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Le Courrier Sud
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Agriculture: la pluie gâche le portrait

La saison des récoltes 2008 a été des plus inhabituelles, sans toutefois être catastrophique

Marie-Ève Veillette par Marie-Ève Veillette
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Article mis en ligne le 12 octobre 2008 à 6:22
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Agriculture: la pluie gâche le portrait
La pluie fréquente a occasionné un retard très important de la première fauche de foin. Ce retard s’est poursuivi tout au long de l’été.
Agriculture: la pluie gâche le portrait
La saison des récoltes 2008 a été des plus inhabituelles, sans toutefois être catastrophique
La saison 2008 augurait particulièrement bien pour les agriculteurs: les bonnes conditions hivernales jumelées à un printemps frais et sec ont favorisé la période des semis. Toutefois, la pluie abondante des mois qui ont suivi a quelque peu gâché le portrait…

Que ce soit au niveau du foin, des céréales à paille, du soya, du maïs grain, de la production maraîchère ou des petits fruits, Dame Nature a causé des maux de tête à répétition!
La situation a eu des répercussions directes à la Financière agricole du Québec, qui avait enregistré, en date du 2 septembre dernier, 4823 avis de dommages. Au bureau de Nicolet, on estime que la saison 2008 a été des plus inhabituelles, sans toutefois être catastrophique.

«Ç’a été une année spéciale pour les producteurs aux champs. De façon générale, leurs rendements sont normaux, mais on constate une baisse importante de la qualité à certains niveaux. En outre, l’humidité a favorisé le développement de maladies fongiques et de moisissures dans certaines cultures», rapporte Annie Lafrance, directrice des Centres de services de Nicolet et de Drummondville.

C’est le cas dans le blé, le soya et la pomme de terre, où l’on a constaté la présence de divers champignons, dont le fusariose (blé), le sclérotinia (soya) et le mildiou (pomme de terre).Ces affections ne sont pas généralisées dans les champs, mais suffisamment présentes pour causer des dommages relativement importants.

En ce qui a trait aux petits fruits, ce sont surtout les framboises qui ont peiné cette année à cause de la pluie. Cette dernière a en effet occasionné des problèmes de moisissures dans cette culture, sans toutefois affecter de façon importante les fraises et les bleuets, qui ont généralement bien supporté les caprices de la météo.
Le foin écope
Quant à la récolte de foin, elle s’annonçait intéressante, compte tenu que les conditions hivernales avaient été idéales pour la survie de la plante. La saison a donc démarré normalement, mais elle a été chamboulée à quelques semaines de la première fauche, qui se déroule habituellement autour du 10 juin…
«La pluie fréquente a occasionné un retard très important de la première fauche. Ce retard s’est poursuivi tout au long de l’été. Ainsi, les producteurs qui font trois fauches pourraient perdre une partie de leur dernière récolte, la plante n’ayant pas eu le temps de repousser», explique Mme Lafrance.

Ce retard a également une incidence sur la qualité du foin. «Plus la plante prend de la maturité, plus sa teneur en énergie et en protéines diminue. Même si, pour l’instant, nous n’avons pas toutes les données en main, nous nous attendons à des baisses de qualité importantes. En termes de quantité, ce ne sera cependant pas un problème.»

Plusieurs éleveurs de bétail subiront les contrecoups de ces baisses de qualité. Ils devront fournir à leurs bâtes des suppléments protéiques pour compenser, ce qui augmentera leurs coûts de production.
Les semis sauvent la mise?
Selon Annie Lafrance, ce sont les conditions idéales de semis qui pourraient avoir sauvé la saison 2008.
«On a connu des années plus catastrophiques. Par exemple, en 2000, il y a eu un gel le 10 ou le 11 septembre, alors que 80% du maïs grain n’était pas encore rendu à maturité. C’était exceptionnel», rappelle-t-elle.

L’année 2006 a aussi été assez difficile à cause du printemps tardif, qui avait rendu les conditions de semis exécrables. De plus, il avait plu tout le mois de mai, de même qu’en juin…

«Il faut dire que les conditions de semis sont vraiment déterminantes. Cette année, les cultures ont eu le temps de bien s’implanter avant la pluie. Il y a eu quelques pertes localisées et des maladies qui se sont développées, mais c’est quand même potable comme saison», de conclure Mme Lafrance.

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