(Photo Le Courrier Sud)
Un exemple québécois pour la bannière IGA
Le supermarché IGA Clément de Nicolet vient d'entreprendre un grand projet d'agrandissement. En plus de faire passer la superficie du commerce de 20 000 à 35 000 pi2, les travaux de 6,5 millions$ feront de l'épicerie un exemple québécois pour la bannière IGA. Raison? L'ampleur des équipements «verts» utilisés et le passage au glycol pour remplacer le fréon.
«On sera le premier magasin au Québec qui sera fait en liquide secondaire : le glycol. Ça fait de nous un projet pilote au sein de l'entreprise», affirme avec fierté François Arseneault, copropriétaire. Son partenaire d'affaires, Martin Auger, est tout aussi enthousiaste face au projet d'envergure qui est né il y a quelques mois sur la table à dessin.
«On est jeunes et on veut redonner à la communauté. Pour nous, l’environnement c’est une priorité. Ça vaut donc la peine qu’on y investisse. Ce projet-là, c’est notre bébé», souligne-t-il.
Dans le nouveau supermarché, une grande partie des équipements seront donc tout à fait neufs. Les réfrigérateurs notamment seront entièrement renouvelés et auront recours à une technologie permettant d’éliminer presque complètement le fréon, ce gaz nocif pour la couche d’ozone. «On utilisait jusqu’à maintenant environ 3000lb de fréon pour nos systèmes de réfrigération. Tout ça va être remplacé par un produit exclusif développé à Trois-Rivières et qui utilise le glycol. Il ne va rester que 400lb de fréon dans tout le magasin», précise Martin Auger.
La toute nouvelle technologie, développée par AubinPélissier à Trois-Rivières et entièrement construite dans la région, permet effectivement de remplacer une bonne part du fréon nécessaire à la réfrigération par ce liquide appelé glycol, qui conserve aussi efficacement le froid, mais a l’avantage de n’être ni toxique ni volatile. L’utilisation de grandes quantités de fréon peut ainsi être évitée.
«Quand on utilise seulement le fréon, le gaz circule dans de longs tuyaux. Ce qui fait que selon toutes les estimations industrielles, un système rempli de 3000lb de fréon au départ finit par avoir perdu tout ce gaz en 5 ans. Ça veut dire 600lb de fuites de fréon par année. On est tout le temps en train d’en rajouter», explique François Arseneault. Quand on sait que les experts évaluent que la libération dans l’air de 1kg de fréon équivaut à un apport de 3000kg de CO2 dans l’atmosphère, on comprend mieux pourquoi les technologies alternatives sont si souhaitables. «47% des pertes gazeuses mondiales qui causent la pollution sont dues à la réfrigération, donc au fréon», affirme d’ailleurs Luc Dugré, président d'AubinPélissier.
Des économies d’énergie de 25%
Au total, les mesures écologiques du IGA Clément ajouteront plusieurs dizaines de milliers de dollars sur la facture d'agrandissement. Par contre, de nombreuses économies pourront être réalisées via ces nouvelles technologies, qui économisent souvent beaucoup d'énergie. «On n'aura plus besoin de chaufferettes pour contrôler la température ambiante. Le système au glycol récupère la chaleur et la redistribue. Nos lumières aussi seront plus écologiques. On va remplacer tous nos tubes fluorescents, qu'on appelle des T8, par des T5, qui sont beaucoup moins énergivores. C'est le même principe que les ampoules flourocompactes, mais au niveau commercial», explique Martin Auger.
Toutes ces mesures devraient permettre au nouveau IGA de profiter d'économies d'énergie de 25% tout en agrandissant l'espace et en apportant des améliorations à tous les départements. «La poissonnerie va être agrandie, on aura des fruits coupés sur glace, on double la surface au niveau des périssables, le prêt à manger va aussi être développé. C'est simple, on sera aussi gros que la moyenne des épiceries de Trois-Rivières, et on veut que les gens trouvent tout sous le même toit. L'expérience de magasinage des clients va être améliorée», conclut François Arseneault.