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Émilie Proulx: le charme de la mélancolie

La musicienne de St-Célestin en route pour la finale des Francouvertes

Annabelle Laberge par Annabelle Laberge
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Article mis en ligne le 14 avril 2007 à 8:01
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Émilie Proulx: le charme de la mélancolie
Emilie Proulx.
Émilie Proulx: le charme de la mélancolie
La musicienne de St-Célestin en route pour la finale des Francouvertes
Émilie Proulx est originaire de St-Célestin. Horticultrice de formation, professeure d'informatique à ses heures, la jeune femme a récemment choisi de faire le grand saut dans la musique. Un choix qui lui réussit: déjà les éloges pleuvent. Elle vient d'ailleurs de se qualifier pour la finale du prestigieux concours Les Francouvertes.
En entrevue au téléphone, la sympathique auteure-compositrice-interprète et réalisatrice parle volontiers de ses racines qui plongent tout au cœur du Centre-du-Québec et de la musique folk.

«J'ai fait un peu de piano quand j'étais très jeune, mais mon premier vrai contact avec la musique s'est fait à l'école secondaire à St-Léonard. C'était avant que le programme musique-étude existe, mais c'était déjà très vivant. C'est George Allyson, le prof qui dirige le stage band, qui m'a mis une basse dans les mains pour la première fois. J'avais 13 ans», se souvient Émilie Proulx, un sourire dans la voix.

Celle qui confie sur son site Internet avoir tant écouté la musique de Joni Mitchel, Joseph Arthur et Radiohead qu'elle en a fini par avoir envie d'en écrire, s'était pourtant éloignée de la création, le temps de compléter une formation en horticulture et de pratiquer mille et un petits métiers. «La recherche du début de la vingtaine», explique la jeune femme, qui a depuis choisi sa voie et s'est donc mise il y a trois ans à la production d'un premier mini-album qui comprend cinq titres, tous écrits dans ce qu'elle qualifie de «folk atmosphérique personnel». Des rythmes lents, un univers un peu triste, avec en toile de fond le charme lancinant de la mélancolie et la lumière des arrangements indie folk.

Dès sa sortie en janvier dernier, l'album «Dans une vile endormie» a instantanément attiré les éloges des critiques et l'attention des amateurs. À preuve, 1000 exemplaires sont déjà écoulés, un fait plutôt inusité pour un mini-album, lancé discrètement de surcroit sous la petite étiquette La Confiserie, donc sans grands moyens.
Aller simple pour la gloire
Mais la grande discrétion pourrait bientôt être chose du passé pour Émilie Proulx. Déclarée mercredi soir grande finaliste au concours des Francouvertes à Montréal, la jeune femme s'est attirée les faveurs du public et des juges et a littéralement séduit nombre d'observateurs de la scène musicale. Le statut de finaliste, et peut-être même de grande gagnante (on le saura le 26 avril, à l'issue de la soirée finale), pourrait faire prendre à la jeune carrière de la musicienne un tournant imprévu. C'est que parmi les finalistes des éditions des dernières années aux Francouvertes se trouvent Les Cowboys Fringants, Loco Locass, Karkwa, Damien Robitaille et La Chango Family, une brochette d'artistes lancés par le concours et qui ne sont plus tout à fait des inconnus!
«Avant de m'emballer, je vais commencer par faire la scène du Club Soda! Ouf, c'est stressant», lance Émilie Proulx en riant, à l'évocation d'une possible victoire lors de la grande finale, qui aura justement lieu à la mythique salle du boulevard St-Laurent. «Ça va faire changement des petits bars habituels», remarque la musicienne.
Dans une ville endormie…
En attendant la grande finale qui pourrait changer sa vie, Émilie Proulx travaille à temps plein dans la musique. Un autre changement notable à l'horaire de cette musicienne polyvalente. Une bourse du Conseil des Arts lui permet effectivement de se consacrer depuis janvier à l'écriture d'un premier album complet, toujours dans le même folk planant, quasi extatique.
«J'ai littéralement lâché mon emploi pour faire ça!» dit en jubilant la Centricoise, qui a déménagé ses pénates à Montréal depuis un certain temps, histoire de travailler plus efficacement.

«Je suis partie de St-Célestin à 19 ans, et j'ai dû déménager au moins 14 fois depuis! En ce moment, je me dis que j'aimerais vraiment revenir habiter dans ma région. Mais comme je suis pleine de contradictions, j'aime aussi beaucoup la ville. Le monde de rêve, ce serait une maison à la campagne pour faire de l'horticulture et un appart en ville pour faire de la musique.»

En attendant le monde de rêve, Émilie Proulx travaille avec cœur dans la grande ville endormie, se rapprochant chaque jour du moment où s'éveilleront ses espoirs.

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