QUEBEC - Reconnue coupable de l'enlèvement de sa fille, la médaillée olympique Myriam Bédard pourra en appeler du verdict prononcé contre elle en septembre dernier au terme d'un procès hypermédiatisé.
Au Palais de justice de Québec, le juge Benoît Morin de la Cour d'appel a accordé à la défense la permission de contester le verdict de culpabilité de Mme Bédard rendu par un jury formé de six hommes et six femmes le 20 septembre 2007.
Sans expliquer les motifs de sa décision, le juge Morin s'est rangé du côté de la défense après avoir entendu tour à tour les arguments de Me John Pepper, l'avocat de l'ex-athlète de haut niveau, et ceux de la procureure de la couronne, Me Josée Lemieux.
La poursuite, qui a déjà entamé une procédure d'appel de la sentence imposée à Mme Bédard - une absolution conditionnelle assortie d'une ordonnance de probation de deux ans - s'opposait à la révision du verdict de culpabilité.
Myriam Bédard, qui demeure dans la région de Montréal, n'était pas présente au tribunal. Son avocat a toutefois indiqué que sa cliente désirait obtenir un acquittement ou à tout le moins un nouveau procès.
"L'objectif, c'est de convaincre la Cour d'appel qu'il y a des arguments sérieux qui militent en faveur d'un acquittement et qu'il y a d'autres arguments jouant en faveur d'un nouveau procès", a expliqué Me Pepper, convaincu que l'ancienne biathlonienne n'a pas eu droit à un procès équitable.
Dignes d'un "road-movie" de série B, les démêlés de la triple médaillée olympique avec la justice l'an dernier ont fasciné le pays d'un océan à l'autre.
Partie en cavale aux Etats-Unis avec sa fillette de 11 ans, Myriam Bédard, accompagnée de son conjoint Nima Mazhari, a été arrêtée en décembre 2006 à Washington après que le père biologique de l'enfant eut alerté les autorités.
Après deux semaines de détention provisoire dans une geôle de la capitale américaine, la femme de 37 ans est revenue au Québec pour faire face à la justice.
A l'issue d'un procès de sept jours, elle a été trouvée coupable d'avoir enlevé sa fille, du début octobre au 22 décembre 2006, avec l'intention manifeste de priver son ex-conjoint, Jean Paquet, de ses droits d'accès à l'enfant.
Devant le juge Morin, jeudi, Me Pepper a fait valoir que le jury n'avait pas eu droit à l'ensemble de la preuve. Verbomoteur, agité, le procureur a aussi avancé que le juge de première instance Jean-Claude Beaulieu, de la Cour supérieure, avait commis "quelques erreurs de droit".
Myriam Bédard, a plaidé l'avocat flamboyant, n'était nullement animée d'une intention criminelle lorsqu'elle a amené sa fillette avec elle aux Etats-Unis. L'ex-athlète avait alors, et a toujours du reste, la garde légale de l'enfant.
La défense et la Couronne ont jusqu'au mois de novembre pour préparer leurs arguments avant que les trois juges n'entendent la cause et rendent leur décision.
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