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«Pour nous, une huitième place vaut parfois une médaille d’or»

- Michel Couturier, de l’URLSCQ

Article mis en ligne le 7 mars 2007 à 22:00
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«Pour nous, une huitième place vaut parfois une médaille d’or»
L’agent de développement en sport à l’Unité régionale du loisir et du sport du Centre-du-Québec, Michel Couturier, estime que la région ne dispose pas assez d’infrastructures et que plusieurs d’entre elles sont vétustes, ce qui prive ses athlètes de pratiquer leur sport adéquatement.
«Pour nous, une huitième place vaut parfois une médaille d’or»
- Michel Couturier, de l’URLSCQ
Par Jonathan Habashi

Le Centre-du-Québec a mis la main sur cinq médailles pendant le premier bloc des Jeux du Québec d’hiver de la MRC de L’Assomption, autant de succès obtenus grâce aux performances des membres du Club de tennis de table Intersport de Drummondville.
Si la logique est respectée, la région 17 devrait ajouter des médailles en patinage artistique, en handball masculin, en badminton ou en judo durant le deuxième bloc, qui prend fin ce samedi. Bref, les Centricois devraient clôturer ces Jeux avec sensiblement le même nombre de médailles qu’en 2005 (13) et en 2003 (12).

Malgré tout, l’objectif de décrocher le titre de région la plus améliorée pourrait être atteint, précise Michel Couturier, agent de développement en sport à l’Unité régionale du loisir et du sport du Centre-du-Québec (URLSCQ).

«Dans la plupart des sports présentés durant le premier bloc, nos représentants ont en effet amélioré leur position au classement cumulatif des régions par rapport aux Jeux de 2005. Ce fut notamment le cas en ski de fond (de la 16e à la 7e position), en tennis de table (du 2e au 1er rang), en gymnastique, en plongeon (absent avant 2007) et en hockey féminin», fait-il valoir.

En dépit de cette amélioration au classement cumulatif, il demeure que la région centricoise fait toujours figure de parent pauvre en ce qui a trait à la récolte des médailles. Les cinq médailles grappillées par ses représentants durant le premier bloc la placent bien loin des régions de Montréal (75), Québec (50) Estrie (27) ou même de la Mauricie (13).

«Quand on me demande pourquoi le Centre-du-Québec ne gagne pas plus de médailles aux Jeux du Québec, je réponds qu’il faut comprendre notre réalité régionale avant de porter un jugement, affirme Michel Couturier lorsque questionné à ce sujet. Bien sûr, notre région ne remporte pas beaucoup de médailles si on la compare avec de gros centres. Il faut toutefois nous comparer avec des régions qui vivent les mêmes réalités que les nôtres, comme celle de Bourassa, par exemple. Pour nous, une huitième place vaut parfois une médaille d’or.»

Cette réalité, c’est celle d’une région qui possède beaucoup de talent, mais qui a toujours un important retard à combler au chapitre des infrastructures sportives, et ce, dans presque toutes les disciplines. Selon M. Couturier, le Centre-du-Québec ne dispose effectivement pas assez d’infrastructures et plusieurs d’entre elles sont vétustes, ce qui prive ses athlètes de pratiquer leur sport adéquatement.

«C’est pour cette raison que lorsqu’ils atteignent un certain niveau, plusieurs de nos athlètes décident de quitter la région pour aller s’entraîner ailleurs, là où les installations sont plus adéquates», explique-t-il.

Par ailleurs, comme l’emploi dans le sport est quasiment inexistant au Centre-du-Québec, les clubs de la région souffrent également d’un manque d’encadrement. Alors qu’ailleurs au Québec, ce sont de véritables organisations qui chapeautent chaque discipline, au Centre-du-Québec, l’avenir de plusieurs clubs repose plutôt sur les épaules d’un ou deux bénévoles, observe Michel Couturier.

«Dans notre région, on n’a pas encore compris que pour retenir les services d’un bon entraîneur, on doit le payer. Par exemple, le tennis de table et le ski de fond se sont développés à une vitesse fulgurante grâce au travail colossal de Jean Émond et de Jacques Hince au cours des dernières années. Ces gars-là sont de véritables passionnés, mais ce sont des bénévoles. Le jour où ils vont partir, qui va les remplacer?», se demande l’agent de développement en sport de l’URLSCQ.

En ce sens, la victoire du Centre-du-Québec sur la région de Montréal en tennis de table aux présents Jeux du Québec prend des allures de véritable exploit, au même titre que la surprenante performance des athlètes centricois en plongeon.

«Même si nos plongeurs en étaient à leurs premiers pas dans cette discipline, ils se sont classés au 14e rang des régions. Ils ont notamment devancé l’Estrie, une région avec qui on ne peut même pas se comparer en terme de piscines», souligne Michel Couturier.

«Quant à notre victoire en tennis de table, ça prouve qu’en développant un sport en fonction des Jeux du Québec, comme l’a fait Jean Émond, on peut obtenir beaucoup de succès. Ça prouve aussi qu’au Centre-du-Québec, on a du talent à revendre. Dans chaque sport, il faut maintenant organiser et encadrer ces talents. Bref, on doit se doter d’organisations solides qui viendront appuyer le travail de nos entraîneurs. On doit se doter d’une vision», dit-il en guise de conclusion.

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