représentant régional de la Sûreté du Québec, le commandant Yves Guay, a estimé pour sa part que le problème n'était pas plus répandu ici que dans d'autres régions du Québec. «La seule différence, c'est qu'ici on en parle et on fait quelque chose. Alors, c'est certain qu'on en saisit plus. On agit plus.»