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Hydro-Québec injecte 1,9 milliard $ dans la centrale nucléaire de Gentilly-2

Presse Canadienne Article mis en ligne le 18 août 2008 à 23:00
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BECANCOUR - Hydro-Québec a confirmé mardi l'investissement de 1,9 milliard $ dans la réfection de la seule centrale nucléaire québécoise, celle de Gentilly-2, située à Bécancour, dans le Centre-du-Québec.
La réfection de la centrale de 675 MW permettra d'en prolonger l'utilisation jusqu'en 2040, selon la société d'Etat. Elle est en exploitation depuis 25 ans.
Le projet comporte deux volets. Le premier, déjà amorcé, est la construction d'installations de gestion des déchets radioactifs solides, où seront entreposés les déchets radioactifs issus de l'exploitation actuelle et future ainsi que les déchets radioactifs provenant de la réfection elle-même.
Les travaux de réfection de la centrale, eux, commenceront en 2011 et seront complétés en 2012, quoique les dossiers d'ingénierie et d'approvisionnement seront mis en marche dès maintenant. Ces travaux comprennent une réfection du réacteur nucléaire lui-même, du groupe turboalternateur de même que des ordinateurs de contrôle et des systèmes de soutien.
La remise à norme de Gentilly assurera le maintien de 800 emplois, en plus d'en créer 800 autres durant la construction. Les retombées pour le Québec sont évaluées à 600 millions $, dont 200 millions $ directement dans l'économie locale.
Le pdg d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, a soutenu lors de l'annonce que Gentilly-2 est un maillon important de l'approvisionnement énergétique du Québec. Il a fait valoir qu'elle produit annuellement 5 térawatts-heure d'électricité, soit autant que les nouvelles centrales d'Eastmain-1A et de Péribonka combinées, et qu'elle pourrait alimenter à elle seule une ville de la taille de Laval, et ce, à un coût de production très compétitif de 7,2 cents du kilowattheure.
"On essaie depuis bon nombre d'années (...) de rétablir une marge de manoeuvre, dans un contexte de sécurité des approvisionnements énergétiques, a dit le pdg. Dans ce sens-là, la fermeture de Gentilly nous aurait fait reculer."
M. Vandal a ajouté que la localisation de la centrale, au coeur du Québec plutôt qu'en région éloignée, ainsi que la stabilité de son approvisionnement en faisaient un atout précieux.
"Les centrales à distance, ça crée une dynamique qui est beaucoup plus délicate d'un point de vue du contrôle du réseau, du contrôle de la fiabilité (...). Gentilly, c'est une ancre forte. Ca vient vraiment stabiliser le réseau", a-t-il dit.
La ministre des Ressources naturelles, Julie Boulet, a aussi fait siens ces arguments, tout en assurant, toutefois, que le Québec ne se dirigeait pas vers un virage nucléaire et ne construirait aucune nouvelle centrale nucléaire.
"C'est un réseau qui est stable, qui est fiable. Ca permet également de diversifier le portefeuille énergétique du Québec", a dit la ministre.
"Il y a beaucoup de raisons qui font en sorte que cette énergie-là, elle est importante pour Hydro-Québec. Alors on maintient notre expertise et nos actifs dans l'énergie nucléaire sans toutefois créer de nouvelles centrales", a-t-elle ajouté.
Thierry Vandal a pour sa part fait valoir que la centrale offre l'avantage de ne pas émettre de gaz à effet de serre et que le projet de réfection a obtenu l'aval du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement, bien qu'il lui reste à franchir d'autres étapes réglementaires qui font partie du processus de certification de toute installation nucléaire.
Ces propos rassurant n'ont cependant eu aucun effet sur une poignée d'environnementalistes venus manifester leur désaccord.
Michel Fugère, de Vert Mauricie, a tenté d'assister à l'annonce mais en a été empêché par la sécurité. Cela ne l'a pas empêché d'accuser la société d'Etat de mettre en danger la vie des citoyens en contaminant le territoire avec des déchets radioactifs qui demeureraient dangereux pour des centaines de milliers d'années.
Une cinquantaine de groupes environnementaux souhaitaient qu'Hydro-Québec abandonne le nucléaire et s'investisse davantage dans la filière éolienne, entre autres.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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