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Le Courrier Sud
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23 lits en moins au Centre d'hébergement de Deschaillons

Le 3e étage du bâtiment public est-il «passé au privé»?

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Article mis en ligne le 1 décembre 2008 à 16:50
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23 lits en moins au Centre d'hébergement de Deschaillons
Sylvie Richer, Line Demers et Nicolet Patoine, toutes trois employées du Centre d'hébergement de Deschaillons, sont les responsables de la Coalition de défense des droits des aînés de la région de Bécancour, qui veut défendre la place du public dans les soins aux aînés.Photo Le Courrier Sud
23 lits en moins au Centre d'hébergement de Deschaillons
Le 3e étage du bâtiment public est-il «passé au privé»?
Le Centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) de Deschaillons vient de passer de 39 places à 16. Plus de la moitié des lits, soit 23, ont effectivement été fermés il y a quelques jours par le Centre de santé et de services sociaux de Bécancour-Nicolet-Yamaska (CSSSBNY). Une démarche qui, pour plusieurs, ressemble au début d'un processus de fermeture de l'établissement, qui accueille des personnes âgées incapables de demeurer à domicile.
«Ça fait plusieurs mois qu'on n'était plus à 39 lits ouverts. Il n'y a pas de demande. Il y avait 22 lits occupés à l’été 2008 et il y a présentement 15 résidents et résidentes, tout en n’ayant aucune liste d’attente», affirme Guillaume Cliche, agent d’information au CSSSBNY. Il note aussi que la direction a constaté depuis un certain temps une diminution des besoins de la clientèle pour les centres d’hébergement, et de façon plus marquée au Centre d’hébergement Deschaillons.

«On dénote des vides de services pour la population de cette partie du territoire au niveau de l’hébergement en ressource non institutionnelle, du répit aux proches aidants et de la convalescence. En même temps, le réseau des ressources résidentielles privées est saturé. C’est en considérant ces vides et avec la volonté de maintenir les services à proximité de notre population que nous avons amorcé la réorganisation au Centre d’hébergement Deschaillons», explique M. Cliche.

Une constatation qui fait bondir les employés du centre, selon lesquels la réalité est tout autre. «Ça fait un bout de temps qu'il tiennent des lits vides pour dire que les besoins ne sont pas là. Sauf que dans la réalité, les patients qui viennent de la région et qui voudraient être hébergés à Deschaillons ne sont pas écoutés. On les envoie à St-Pierre ou à Nicolet», s'indigne Line Demers, employée du centre d'hébergement de Deschaillons et porte-parole de la nouvelle Coalition de défense des droits des aînés de la région de Bécancour.

«Ça fait longtemps qu'on veut nous fermer. Quand ils ont parlé de leur projet à l'époque et qu'ils ont vu la population réagir, ils ont reculé. Finalement, on sent qu'ils ont décidé de nous étouffer tranquillement», affirme Mme Demers.

Il y a en fait plusieurs années que le sort réservé à l'établissement de Deschaillons est incertain. Déjà en 2002, le plan directeur de l'Agence de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec souhaitait fermer les 39 lits de Deschaillons ainsi que le centre de St-Pierre-les-Becquets au profit d'une nouvelle construction de 64 lits à Gentilly, qui n'a finalement pas vu le jour. La forte opposition de la population avait, à l'époque, finalement poussé l'Agence à retarder ses projets, en attendant un consensus de la population qui ne sera cependant jamais venu.
«Vous avez déjà vu ça, un étage privé dans un édifice public?»
Pour les opposants de la première heure au projet ainsi que pour les employés, ce n'est pas seulement la fermeture des lits qui pose problème. C'est le fait qu'ils estiment que le système fait une place de plus en plus grande au privé.
Depuis lundi, le 3e étage du bâtiment qui loge le Centre d'hébergement de Deschaillons est effectivement loué à un promoteur privé qui y exploite une «ressources intermédiaire».

«Vous avez déjà vu ça, un étage privé dans un édifice public? Ces chambres-là on s'en occupait jusqu'à vendredi, et puis tout à coup, on n'a plus le droit d'y aller», s'indigne Mme Demers, inquiète que tous les soins aux personnes âgées passent graduellement au privé. «Le privé n'a pas les mêmes normes que le public. Il n'a pas besoin d'autant de personnel et les employés ont beaucoup moins de formation. Les gens qui résident là ont beaucoup moins de services et ça leur coûte cher», estime-t-elle.

«Le 3e étage n'est pas privé. Il est loué à un promoteur grâce à une entente de partenariat avec le privé. L'entente est que le promoteur fournit le gîte et le couvert», répond pour sa part Danièle Gamelin, directrice générale du CSSSBNY. Bien que qualifiant la situation de «particulière», elle a tenu à assurer que les places en CHSLD n'étaient pas en voie de passer au privé. «En fait, on a réorganisé les services. En CHSLD, on accueille des cas plus lourds, et on se rendait compte qu'on avait de moins en moins de ces cas-là. Une ressource intermédiaire, comme celle qui vient d'être créée, prend des personnes qui sont beaucoup plus autonomes et qui n'ont pas besoin d'autant de soins», affirme Mme Gamelin, précisant que les soins quotidiens étaient fournis par le personnel du promoteur alors que des soins plus spécialisés, s'ils étaient nécessaires, seraient fournis par le personnel du réseau public.

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