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Problème d'érosion sévère à l'embouchure de la rivière St-François

25 000 mètres cube de terre sont partis dans la rivière et le fleuve

Annabelle Laberge par Annabelle Laberge
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Article mis en ligne le 29 août 2008 à 14:30
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Problème d'érosion sévère à l'embouchure de la rivière St-François
Sur l'une des terres agricoles très touchées par le phénomène, on voit clairement la berge rongée par la marrée. La dénivellation entre le sol et l'eau à ce niveau est haute de 2 mètres.
Problème d'érosion sévère à l'embouchure de la rivière St-François
25 000 mètres cube de terre sont partis dans la rivière et le fleuve
Sur 600 mètres de long, les rives de la rivière St-François-du-Lac connaissent un sévère problème d'érosion depuis quelques années. C'est ce qu'a découvert la MRC de Nciolet-Yamaska, contactée par un agriculteur inquiet.
«À l'embouchure de la rivière St-François, il y a une courbe, et nous avons remarqué que le lit de la rivière se déplace rapidement vers l'ouest. Ça signifie que depuis dix ans, certains endroits, dont la bande de terre de cet agriculteur, ont perdu 30 mètres qui sont partis dans l'eau», explique Stéphane Nourry, gestionnaire en environnement à la MRC.

Concrètement, cela signifie que 25 000 m3 de sable des berges auraient glissé en dix ans dans les eaux de la rivière. «Ça représente plus de 2600 voyages de 10 roues», illustre-t-il.

Calculé grâce à la comparaison de photos satellite, le problème d'érosion sévère qui touche tout le secteur a semblé s'aggraver dans les dernières années. «La vitesse réelle d'érosion est très difficile à prévoir parce les conditions climatiques jouent un rôle important. Par contre, on a remarqué que ça s'est accéléré dans les trois dernières années et que là où il y a déjà eu des arbres, la rive est maintenant complètement à nu. Entre 2005 et 2008, le recul est d'environ 10 mètres dans certains secteurs», souligne M. Nourry.
De graves conséquences sur le tourisme, l'agriculture et les écosystèmes
«Selon moi, dans plusieurs années, au lieu de faire une courbe vers Pierreville, l'eau passera simplement tout droit», affirme Stéphane Nourry. Concrètement, aucune résidence permanente n'est menacée par ce déplacement des eaux. Seuls quelques chalets, construits en zone inondable, sont à risque. Mais les activités touristiques, l'agriculture et les écosystèmes du secteur pourraient connaître de profondes transformations. «Non seulement le dépôt de sédiments dans la rivière affecte gravement l'écosystème en favorisant le réchauffement des eaux et le déplacement ou la destruction de zones de frai, mais c'est aussi toute l'industrie de la villégiature qui pourrait être affectée. En effet, le chenal de la rivière pourrait devenir impraticable pour les bateaux d'ici quelques années», évoque l'expert en environnement.

Puisque l'endroit touché est le plus profond de la rivière, il est aussi le plus exposé aux marées puissantes, ce qui compliquerait une éventuelle intervention. «On ne peut pas simplement planter des arbres et installer de la végétation pour contrer le phénomène. Il faudrait une stabilisation avec de l'enrochement, un peu comme ce qui a été réalisé le long de la rivière Nicolet», explique M. Nourry. Considérant que la superficie touchée est longue de 600 mètres, les coûts pourraient cependant être très élevés, et la question se pose pour savoir qui pourrait financier une telle action.

«La rivière n'est pas sous notre juridiction. C'est plutôt au ministère de l'Environnement d'évaluer les choses», note M. Nourry, précisant avoir transmis au ministère le rapport en entier. La municipalité de St-François-du-Lac a également transmis une résolution au ministère ainsi qu'au comité de gestion du bassin versant de la rivière St-François (Cogesaf) pour demander une prise en charge du dossier par les autorités et une recherche de solutions. Par ailleurs, plusieurs acteurs concernés par le dossier se seraient déjà montrés intéressés à établir une discussion commune afin de discuter des interventions possibles.

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