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Dion présente son programme, Harper dévoile un visage plus dur

Presse Canadienne Article mis en ligne le 21 septembre 2008 à 23:00
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Dion présente son programme, Harper dévoile un visage plus dur
Le chef néo-démocrate Jack Layton salues sees partisans lundi à Hamilton Ont. LA PRESSE CANADIENNE /Jacques Boissinot
MONTREAL - Après une semaine ardue où il a dû répliquer aux attaques de ceux qui l'accusent de vouloir mener le pays vers le déficit budgétaire, le chef libéral Stéphane Dion a tenté, lundi, de faire taire ses détracteurs en présentant sa plate-forme complète.
Mais il n'avait pas encore fini d'expliquer comment il financerait chaque promesse que, déjà, les conservateurs tentaient de l'amener sur un autre terrain, celui de la justice criminelle, où ils décrivent les libéraux comme de piètres protecteurs.
En ce début de troisième semaine de campagne fédérale, le chef conservateur Stephen Harper est retourné vers une idée populaire qui l'avait aidé à se hisser au pouvoir, en 2006. De passage à Ottawa, M. Harper a promis de durcir davantage la loi sur les jeunes contrevenants.
Il s'agit néanmoins d'un sujet controversé au Québec où on favorise une approche fondée sur la prévention et la réhabilitation.
Les experts, les études et les exemples à travers l'Amérique du Nord tendent à donner raison à cette approche moins sévère. Encore la semaine dernière, un chercheur de l'Université de Montréal, Richard Tremblay, dévoilait une nouvelle étude indiquant que la tendance à punir plus sévèrement les jeunes contrevenants ne réduit aucunement la criminalité chez les jeunes; au contraire, elle augmente le risque de crimes violents à l'âge adulte.
Cette étude, qui en arrive à la même conclusion que les précédentes, ne fera visiblement pas changer d'idée les conservateurs pour qui la répression est la voie à suivre.
"Le but premier de la loi sur les jeunes contrevenants est non seulement de réadapter les jeunes contrevenants, mais de protéger la société. Et le but premier de l'imposition de sentences est de dissuader les autres d'enfreindre la loi", a soutenu Stephen Harper en point de presse à Ottawa.
La promesse des conservateurs ferait en sorte que l'identité des adolescents de 14 ans et plus qui ont commis un crime sérieux ne serait plus protégée.
Plus encore, ces adolescents reconnus coupables de meurtre, d'homicide ou d'une agression sexuelle grave seraient soumis à des peines plus sévères, allant jusqu'à la prison à vie.
Les conservateurs ont fait valoir qu'au Québec, ces mesures s'appliqueraient aux jeunes de 16 ans et plus, compte tenu de la définition différente du jeune contrevenant dans la législation québécoise.
La mesure proposée par M. Harper a rapidement suscité des réactions de la part de ses adversaires.
"C'est la mauvaise direction, a fait valoir Stéphane Dion. Les Etats américains qui ont essayé cela en sont revenus parce qu'ils ont vu que leur taux de criminalité baissait moins vite que les Etats qui avaient une approche plus libérale."
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a semblé, l'espace d'un moment, décontenancé par les intentions de son adversaire conservateur.
"Mettre un enfant de 14 ans en prison à vie... L'université du crime pour un enfant de 14 ans, ça s'appelle la prison. Mettez-le là, vous êtes sûrs qu'il va sortir comme un criminel endurci. Ca n'a pas de bon sens", a indiqué M. Duceppe, de passage dans sa circonscription de Montréal.
Comme propulsé par ce plus récent exemple de promesses conservatrices, le chef bloquiste a soutenu, lundi, que les électeurs gagneraient à être "mieux informés" sur ce que leur réserve le Parti conservateur s'il obtient une victoire majoritaire le 14 octobre prochain.
Qu'il s'agisse du déséquilibre fiscal, du protocole de Kyoto ou des questions militaires, les positions défendues par Stephen Harper sont en porte-à-faux avec les "consensus" québécois, a relaté M. Duceppe.
"Il faut informer les gens de cela: nous serions (en guerre) en Irak si ce parti avait été au pouvoir de façon majoritaire, a-t-il avancé. Il faut démontrer ce qu'ils sont. Enjeu par enjeu, ils sont en complète contradiction avec les positions du Québec."
Le Bloc se pose, depuis le début de la campagne, comme l'unique rempart au Québec pour stopper l'élection d'un gouvernement conservateur majoritaire.
En cette 16e journée de campagne, les libéraux ont pour leur part dévoilé leur plate-forme complète, des explications qui visent à faire taire les conservateurs qui les accusent de se diriger tout droit vers le déficit budgétaire.
Le document, qui se vante de planifier un Canada "plus prospère, plus juste et plus vert", reprend les promesses annoncées par Stéphane Dion depuis deux semaines.
Il promet, en plus, de réinstaurer un fonds de 3 milliards $ par année pour pallier aux imprévus. Ces 3 milliards, les libéraux comptent les trouver chaque année en faisant des économies dans les programmes du gouvernement actuel, après avoir effectué une analyse.
M. Dion a de plus offert une fin de non-recevoir au chef néo-démocrate, Jack Layton, qui n'a pas fermé la porte à la possibilité de former, avec les libéraux, une coalition dans le but d'empêcher le Parti conservateur de diriger le pays.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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